Le gourdin: un outil magique sorti directement des contes

Dans le monde du conteur Canadien français, il existe plusieurs objets qui viennent en aide au héros, tel que l’omniprésent Ti-Jean. Un de ces objets apparaissant dans plusieurs contes est le « gourdin » ou le « bâton », un bâton imprégné de l’habilité magique de frapper l’ennemie sur commande. Alors que Ti-Jean se met dans des situations requérant une assistance surnaturelle, il est important qu’il soit bien équipé d’armes et d’outil pour sa défense.

Marius Barbeau dans sa collection de contes (1) liste certaines des commandes données par Ti-Jean pour que son bâton attaque ses ennemies. On y retrouve « Joue mon gourdin! », « Fesse, bâton rond! », « Guerre, mon rond bâton! » et simplement « Bâton, tape! ». À chaque fois, les mots prononcés sont une commande simple et directe. Quand le temps est venu, Ti-Jean ordonne à son bâton de faire exactement ce qu’il est créé pour faire. Néanmoins, la commande verbale est magique tout en étant typiquement canadienne-française : pratique et allant droit au but.

Le récit le plus étoffé concernant le gourdin est « Ti-Jean commerçant », que je vais vous résumer ici. Dans ce conte Ti-Jean et sa famille sont très pauvres et démunis. Ses parents sont très vieux et Ti-Jean décide de quitter le domicile familial pour aller gagner de l’argent. Rapidement, il rencontre une vieille magicienne qui lui demande où il va et qu’est-ce qu’il planifie faire. Il lui dit qu’il est parti à l’aventure et qu’il désire trouver du travail, car sa famille est si pauvre qu’ils sont réduits à manger des racines. Pour l’aider dans sa quête, elle lui offre un bâton magique, un gourdin, qui battra ses ennemies à la simple commande de « Joue, mon gourdin ». Sur son chemin, il est tourmenté par trois frères et voleurs gascons. (Note : « Gascon » ici est utilisé péjorativement et est xénophobe. En France, les gens de Gascogne étaient vus comme « l’autre » et peu dignes de confiance par les Parisiens. Nous n’endossons pas l’usage fait de ce mot et le laissons ici seulement à cause de son usage historique dans les contes). Ti-Jean met la main sur un cochon et réussie à l’aide de subterfuges à le vendre plusieurs fois aux frères, l’un après l’autre.

Ti-Jean escroque chaque voleur de vingt-cinq piastres (dollars) à chaque fois qu’il peut « échanger son cochon contre de l’argent ». Lorsqu’ils refusent de payer, il fait appel à son bâton pour qu’il « joue ». Par après, une fois que les voleurs ont été tabassés, Ti-Jean se présente comme un médecin et leur charge vingt-cinq piastres pour ses soins. Quand ils refusent une nouvelle fois de payer, les frères découvrent que c’est Ti-Jean sous un déguisement et une fois de plus, il lâche son gourdin sur eux.

Dans ce conte, Ti-Jean est autant l’instigateur que l’antihéros, à cause de la manière dont il traite les Gascons. De nos jours, il est facile de ressentir de la sympathie pour les frères, mais il est important de se souvenir que dans le conte, ces trois voleurs ont une longue histoire de harcèlement des gens et de voler les plus pauvres. Sous cet angle, Ti-Jean peut être vu comme l’incarnation de leur karma.

Alors, comment un.e sorcier.ère peut introduire le gourdin dans ses outils magiques? Comme plusieurs d’entre vous le savent, les baguettes et bâtons magiques sont courants dans plusieurs voies choisies par les sorcier.ères. Voici ce que nous savons :

  • Historiquement un gourdin était un bâton épais et court, semblable à un bâton de police (2).
  • Il était offert en cadeau à Ti-Jean par une magicienne pour qu’il l’aide pendant sa route.
  • Il suit une simple commande de celui qui le détient.

Une manière simple de réintroduire le gourdin dans la pratique de la Sorcellerie canadienne-française pourrait aller comme suit :

  1. Un.e sorcier.ère pratiquante fait une offrande aux esprits du lieu d’une forêt locale où le matériel nécessaire à la fabrication d’un gourdin peut être trouvé.
  2. Le.a sorcier.ère, sous la guidance des esprits, fabrique un court bâton fait des matériaux trouvés (peut-être du chêne ou de l’érable ou quelque chose de similaire)
  3. Le.a sorcier.ère donne une commande magique, tel que « joue » ou « frappe » avec l’instruction de défendre ou d’éloigner de le.a détenteur.trice tout ceux ou ce qui pourrait lui vouloir du mal.
  4. Le gourdin est alors donné à un.e autre sorcier.ère, comme la magicienne l’a fait pour Ti-Jean et les mots magiques sont offerts au récipient.
  5. Le.a sorcier.ère qui reçoit le gourdin le prend et donne la commande et y ajoute « mon gourdin » ex : « joue mon gourdin ».

