Toile, nappe et serviette magique

English will follow

Dans les contes canadien français, nous trouvons plusieurs objets qui aideront le héro tout
au long de sa quête. Comme nous l’avons dit précédemment, certains de ces objets sont
des gourdins et des eaux magiques. Dans cet article nous parlerons d’un autre objet
important que l’on retrouve dans plusieurs contes : la serviette. Cette serviette est connue
sous le nom de la « serviette à repas servi » et vient sous plusieurs forme tel qu’une nappe
ou un chiffon. Nous vous donnerons des exemples de serviettes magiques tirés des contes
puis nous vous donnerons des exemples de remèdes folkloriques où un morceau de tissu
est impliqué. En conclusion, nous vous donnerons des moyens d’ajouter cet outil à votre
trousseau de sorcellerie.
Dans les Contes populaires première série (1), Marius Barbeau nous transmet le conte de
« L’âne, la serviette et le bâton », Ce qui est le plus extraordinaire de ce conte c’est qu’on y
retrouve l’âne, la serviette er le gourdin enchantés tous à la même place! La prémisse de ce
conte est qu’un pauvre vieux sans le sous se résous à quémander pour survivre. Notez que
l’on vous a déjà parlé du lien entre les « quêteux » et les arts magiques dans un article qui
peut être trouvé ici. Pendant son voyage, il rencontre une vieille fée qui lui donne d’abord un
âne enchanté qui défèque de l’or et de l’argent. Avec un clin d’œil au conte de « la poule aux
œufs d’or », il ramène l’âne chez lui pour qu’il puisse continuer de faire des crottes en pièce
de métal précieux. Sa femme le renvoi , car l’âne ne fait pas caca pour elle. Le vieil homme
croise la fée à nouveau et celle-ci lui donne une serviette où un somptueux repas apparaitra
à la seul mention de la phrase « je souhaire une table bien gréyée* pour boire et manger, et
que rien n’y manque ». Le spéripéties se succèdent et l’homme à la chance de tester sa
serviette plusieurs fois et à chaque fois la serviette tient sa promesse. Évidemment, on finit
par lui prendre sa serviette, mais elle lui sera rendue au moment opportun. La troisième fois
qu’il croise la route de la fée, il reçoit un bâton rond quipeut se battre lorque l’on lui
commande.
Dans la même série de contes, nous retrouvons le conte le « Dragon de feu » dans lequel
un jeune vacher nommé Ti-Jean rencontre un jeune taureau enchanté. Le taureau se rends
compte que T-Jean a froid et lui dit de regarder dans son oreille gauche. À l’intérieur de
celle-ci se trouve une petite pièce de fer. Une fois placée par terre, ce morceau de fer
devient un bon four. Le taureau lui dit par la suite d’aussi regarder dans son oreille droite et
Ti-Jean en tire un petit morceau de toile. Une fois mi par terre, le morceau grandit et se
couvre de toute la nourriture à laquelle le petit vacher peu rêver.
Dans les Contes populaires seconde série (2), Marius Barbeau nous relaie le conte du
« Prince en nuit, bête féroce en jour ». C’est un conte avec énormément de détails, mais qui
est très ressemble à un mélange de la Belle et la Bête et Alice au pays des merveilles.
Beaucoup de choses se passe et ça peut être un peu surchargé. Pour nos besoins, disons
simplement que le héros rencontre une fée qui lui donnera une « serviette qui te donnera
tout ce que tu souhaiteras à boire et à manger, aussitôt que tu l’étendras sur tes genoux ».
Le héros suit les instructions et ce que la fée a dit se révèle être vrai.
En magie folklorique, on retrouve plusieurs remèdes où on utilise des morceaux de tissus,
particulièrement la flanelle. Elle sert à guérir toute sorte de maux dont on peut trouver la liste
ci-bas.

“Bronchite: porter une camisole en flanelle rouge.
Colique: faire chauffer une flanelle, appliquer des compresses de lait bouilli dans lequel on a
saupoudré du poivre.
Coqueluche: tremper une flanelle dans du suif de mouton fondu. Appliquer sur la poitrine et
recouvrir d’une autre flanelle.
Entorse: ouvrir un hareng salé et l’appliquer sur la jointure. Recouvrir qu’une flanelle imbibée
de saumure.
Fièvre scarlatine: frictionner le malade, de la tête aux pieds avec de l’huile de ricin chaude,
l’envelopper ensuite dans la flanelle.
Hémorragie vaginale: faire avaler à la/au malade gros comme un pois d’alun enveloppé
avec de soie rouge / tremper une flanelle verte dans le vinaigre et placer sur l’abdomen de.u
le.a malade.” (4)
On peut voir que la liste des maux guérit par le tissus ou dans lequel les tissus sont
impliqués sont très variés. Le tissu sert généralement à envelopper le.a malade, scellant les
propriétés magiques du remède en place. C’est aussi le moyen par lequel le remède
pénètre dans le.a malade. C’est par son action que la santé revient.
Tel que démontré plus haut, la serviette magique donne ou exauce les souhaits. Elle peut
servir un festin pour son propriétaire ou encore dans un monde moins fantastique, être
incorporée dans un remède. Dans les contes, il est important de ce rappeler que les
serviettes sont des cadeau des fées ou autre être surnaturel. On doit donc faire attention
lorsqu’on mange la nourriture des fées!
Dans sa pratique, un.e Sorcier.ère peut incorporer un morceau de flannelle ou de toile dans
son trousseau. Ce morceau peut être aussi grand, prendre la forme et avoir la couleur qu’iel
le désire. Cependant, en se basant sur le corpus si haut, nous vous recommandons la
couleur rouge si elle est disponible. En tant que sorcier.ère, vous pouvez le garder dans
votre trousseau et l’utiliser comme un linge d’autel. Le tissu ramassera toutes les petites
miettes d’offrandes (herbes renversées, cire, cendres, sel, etc.) et avec le temps, absorbera
leur essence. Vous pouvez aussi l’utiliser comme une barrière de protection en enveloppant
un objet dedans. Peu importe comment vous choisissez d’utiliser votre serviettes, quand elle
sera vieille et usée, vous pourrez la couper en plus petits morceaux et l’incorporer dans vos
sortilèges pour un petit kick magique additionnel.


*pourvue


Within French Canadian contes we find references to a number of magical objects which assist the hero along their journey. As we made mention already, some of these items are the gourdin, likewise various magical waters and so on. In this post we will be talking about another important magical object which is found within many of these wondrous tales. This object is the famous serviette (napkin). At times the serviette – which is often known as the “serviette à repas servi” (the napkin which serves a meal) – comes in the form of a nappe (table cloth) or toile (linen cloth). We will give some example of magical serviettes from the contes below, then offer some examples of the use of cloth in folk remedies and in conclusion offer a means by which the serviette can be added to our trousseau de sorcellerie (sorcellerie tressel). 

In Contes populaires première série (1), Marius Barbeau recounts the tale of “L’âne, la serviette et le bâton” (The Donkey, the Napkin and the Stick). What is most amazing about this conte is that we find the enchanted donkey, serviette and the gourdin all in one place! The premise of the conte is that an old pauper is down on his luck and turns to a life of begging. Note that we have already relayed the connection between beggars and the magical arts in an older post found here that is well worth a read. On his journey he encounters an old fée who first gives him an enchanted donkey that defecates gold and silver. In a nod to the goose with the golden egg, or in French Canada “la poule au oeufs d’or” (the hen with the golden egg), he takes the donkey home and has it “poop gold”. His wife then sends him away because it doesn’t poop for her. The man crosses the old fée again and this time she gives him a serviette which is said to make a fanciful meal appear from it (or whatever meal one desires) by saying: “Je souhaite une table bien grèyée pour boire et manger, et que rien n’y manque” (I wish to have a table well stocked with food and drink, that nothing is missing from it).Hijinks ensue and he has the good fortune to test it more than once and as always, his table is set for a feast. Soon he comes to have the serviette taken from him, but in good time it is returned. On the third encounter with the old fée, he receives a bâton rond (round stick) that fights on its own when commanded to do so. 

Also in the same série, we have the conte of the “Dragon de feu” (The Fire Dragon) in which a young vacher (cowherd) Ti-Jean makes the acquaintance of a young enchanted bull. The young bull notices that Ti-Jean is cold and tells the boy to look in his left ear. Inside there is a little piece of iron. Ti-Jean is instructed to put it on the ground and this becomes a nice stove. Then he is told to look in the bull’s right ear and to pull out a small piece of toile. Ti-Jean is instructed to put it on the ground and it then becomes a tent filled with all the foods the vacher could ever dream of. 

In Contes populaires seconde série (2), Marius Barbeau recounts the tale of “Prince en nuit et bête féroce en jour” (Prince by night, a ferocious beast by day). This is a very busy conte, where the principle plot is very similar to Beauty and the Beast meets Alice in Wonderland. Lots happens in it and it can get a bit overwhelming to read. However, for our purpose here, there is a fée who gives hero a “serviette qui te donnera tout ce que tu souhaiteras à boire et à manger, aussitôt que tu l’étendras sur tes genoux” (a napkin which will give you all that you wish for to eat, as soon as you lay it across your lap). The hero does as they are told and, so it is. 

In folk magic, there are many remedies using pieces of cloth, especially flannel. It is used to heal all sorts of ailments, the list of which can be found below. 

« Bronchitis: wear a red flannel camisole.

Colic: heat some flannel, apply compresses of boiled milk in which pepper has been sprinkled.

Whooping cough: soak flannel in melted sheep’s tallow. Apply to the chest and cover with another measure of flannel.

Sprain: open a salted herring and apply it on the joint. Cover with a flannel soaked in brine.

Scarlet fever: rub the patient from head to toe with hot castor oil, then wrap them in the flannel.

Vaginal hemorrhage: make a patient swallow a pea-sized amount of alum wrapped with red silk / soak green flannel in vinegar and place it on the abdomen of the patient. » (4)

It can be seen that the list of ailments cured by the cloth or in which the cloth is involved are very diverse. The cloth usually serves to wrap the sick person, sealing the magical properties of the remedy in place.  It is also the means by which the remedy enters the patient. It is through its action that health returns. 

As has been demonstrated above, the serviette magique is a “giving or wishing cloth”, regardless of the shape it may take to the person who commands it. It may set a table, providing sumptuous foods to the wielder or in a more practical, non-fantastical way, be incorporated in a healing regimen. In all folkloric accounts, it is important to remember that the serviette is a gift from the fée or some agent of the enchanted world. Therefore, caution should always be exercised when eating food provided by the fée!

Practically, the Sorcier.ère may come to incorporate a flannel or linen cloth as part of their trousseau. It may be large or diminutive in size and of any shape or colour. However, given the extracts from the healing corpus noted above, we recommend red cloth for greater potency and use. As a practitioner, you may keep it in your trousseau and take it out and use it as an altar cloth. It will capture all the tid-bits from magical offerings (spilled herbs, wax, ashes, salt, etc.) and over time, come to be imbued with that essence. You may also use it as a buffer to wrap a powerful item in your trousseau that you don’t want to have touching another – a shielding of sorts. However you chose to use your serviette(s), in the end, when it gets old and warn, you may want to cut it into small squares and incorporate it into your most powerful spells and charms for that added kick!


(1) Barbeau, C.-Marius. “Contes Populaire Canadiens. Premîere Série.” The journal of American Folklore 29, no. 111 (Jan-Mar., 1916): 93-95. http://www.jstor.org/stable/534837

(2) ibid p. 31-37

(3) Barbeau, C.-Marius. “Contes Populaire Canadiens. Seconde Série.” The journal of American Folklore 30, no. 115 (Jan-Mar., 1917): 27-36. http://www.jstor.org/stable/534454

(4) ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p. 66 à 75

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