Les feux-follets

English follows

Les feux-follets sont des malices qui se présentent sous forme de boules de feu. Ils sont le plus souvent des âmes humaines qui ont pris cette forme soit après leur mort, soit de leur vivant. On dit que c’est souvent les âmes de mécréants (incroyants), d’une personne morte en état de péché et/ou qui a vécu une vie de mauvaises mœurs. Ces âmes attendraient d’être délivrées de leurs souffrances. Ils peuvent aussi être l’âme de vivants. On peut retrouver un corps qui semble inanimé et lorsqu’une petite boule de feu entre par leur bouche, ils reprennent vie. C’était leur âme qui était partie voyagée en feu-follet. D’ailleurs dans certaines partie du Canada français on peut courir le loup-garou ou courir le feu-follet ou encore courir le loup-garou en feu-follet*.

Ils peuvent apparaître dans des marécages et les cimetières, mais n’y sont pas limités.Les feux-follets sont généralement des créatures malveillantes qui viennent frapper les gens. Ils peuvent aussi attirer les gens dans des précipices ou même galoper les âmes des morts si ceux-ci ont essayé de les attraper de leur vivant. Ils peuvent aussi demander de l’assistance aux vivants par des prières ou des témoignages religieux pour l’aider à expier ses fautes. En une occasion au moins ils ont aussi aidé quelqu’un à retrouver son chemin plutôt que de le perdre encore plus loin1. Sachant que les feux-follets sont le plus souvent les âmes des morts et même parfois des vivants, il est légitime de penser qu’un feu-follet puisse reconnaître certaines personnes et décider d’aider pour cette fois. 

Les feux-follets, bien que liés à des personnes vivantes ou décédées, sont toujours désincarnés. Ils n’ont pas toujours la possibilité de décider quand ils apparaîtront et ils peuvent demander à des lutins de les venger quand on arrive à les chasser2. Ceux-ci sont fermement ancrés dans le monde des malices, tout comme le loup-garou. 

Les moyens les plus courants pour s’en débarrasser consistent à planter une aiguille dans le bois d’une clôture. Le feu-follet est contraint de passer dans le chas de l’aiguille toute la nuit. Une alternative est ce planté un couteau de poche, la lame ouverte, dans un montant de clotûre. La lame, le manche et le montant forment un triangle par lequel le feu-follet est forcé de passer. Il arrive parfois qu’il s’y coupe et que l’on trouve du sang sur la lame le lendemain matin. Pour plus de sécurité, on peut aussi dire “Passe par ici, passe par là, tant que je ne reviendrai pas” en s’éloignant lentement3.

D’autre manière inclus de déposer deux objets en croix (brins de paille, branche…) devant le feu-follet, celui-ci ne peut pas passer. Aussi, si on découpe un morceau de tourbe et que l’on se le met sur la tête, le feu-follet ne peut nous frapper, car on se trouve entre deux mondes. 

*L’expression “courir le xyz” signifie vivre une vie dans les conditions nécessaires pour se métamorphoser en un malice. Le plus souvent on “court le loup-garou”, mais ce loup-garou peut prendre plusieurs formes, pas seulement celle du loup. 


Feux-follets are malices who present themselves as little fire balls. Most of the time they are human souls who take this form either after their deaths or while they are still living. It is said that these creatures are the souls of disbelievers or people who have died in sin (or have lived a life of sin). Those souls are awaiting to be freed of their suffering. They can also be the souls of someone still alive. You would find the inanimate body of someone and when a little ball of fire enters their mouths, they would regain consciousness. There are some places in Canada where you could either “courir le loup-garou”, “courir le feu-follet” or “courir le loup-garou” in feu-follet form**

They could appear close to swamps and cemeteries, but they are not limited to these places. Feux-follets are generally malevolent creatures who hit people. They can also lure  people to a precipice or even ride the souls of people who tried to catch them when they were alive. However they can ask people for prayers or religious devotions in their names in order to atone for their faults. At least once, a feu-follet brought someone back to the road instead of taking them further into the forest1. Knowing that feux-follets are human souls, is it not possible that they would help someone they recognize?

While absolutely linked to humans, they are always disembodied.  They don’t always have the possibility to decide when they will appear and can ask lutins to avenge them if someone succeeds in getting rid of them2. Just like the loup-garou, they are firmly anchored to the realm of the malices. 

The most common way of getting rid of feux-follets is to stick a needle in a fence post. The feu-follet will be compelled to go through the eye of that needle again and again and again until daylight comes. A good alternative is to stick a pocket knife in a post, having the handle, the blade and the post form a triangle. It is through this opening that the feu-follet will pass until morning. They sometimes cut themselves doing so and if that happens, there will be blood on the blade of the knife. As an added precaution, one can say “Passe par ici, passe par là, tant que je ne reviendrai pas3 (Come here, go there, for as long as I don’t come back) while slowly backing away from the fence.

**The expression “courir le xyz” means living in the right conditions to change into a malice. Most of the time one would “courir le loup-garou” (running the werewolf) but this werewolf is not necessarily a wolf, for it can take on many forms. 


Bibliographie

1BUTLER, G. (1995) Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. 263 p.

2BARBEAU, Marius, George MERCURE, Jules TREMBLAY et J.-E.-A. CLOUTIER. « Anecdotes populaires du Canada », première série, The Journal of the American Folk-Lore, vol. XXXIII, no. 129, (July-Sept 1920), p. 173 – 297.

3DESRUISSEAUX, Pierre (1976). Magie et sorcellerie populaire au Québec. Montréal, les Éditions Triptyques. 205 p.

Dorais, L. (1966). La vie traditionnelle sur la côte de Beaupré, au début du XXe
siècle.Revue d’histoire de l’Amérique française, 19 (4), 535–550.

ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, 389 p.

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