Ce rituel suit le modèle du narratif mythique des contes et suis également la coutume historique des Canadiens français de « passer un don ».

Allez maintenant et créer un gourdin, donnez-lui un mot magique puis offrez le à votre ami.e sorcier.ère au nom de Ti-Jean.



The gourdin, a magical tool straigh out of the contes

Within the mythic world of the French Canadian conteur, there exist many magical objects which come to the aid of the main hero of the tale, such as the ever present Ti-Jean. One of these objects which appears in a few tales is the “gourdin” or “bâton tape”, that is to say a baton which is imbued with the supernatural ability to hit an enemy upon command. As Ti-Jean gets himself into a number of situations requiring the assistance of such powerful weapons and tools of self-defence, it is important that he be as well equipped as possible. 

Marius Barbeau, in his collection of contes(1) lists some of the commands given by Ti-Jean to get his gourdin to attack his opponents. These are variously: “Joue mon gourdin!” (Have at it gourdin!), “Fesse, bâton rond!” (Strike, round baton!), “Guerre, mon rond bâton!” (To battle, my round baton!) and just as much “Bâton, tape!” (Baton, strike!). In each case the magical words are very much direct commands with little to no flourish. When the time comes, Ti-Jean orders his gourdin to do exactly what it was meant to do. Nonetheless, the verbal commands are magical – yet very typically French Canadian… that is to say practical and to the point. 

The most fulsome account of the gourdin, which we will relate here in in the tale “Ti-Jean Commerçant” (Ti-Jean the merchant). In this conte, Ti-Jean is poor and destitute along with his family – his parents being very old – he decides to strike out into the world and make some money. Early in his journey he comes upon an old “magicienne” (sorceress) who inquires as to where he is going and what he plans to do. He tells her that he is off to make some discoveries and find some work as his family is so poor they are reduced to eating roots. She then, to help him on his way, offers him a magical baton – a gourdin – which will fight any enemy if he just gives the command “Joue, mon gourdin!” Along his way, he is harassed by three brother “Gascons” thieves (note: the term “Gascon” here is used pejoratively and is xenophobic, as in France people from Gascony were seen as “other” and untrustworthy by Parisians. We do not condone this usage and only add here due to its historical usage in the conte). He gets his hands on a pig and tricks the Gascons into paying him multiple times for the same pig, one after the other. 

Ti-Jean extorts the thieves for 25 piastres (dollars) each time he proposes they by it from him, or as he says “exchange the pig for money”. When they refuse to pay, he calls upon his gourdin to “Joue” (Play/Have at it). Ti-Jean also then, after the brothers are well roughed up, disguises himself as a doctor and charges them for his care… 25 piastres… when they refuse to pay and eventually discover it is Ti-Jean in disguise, he once again sends his gourdin upon them. 

In this conte, Ti-Jean can be seen as the instigator and an anti-hero for how he treats the Gascons. In today’s world, it is easy to feel sympathy for their plight. It is important to remember that in the tale, these three had a long career of harassing the public and steeling from the poor, so in this case, Ti-Jean can be seen as a living embodiment of their karma coming back at them. 

So what of the gourdin and what can we as Sorciers.ères introduce the gourdin into our magical toolbox? As many of you know, magical wands and sticks are very common throughout all strands of witchcraft. A magical stick would not be out of place in a sorcery kit belonging to a French Canadian Sorcier.ère. Here is what we know:

  • Historically a gourdin was a short and thick baton used as a club, in the same manner as a modern police baton.(2)
  • It was given to Ti-Jean by a sorceress as a gift to aid him on his way.
  • It follows the simple command of it’s wielder.

A simple means of reintroducing the gourdin into the practice of French Canadian Sorcellerie could be done in this way:

  1. A practising Sorcier.ère makes offerings to the spirits of a place in a local forest where the materials can be found to make a gourdin.
  2. The Sorcier.ère then, under the guidance of the spirits, fashions a short baton from materials found in that location (perhaps oakwood, maplewood or similar).
  3. The finished gourdin is then given a magical command by the maker, such as “Joue” or “Frappe” with the instruction to fend-off or ward-off any who may come against the wielder.
  4. The gourdin is then given to another Sorcier.ère (just as the magicienne had for Ti-Jean) and the magic words are “gifted” to the receiver. 
  5. The Sorcier.ère who received it then takes it up and gives the command (the word which was granted it by its maker) and adds “mon gourdin”, thus: “Joue, mon gourdin!” (or similar).

This ritual practice thus will fit the model layed out in the mythic narrative of the contes and also follows the historic custom among French Canadians of passing on a don (gift or tallent) from one practitioner to the other.

Now, go off and make a gourdin, give it some magical words and gift them to your witchy friends in the name of Ti-Jean 🙂 


  1. Contes populaire première series
  2. https://www.cnrtl.fr/definition/gourdin

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :