Les arrêteurs de sang

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Une des formes de don la plus répandue était l’arrêteur de sang. Il est à noter que ce don n’est pas limité aux Canadiens français et se retrouve un peu partout en Amérique du Nord. Il n’en reste pas moins que l’arrêteur de sang était une personne essentielle dans nos communautés et, évidemment, la manière dont il était utilisé avait une saveur locale. 

La méthode la plus commune pour bénéficier du don d’un arrêteur de sang était de simplement lui demander. L’un pouvait se présenter chez un arrêteur de sang pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre. Dans Roy, on décrit le rituel de cette manière. Un enfant surgit chez M. Collin, un conteur, guérisseur et arrêteur de sang. Il lui demande “M’man d’mand’ si vous voulez ‘i arrêter l’sang”. M. Collin s’arrête un instant en silence et réponds “Va-t’en, c’est arrêté” (1). M. Collin rendait grâce à Dieu pour ses dons et se considérait comme un vecteur pour le pouvoir de Dieu.

Ayant un arrêteur de sang dans ma famille, je peux témoigner qu’aujourd’hui, on téléphone aussi au détenteur du don. La demande n’a pas besoin d’être faite en personne, même que dans les cas où il est impossible de faire une demande directe, penser à l’arrêteur de sang peut-être suffisant. Cette méthode est d’ailleurs notée dans la section “médecine” de Roy (1)

On recense des cas où les prêtres ont le don d’arrêter le sang, démontrant que ce don n’est pas en contradiction avec le catholicisme. On recense une anecdote où un prêtre fut appelé auprès d’un blessé grave qui perdait beaucoup de sang. Celui-ci fit un signe de croix sur la blessure, ce qui ralenti l’hémorragie suffisamment pour que le blessé puisse être déplacé et qu’on puisse appliquer un tourniquet sur le membre. (2)

Une autre méthode religio-adjacente pour arrêter le sang se trouve dans les archives du musée de la Gaspésie. On y retrouve une note manuscrite pour une prière pour arrêter le sang. Il y a même une prescription spéciale pour les femmes qui “ont des pertes”. Ces “pertes” ne peuvent être interprétées que comme les saignements qu’une femme enceinte peut avoir. Ceux-ci sont souvent précurseurs d’une fausse-couche. 

“Prière pour arrêter le sang” utilisée grâce à la générosité du Musée de la Gaspésie (5)

Transcription: 

Grand Dieu du ciel et de la terre vous qui êtes le maître de tout l’univers faites-moi la grâce d’arrêter le sang de Gilbert Caron qui saigne. Sang arrête-toi aussi vite comme celui qui a coulé dans les veines de notre Seigneur quand il a été crucifié sur la croix. Dire un Pater avec en l’honneur de lui qui saigne.

Femme qui a des pertes, dire la même prière en prenant le bas de sa chemise en la revirant à l’envers. 

(Pour une altère(?) prendre une objet quelconque et la revirer à l’envers(?))

Il n’est pas spécifié si cette prière est faite silencieusement ou non, mais le Pater doit être “dit” ce qui laisse à penser qu’au moins cette partie est prononcée à haute voix. Dans la deuxième section qui s’adresse aux femmes, on commence par “dire la même prière”, ce qui laisse à penser que le processus complet pourrait devoir être fait audiblement.(3) 

Il existait aussi des arrêteurs de sang qui n’avaient “aucune religion ni dans leurs vies ni dans leurs méthodes” (2) L’exemple donné est effectivement très différent des méthodes précédentes. 

Sur un chantier, une personne A saigne abondamment. L’arrêteur de sang s’approche et lui demande le nom de jeune fille de sa mère. Pendant que la personne A répond, l’arrêteur de sang lui saisit brusquement la main. L’idée derrière cette méthode est que ces deux éléments servent à “faire changer l’idée” de celui qui saigne, la distraction lui faisant “oublier” de saigner. (2)

Ce don était transmissible d’une personne à l’autre. Le seul exemple à l’extérieur de notre expérience personnelle parle d’une passation entre personne du sexe opposé et seulement après l’adolescence (4). Selon mon expérience personnelle, le don peut aussi être passé à une personne de la famille du même sexe. 

  1. ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p. 84 et p. 206.
  2. BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. p. 91.
  3. Musée de la Gaspésie. 
  4. ROUSSEAU, Madelaine et Jacques Rousseau. (1950) Charmes et merveilleux. Extrait des Archives du Folklore Vol. 4, 1949. Fides. p.78
  5. https://museedelagaspesie.ca

Bloodstoppers

One of the most common don (gifts) is the ability to stop blood (called an arrêteur de sang). It is important to note that this gift is not limited to French Canadians and is found throughout North America. That said, it can be said that the bloodstopper was an essential member of a community and as such how this gift was expressed took on a local flavour. 

The most common means to gain assistance from a bloodstopper was to simply ask for their aid. One could go to a bloodstopper for their own needs or on behalf of the needs of another. In Roy, the ritual is described as such: A child showed up at the residence of Mr. Collin, who was a conteur (storyteller) and bloodstopper. The child asked: “Mother asked me if you can stop her bleeding” Mr. Collin stopped for a moment in silence and replied: “Go, the bleeding has stopped”. (1) Mr. Collin would credit God with his gifts and considered himself a channel for the power of God. 

Having a bloodstopper in my family, as I can attest to up to this day, we can also call them on the phone for their gifted assistance. The request does not need to be done in person, even when it is impossible to make the request directly, the bloodstopper can do their work just by thinking of them. This method is listed in Roy under “medicine” (1). 

We can find cases where priests were known to possess the bloodstopping gift, which tells us that this gift was not at odds with Catholicism. There is an anecdote  where a priest was called to the scene of a severely wounded person who was losing a large volume of blood. The priest did the sign of the cross on the wound and the hemorrhage abated enough for the injured party to be transported and a tourniquet applied to the wound. (2) 

Another religiously-adjascent method to stop bleeding is found in the archives in Gaspésie. Within the record there is a written prayer used to stop bleeding. There is even a special prescription for women who are experiencing “discharges”. This discharge can only be interpreted as bleeding, to make sense given the context. This is often a sign of a miscarriage. (2)

“Prière pour arrêter le sang” used thanks to the Musée de la Gaspésie’s generosity. (5)

Transcription: 

Great God of the Heavens and the Earth, you who are the master of the whole universe, grant me the grace to stop the blood of [insert name] (the source says Gilbert Caron) who’s bleeding without stop, as swiftly as the blood coursed through the veins of our Lord as he was crucified on the cross. Say a pater noster in honneur of the one who’s bleeding .

For a woman who has some bleeding while pregnant, say the same prayer while you take the bottom of the nightdress and turn it inside out.

(For another (?) take a random object and turn it backwards (?))

It is not specified if the prayer is to be performed out loud or in silence, but the Pater Noster must be “said” which leads one to believe it must be spoken. In the second section which is addressed to women, we begin by “saying the same prayer”, which indicates that for the process to be complete it needs to be audible. (3)

There were also bloodstoppers who had “no religion, neither in their lives or in their methods”. (2) The example given is very different from the previous methods.

On a worksite, person A is bleeding profusely. The bloodstopper comes up to them and asks their mother’s maiden name. While person A replies, the bloodstopper swiftly grabs their hand. The idea behind this method is that these two actions serve to help the injured “take their mind of the situation” and distract them so that they “forget” they are bleeding. (2)

This don was transmissible from one person to the other. The only example outside of our personal experience speaks of passing from one person to the other of the opposite gender, only after their teenage years (4). From my own experience, the gift may also be passed on to people in the same family of people of the same gender.

  1. ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p. 84 et p. 206.
  2. BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. p. 91.
  3. Musée de la Gaspésie. 
  4. ROUSSEAU, Madelaine et Jacques Rousseau. (1950) Charmes et merveilleux. Extrait des Archives du Folklore Vol. 4, 1949. Fides. p.78
  5. https://en.museedelagaspesie.ca

Le Cheval blanc

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On retrouve dans la culture canadienne française plusieurs êtres que nous avons appelés les Malices. Certains sont des êtres mystérieux et méconnus alors que d’autres font partie intégrante du folklore, passant du règne des contes jusqu’à celui des croyances. Dans cet article, nous vous présenterons le Cheval blanc, partagerons le folklore de ce malice et comment en tant que sorcier.ère nous pouvons incorporer sa présence dans notre pratique rituelle. 

Les chevaux en tant qu’êtres folkloriques sont omniprésents dans les cultures européennes. De l’Angleterre avec le Cheval blanc d’Uffington au chevaux blanc de Xerxes en passant par la monture de Rhiannon, il y a peu de cultures en Europe qui ne tienne pas en haute estime le Cheval blanc. Cet article n’est pas un exposé historique sur les origines du cheval blanc mythique en général, mais il est important de souligner que les Canadiens français ne sont pas seul dans leur croyance en cet animal. Il est cependant important de comprendre que le Cheval blanc dans notre sorcellerie est cohérent avec l’espace folklorique canadien français. Il serait donc erroné d’affirmer que le Cheval blanc que vous rencontrerez ici est “le même que celui de X mythologie européenne”. Ce malice est fermement encadré par les limites de notre culture de ce côté de l’Atlantique. 

Dans le corpus des contes, nous trouvons de multiples instances où le héros Ti-Jean reçoit l’aide d’un cheval blanc. Souvent le Cheval blanc est un prince piègé dans le corps du cheval ou encore, c’est un cheval auquel on donne des qualités anthropomorphiques. Il peut être accompagné de chevaux d’autres couleurs comme rouge, noir, doré… Dans tous les cas, le Cheval blanc est le cheval qui assure la protection du héro, les autre n’étant là que pour l’appuyer dans sa tâche ou prendre la relève si le Cheval blanc doit se sacrifier. Dans ces contes, le Cheval blanc peut être le plus rapide, capable d’entrainer Ti-Jean loin d’un ennemi en poursuite. Il peut aussi être l’hérault de chance à venir. Le Cheval blanc est celui qui aidera le voyageur épuisé à triompher des périls et des épreuves. 

Le corps du Cheval blanc a des propriétés magiques. Dans Ti-Jean et le cheval blanc (1), le Cheval blanc est un prince emprisonné dans la peau du cheval par une méchante sorcière. C’est le héros qui le libérera de sa malédiction. Ce conte recoupe la légende selon laquelle une personne peut être transformée en cheval blanc si elle ne fait pas ses sacrements, à la manière d’un loup-garou. 

Dans Je m’suis fait faire un bâtiment, une vieille chanson maritime, le narrateur explique comment il a sacrifié son cheval et utilisé toutes les parties de son corps pour se construire un puissant vaisseau (2). La tête devient l’ancre, les intestins sont transformés en cordage, le gouvernail est fait de la queue… Nous pouvons voir que le Cheval blanc, et les chevaux en général, sont vus comme des créatures puissantes, ou malices, qui transcendent l’imagination pour s’incarner dans le monde animé des habitants

Le Cheval blanc est aussi un gardien de l’ordre établit. Ainsi, un cheval blanc, qui s’allonge autant que nécessaire, fait monter sur son des musiciens qui ont fait la fête et joué du samedi au dimanche, journée interdite. Au lieu de trotter, le cheval s’élance dans les airs et se met à rapetisser en passant au-dessus du fleuve, précipitant les musiciens dans l’eau. (4) 

Le Cheval blanc peut aussi prendre un rôle de protection. Au Mont-St-Hilaire, l’image d’un cheval blanc apparait sur le flanc de la montagne à chaque hiver. Les cultivateurs savent qu’il ne faut pas semer avant que le Cheval blanc ne soit complètement dégelé afin d’éviter de voir ses plants détruits par un gel tardif (5). Le nombre de commerce et d’établissement nommés d’après le Cheval blanc dans la région du Mont-St-Hialire démontre son importance. 

Malgré sa présence généralement bénéfique, le cheval blanc est aussi une forme que peuvent prendre les loups-garous, renforçant l’aspect magique du Cheval blanc, mais lui laissant aussi un libre arbitre (1)(6).  

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Note d’expérience:

Le Cheval blanc est un des rares esprits qui traverse des contes aux expériences vécues et vice-versa. Erik et moi avons observé que les esprits provenant des contes étaient beaucoup plus intéressés au sort des humains que les créatures des anecdotes (que nous avons appelés Malices). Le Cheval blanc est particulièrement protecteur des humains qui lui demande de l’aide. Lors d’un rituel où une protection magique était cruciale, j’ai invoqué le Cheval blanc. Il a ouvert son dos pour me laisser entrer et j’ai porté sa peau et son énergie comme bouclier. Son aide était naturelle et bienveillante, mais sa présence commandait le respect. J’ai effectué mon voyage en toute sécurité et je suis revenue saine et sauve. 

  1. BARBEAU, Marius. Contes populaire. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 29, No. 111 (Jan. – Mar., 1916), pp. 1-136+153-154
  2. ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie. 2nd ed. Ottawa, Qc: Le Ministere., 1962.
  3. DESRUISSEAUX, Pierre. Croyances et pratiques populaires. Montréal, Qc. Éditions du Jour. 1973.
  4. DUPONT, Jean-Claude. Légendes des villages. Sainte-Foy, Qc. 1987
  5. https://www.waymarking.com/waymarks/WMKKPZ_La_lgende_de_Eau_blanche_Mont_St_Hilaire_Qc  – accédé 2021-06-06
  6. DUPONT, Jean-Claude. Légendes du Saint-Laurent. Sainte-Foy, Qc. 1984

Within French Canadian culture there are found numerous beings which we have come to know as malices. Some are more nebulous and non-descript, while some are a staple of folklore, permeating through the realm of the contes and into the sphere of belief. In this post we would like to introduce the Cheval Blanc, share some pertinent folklore about this malice and how we as Sorcier.es  may incorporate them into our ritual practice.  

White horses as folkloric beings are nearly ubiquitous among European cultures. From England, with the Uffington White Horse to the white horses of Xerxes as well as the pale horse ridden by Rhiannon, there is scarcely a culture in Europe which does not hold mythical white horses in esteem. While this post is not a historical exposé on the “origins” of the mythic white horse in general, it is important to highlight that French Canadians are not unique in their belief of such a being. That said, it is important that how we come to understand the Cheval Blanc in our sorcellerie is consistent within the French Canadian folkloric milieu. Thus, it would be erroneous to say that the Cheval Blanc “is the same as X in European mythology”. This malice is firmly set within our culture on this side of the Atlantic. 

Within the corpus of the contes we find multiple instances where the hero Ti-Jean is aided by the Cheval Blanc. Oftentimes the Cheval Blanc is a prince trapped in the horse’s body or a horse that is given anthropomorphic qualities(1). He may also be paired with horses of other colours, such as red, black, gold, etc. In all cases the Cheval Blanc is understood to be the primary protective horse and the others are secondary helpers. In these tales, the Cheval Blanc may be the swiftest, able to speed Ti-Jean from a pursuing enemy. He may also be a harbinger of luck in general. In the end, le Cheval Blanc is a being who helps the weary voyageur through their trials and tribulations.

The Cheval Blanc is also noted as having a magical body. In Ti-Jean et le cheval blanc (1) the Cheval Blanc is a prince who was imprisoned in the hide of a white horse by an evil witch. It is the hero who is finally able to free him from that form. This folktale intersects with the legends of the French Canadians who tell that a person can be turned into a Cheval Blanc – much in the same way as a Loup-garou – if they do not follow their religious sacraments. In an old folk maritime song called Je m’suis fait faire un bâtiment (I had a ship made for me), there is mention of the lead character sacrificing his horse and using the various body parts of the horse to build a mighty ship (2). The head becomes the ancre and the intestines become the rope, likewise the tail turns into the rudder, etc. In this way we can see that the Cheval Blanc and horses in general are viewed as powerful beings – or malices – which can transcend the folk imagination and into the spirited world of the habitants.

We find mentions of the Cheval Blanc peppered throughout French Canadian folklore. The cheval Blanc is found in a number of divination methods or in augury. One means of divining consists of a young woman counting up to 100 horses, the first man to enter her home after the count is to be her future husband. Dreaming of a white horse tells of an upcoming wedding. However, dreaming of white horses may also foretell a death (3). If on the same day, and in that order, one sees a license plate with two identical numbers followed by a white horse, one must make a wish and it will come true (3).

The Cheval Blanc is also a keeper of established order. Thus, if a white horse which is stretched out and a musician who was celebrating and playing music on a Saturday or Sunday – which is not permitted –  is taken up upon it, the horse will not trot but rather will buck and jump over a river and cause the musician to fall into the water. 

The Cheval Blanc can also take on the role of protection. At Mont-St-Hillaire, there is an image of a white horse which appears on the side of the mountain each winter. The farmers know that one should not plant before the Cheval Blanc is not fully melted away so that the plants do not suffre from a late frost (5). The number of business named after the Cheval Blanc in the region of Mont-St-Hillaire speak to how important this being was.

Despite its generally benevolent presence, the Cheval blanc may also take on a form reminiscent of the loup-garou, which reinforces its magical qualities and likewise leaving it up to its own free will.

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Experiential Note:

The Cheval Blanc is one of the rare spirits which traverses the contes into everyday life and then back again. Erik and I have observed that the spirits which emanate from the contes were far more interested in the plight of humans rather than the beings from the anecdotes (which we know as the Malices). The Cheval Blanc is primarily a protector of humans who seek out his help. In a ritual working, where magical protection is crucial, I have invoked the Cheval Blanc. He opened up his back and allowed me to enter his hide, his energy coming through as a shield. His help was natural and benevolent, but his presence commanded respect. I was able to conduct my voyage safely and returned safe and sound.

  1. BARBEAU, Marius. Contes populaire. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 29, No. 111 (Jan. – Mar., 1916), pp. 1-136+153-154
  2. ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie. 2nd ed. Ottawa, Qc: Le Ministere., 1962.
  3. DESRUISSEAUX, Pierre. Croyances et pratiques populaires. Montréal, Qc. Éditions du Jour. 1973.
  4. DUPONT, Jean-Claude. Légendes des villages. Sainte-Foy, Qc. 1987
  5. https://www.waymarking.com/waymarks/WMKKPZ_La_lgende_de_Eau_blanche_Mont_St_Hilaire_Qc  – accédé 2021-06-06
  6. DUPONT, Jean-Claude. Légendes du Saint-Laurent. Sainte-Foy, Qc. 1984

Autels

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Je voudrais pouvoir commencer cet article en disant que j’ai un autel chez moi parce que dans toutes les maisons se trouvaient un autel où on retrouvait des médailles, des images ou des statues des saints les plus chers au cœur de ses habitants. Que c’est à cet endroit où on allumait des lampions, que les gens pétitionnaient les saints pour des faveurs, qu’on punissait les saints quand ces faveurs n’étaient pas obtenues en les tournant vers le mur. Je voudrais, parce que tout ça est vrai, mais en réalité, j’ai un autel parce que j’en voulais un. Parce qu’une pratique personnelle se bâtit sur les expériences passées et que l’autel est une constante depuis que je me considère une sorcière. Un autel m’a toujours aidé à garder ma pratique active et à focuser mes intentions, c’était une progression naturelle d’en avoir un qui reflétait la place que prend maintenant la magie traditionnelle du Canada français dans ma vie. 

J’ai bâti cet autel petit à petit. J’ai commencé par une représentation de Carcajou, qui prenait beaucoup de place à ce moment-là. Puis j’ai ajouté un crâne pour représenter la lignée ancestrale. Entre ces deux figures trône une petite tasse à café. Le dimanche, je partage toujours mon café avec mes ancêtres. C’est un moment particulier entre eux et moi où je prends le temps de les remercier, où je leur partage mes joies et mes peines. Il m’arrive aussi de leur demander conseil ou de leur faire une demande directe. Ma fille m’accompagne dans mes remerciements quand elle en sent le besoin. Pendant ma neuvaine aux ancêtres, la tasse de café est remplacée par la chandelle que j’allume chaque soir.  Au fur et à mesure que ma pratique évolue, j’ajoute des items. On retrouve maintenant une petite statue de Saint-Anne achetée au sanctuaire de Beaupré et en dessous de tout, un morceau de fléché que ma cousine m’a donné et où on retrouve le fameux motif de l’Assomption, spécifique au Canada français. Chaque composante est réfléchie et en arrière de chacune se trouve un culte vivant et des expériences puissantes. 

Cet autel trône sur le bord de la fenêtre de ma cuisine. La cuisine était le lieu de rassemblement le plus commun chez les Canadiens français. Encore aujourd’hui, on se retrouve souvent dans la cuisine quand on a des invités. C’était pour moi l’endroit où devait se retrouver mon espace sacré, même si c’est loin d’être l’endroit le plus pratique. Toute la famille s’active autour de cet autel, chacun y ajoutant son énergie et sa chaleur. 

En plus d’être un endroit de communion avec mes ancêtres, c’est aussi un endroit de prière et de bénédiction. C’est un des endroits où je dépose mes offrandes et aussi là où je laisse les composantes d’un sortilège avant de l’assembler ou de le déposer où il doit faire son travail. 


Altars

I would like to begin this article by saying that I have an altar at home because in all homes there were found altar spaces where medallions, icons and statues of the saints held most dear to the habitants could be found. It was at this place where votive candles would be lit, where people would petition saints to gain their favour as well as where saints could be punished – by turning them facing the wall – if such favours were not obtained. I would like to say it is because of all these things, because they are all true, but in reality, I have an altar because I wanted one. Because a private practice is built on past experiences and an altar has been a constant in my life since becoming a witch. An altar has always helped me keep my practice active and allows me to focus my intentions, this was a natural progression which has come to be reflected in my life as I have taken up the traditional magic of French Canadians in my life. 

I assembled my altar little by little. I began with a representation of the wolverine, who was taking up a lot of space at that time. Then I added a skull to represent the ancestral line. Between those two figures I have featured a coffee cup. On Sundays, I always share some of my coffee with my ancestors. It is an important moment I share with them as I take the time to give thanks, where I can share my joys and sorrows. At times I may ask them advice or make some direct request of them. My daughter accompanies me in this thanksgiving when she feels the need to. 

During my  neuvaine to the ancestors, my coffee cup is changed out with the votive candle I light each night. As my practice continues to evolve, I add more items as I go. You can now find on my altar a little statue of Saint-Anne which was purchased at the sanctuary of Beaupré and beneath everything there is a piece of fléché  (finger woven sash) which my cousin gave me that is in the famed Assomption motif, specific to French Canada. Each component of the altar has been considered and behind that is a wealth of living cultic practice and powerful experiences.

This altar is seated on the ledge of my kitchen window. The kitchen was the place where French Canadians gathered most often. Still to this day, we find ourselves in the kitchen when we have guests. It was, for me, the area where my sacred space should be found, even if it isn’t the most practical area to begin with. The whole family is enlivened around this altar, each adding their own energy and warmth.

As well as being a place for communion with the ancestors, it is also a place for prayers and benedictions. It is one of those spaces where I give my offerings and also keep the components of my spell workings, before assembling them, or where they are left to do their work. 

Guérison

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Comme dans toutes sociétés, le peuple n’ayant pas accès à la médecine “moderne” avait tout de même  plusieurs méthodes pour se soigner. Chez les Canadiens français, ces méthodes se déclinaient ainsi:

*herboristerie et méthodes similaires

*magie sympathique

*dons

*sorcellerie

No description available.

Dans les ouvrages ayant une section traitant de la médecine traditionnelle, on retrouve un très grand nombre de recettes pour traiter les maux courants et plus graves. On utilise le plus souvent des herbes présentent dans l’environnement immédiat de la communauté sous forme de tisanes et de cataplasmes. Quelques fois, on recommande l’ingestion ou l’application de produits créés par l’homme, comme le pétrole ou l’eau de Javel. De toute évidence, dans une pratique moderne, il est essentiel de bien se renseigner et d’utiliser son jugement critique avant de reproduire quelque traitement que ce soit. De nos jours, on sait qu’il est dangereux de se badigeonner de pétrole pour guérir une brûlure, mais il faut se souvenir que bon nombres de plantes sont aussi déconseillées parce que dangereuses ou dépendant de notre état de santé. Cependant, il est possible de transformer ces méthodes en rituel. Par exemple, on recommandait d’utiliser une dilution d’eau de Javel afin de guérir les infections après l’accouchement1 (ne faites pas ça!!). Il serait donc approprié dans un rituel pour bannir la dépression post-partum ou accepter un accouchement difficile d’utiliser de l’eau avec quelques gouttes d’eau de Javel pour baigner une représentation de la personne avec un utérus ou de l’utérus lui-même. 

Il existait des gens qui étaient considérés comme des guérisseurs et vers qui la communauté se tournait pour obtenir de l’aide pour une maladie ou une blessure plus grave, mais les premiers soins étaient administrés à la maison. Il existait autant de techniques pour fermer une plaie ou guérir un mal de gorge qu’il existait de familles. 

On exploitait aussi les similitudes entre le corps et la nature en plus du transfert par contact pour se débarrasser de différents maux. Par exemple, on grattait un cerisier de haut en bas pour guérir la constipation. On plantait un petit bout de bois dans une dent qui faisait mal et on allait l’enterrer, le mal disparaissant quand le morceau de bois se décomposait. On pouvait aussi attacher un fil à un arbre en disant “rhumatisme, je t’attache” afin de faire disparaître un rhumatisme. Bien que ces méthodes soient plus rares que l’herboristerie dans les sources que nous avons consultées, elles faisaient intégralement partie de la pharmacopée du Canadien français. Il est pertinent de l’utiliser pour supplémenter un traitement de médecine moderne dans une pratique personnelle. 

Certaines personnes étaient détenteurs de dons et ces dons étaient mis au service de la communauté. Le don le plus connu est probablement l’arrêteur de sang. On l’avertissait quand une personne saignait depuis trop longtemps ou par une blessure importante. L’arrêteur de sang utilisait sa propre méthode ou celle qui lui avait été enseignée par la personne qui lui avait passé le don pour arrêter le sang. Par exemple, il pouvait simplement penser à la personne blessée, réciter une prière ou une incantation de son cru. 

Il existait aussi des d’autres formes de dons tel que charmeur de mal de dent, le guérisseur de mal de dos ou le passeur de verrues2. On disait aussi que le 7e fils, et parfois la 7e fille, avait le don de guérison.

Certaines personnes semblaient avoir des pouvoirs qu’il pouvaient utiliser autant pour le bien que pour le mal. Ce qui les distinguent des gens ayant des dons, c’est la versatilité de leurs pouvoirs. Ils n’avaient pas dominion sur un seul mal, mais pouvaient en guérir plusieurs et affecter d’autres sphères de la vie de tous les jours. On parle notamment d’un certains Pierrot Dulac qui avait la mauvaise réputation d’être un sorcier, mais qui arrivaient à guérir les gens et les animaux. On menaçait même le curé d’avoir affaire à Dulac s’il ne voulait pas venir “lever le sort” qui rendaient des animaux malades. Mon personnage favoris avec ce genre de pouvoir était la Vieille Gardipy. Le récit trouvé dans Anecdotes de Barbeau est la seule mention de cette femme. C’est à se demander combien de personnages extraordinaires ont glissés dans l’oubli, car personne n’était présent pour conserver leur histoire. On pouvait compter sur elle pour guérir tous les maux grâce à son eau. Cependant, elle était le seule pouvant s’en servir et il arrivait de mauvaises choses à ceux qui osait lui dérober un peu de son eau3

1 ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134. 389 p.

2 BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. 263 p.

3 BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920)


Healing

As in all societies, a people which did not have ready access to “modern” medicine had nonetheless many means to heal one’s self. For French Canadians, these means were:

*herbalism and other similar methods

*sympathetic magic

*gifts

*sorcellerie

No description available.

In the works which had sections containing traditional medicine, we find a great number of recipes to treat common ailments and also more serious ones. Most often what was used were herbs which are found in the immediate environment of the community and used in the form of teas and poultices. At times, ingesting or applying human-made products such as gasoline or bleach. Clearly, in a modern practice, it is essential that one gets well informed on the subject and uses critical thinking before re-creating any treatment.  

In our day and age, we know that it is dangerous to bandage one’s self with gasoline to heal a burn, but we have to remember that a goodly number of plants are also not recommended because they are dangerous or may be depending on our state of health. 

That said, it is possible to convert these treatments into rituals. For example, it was recommended to use a dilution of bleach to heal an infection brought on by childbirth (1) (do not do this!). It would therefore be appropriate in a ritual to banish post-partum depression or to get through a difficult labour, to use a few drops of bleach to bathe an effigy of the person with the uterus of their own uterus. 

There lived certain people who were considered to be healers and towards whom people would turn to for help to treat an ailment or a more serious injury, but first aid was often given in the home. There are as many treatments to close a wound or heal a sore throat than there were families. 

Similarities between the human body and and nature as well as contact transfer to get rid of various ailments. As an example, one would scrape a cherry tree from top to bottom to get rid of constipation. You would take a small piece of wood and stick it in a sore tooth and then go bury that piece of wood, the toothache would disappear as the wood would decompose. One could also tie a thread to a tree and say “Rhumatism, I bind you” to make the rheumatism disappear.  

Certain people were also said to have special gifts and these healing gifts were put to service in the community. The most well known gift was probably bloodstopping. These people were called upon when someone was bleeding for a bit too long or if they had a grave wound. The Bloodstopper had their own means to do their work, or some means passed down to them so as to stop the blood flow. For example, they may just have to think of the injured person, recite a prayer or some incantation of their own device. 

There were also other kinds of gifts such as those  of the toothache charmer, backache charmers and those who could pass on warts (3). It was also said that the 7th son and at times the 7th daughter had the gift to heal.
Certain people seem to have had powers which they could use for good or for ill. What separated them from the gifted, was the versatility of their powers. They did not have power over only one ailment, but could heal many of these ills or affect other spheres of daily life. Here we speak most notably of Pierre Dulac who had a bad reputation of being a sorcier, but who was known to heal people and animals as well. My favorite character with this kind of power was La Vieille Gardipy. The story found in the Anecdotes of Barbeau is the only mention of this woman. One has to wonder how many similar exceptional people have slid into the forgotten, as no one was there to keep their story alive. It is said one could count on her to heal any ailment thanks to her water. However she is said to be the only one who could use it and bad things happened to those who tried to steal away some of this water of hers (3).

1 ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134. 389 p.

2 BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. 263 p.

3 BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920)

Les temps forts

English follows

L’année des Canadiens français était marquée par des temps “forts”, qui étaient le moment où on entreprenait certaines activités tel que les semences, les récoltes ou autres obligations. C’était aussi un moment pour certains actes de sorcellerie, car on considérait que ces moments prêtaient leur force au travail magique.   

Ce qui rendait un temps “fort” reposait typiquement sur le saint qui était vénéré cette journée là, selon le calendrier des saints de l’Église catholique. On parle ici du calendrier avant les réformes de Vatican II, donc le calendrier romain général d’avant 1954. Plusieurs de ces journées étaient importantes au Moyen-âge et le folklore les entourant, basé sur le travail des hémérologistes, a perduré dans la culture du Canada français. La lune était aussi excessivement importante et, comme pour d’autres cultures autour du monde, les phases de cet astre dictaient quand certaines activités devaient avoir lieu. 

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Récolte du foins de marais

Bien qu’il y ait plusieurs exemples au travers des travaux ethnographiques et des anecdotes ayant trait aux Canadiens français, la majorité des informations suivantes proviennent des pages 85 à 97 du livre Croyances et Pratiques Populaires au Canada Français de Pierre desRuisseaux. Voici quelques exemples d’actions qui devaient être entreprisent ou évitées certains jours particuliers:

Dimanche: Cette journée est dite forte en ce qui a trait aux ongles, à la forge, à la couture et à la coupe du bois. Si on coupe les ongles d’un enfant cette journée-là, ils repousseront comme les griffes du diable. Il est malchanceux de frapper une enclume avec un marteau ou de coudre les dimanches. Si quelqu’un bûchait du bois cette journée-là, leur âme sera emprisonnée sur la lune pour l’éternité.

Lundi: Cette journée est “forte” en ce qui à trait aux ongles, à la correspondance, aux dents et des relations interpersonnelles. Concernant les ongles, s’ils sont occupés cette journée, on peut s’attendre à un mal de dent qui dure une semaine et aussi à recevoir une lettre inattendue. Si vous recevez un invité ou rencontrez une personne par hasard un lundi, le reste de la semaine en sera affectée. 

Mardi: Le mardi était un temps fort pour les mariages. Si on se mariait un mardi, vous ne serez pas riche, mais vous serez maître chez vous. 

Mercredi: Le mercredi est un temps fort en ce qui  trait à la paix, la joie et l’affection, mais est malchanceux pour quiconque est né en cette journée. Cette journée est la meilleure pour ressentir la paix et le bonheur ainsi que pour apprécier la compagnie d’amis ou partenaires. Cependant, si vous êtes nés un mercredi, vous allez avoir une vie malheureuse. I don’t make the rules.

Jeudi: Jeudi est un jour de naissance chanceux. Les gens nés le jeudi auront une vie heureuse. 

Vendredi: Cette journée est un jour fort pour les affaires, la météo et emprunter ou rendre quelque chose. Les personnes nées cette journée auront du succès en affaires. Si le mauvais temps commence le vendredi, il perdurera. Si vous prêter quelque chose un vendredi, on ne vous le rendra pas.

Samedi: On dit que le samedi est un temps fort pour ce qui a trait aux vêtements, aux ongles, au rasage et aux voyages. Il est aussi malchanceux d’être né un samedi. Il est malchanceux de porter de nouveaux vêtements un samedi. Si vous vous coupez les ongles un samedi, vous allez voyager bientôt. Un enfant né samedi, aura de la difficulté à gagner votre vie. 

Voici quelques exemples de jours forts au travers de l’année et ce qui devrait être entrepris ou non ces jours là. 

6 janvier – Jour des Rois: le 6 janvier, on doit manger la galette des rois, un gâteau dans lequel est caché un pois. Celui qui trouvera le pois dans sa portion sera considéré comme de la royauté pour la journée. 

2 février – Chandeleur: cette journée est une bonne journée pour travailler la farine afin de s’assurer une bonne récolte de blé l’année suivante. (Ile-du-Prince-Édouard)

Mardi gras: Journée de crêpes. Il est coutume de manger des crêpes avant les privations du carême. 

Dimanche des rameaux: Placer des rameaux bénis dans votre maison sans les déplacer de toute l’année protégera votre logis.

Vendredi saint: il est fortement recommandé “de ne pas labourer la terre, planter des clous, regarder dans un miroir ou aller voir les filles”. 

Pâques: avant le lever du soleil, puiser de l’eau d’un ruisseau ou d’une coulée. Cette eau guérira les maladies des yeux et des oreilles si appliquée localement.

Mai: La première pluie ou neige de mai aura des vertues curatives.

3 juin – Fête-dieu: On fait des processions au travers des champs pour s’assurer de bonnes récoltes. La pluie de cette journée ruinera la récolte de fraise. 

24 juin – Saint-Jean: avant le lever du soleil, récolter des herbes (armoise, bardane, plantain…) qui seront au faîte de leur puissance et le resteront toute l’année. 

2 juillet – La Visitation: Journée de crêpes. Il est commun de manger des crêpes en commémoration de la visitation de Marie à Elisabeth. 

24 août – Saint-Barthelémy: le beurre baratté cette journée fera un puissant onguent aux propriétés miraculeuses. 

1ier novembre – Toussaint: journée pour visiter les tombes de la famille

2 novembre – Jour des morts: on tenait des encans pour payer des messes pour les âmes au purgatoires afin de les aider à atteindre le paradis

4 décembre: si la météo est clémente cette journée là, il fera beau jusqu’à Noël. 

24 décembre: À minuit, on dit qu’on peut entendre les animaux parler dans la grange. 

Les 12 jours de Noël: on note la température à chacun des douze jours suivant Noël et celle-ci prédira la température du mois qui lui est associé l’année qui suit. 

Pour les différentes phases de la lune, nous avons ces anecdotes.  

Lune croissant: Cette phase est un temps fort pour les naissances. Si un enfant ou un animal est né en lune croissante, ils auront une bonne santé.

Pleine lune: Cette phase est un temps fort par rapport à la plantation des fruits aériens. Une plante qui porte ses fruits au dessus de la terre doit être plantée durant la pleine lune. 

Lune décroissante: Cette phase est un temps fort pour la plantation des plantes à tubercules et fruits souterrains. C’est aussi le bon temps pour couper les mauvaises herbes, car elles repousseront plus lentement. 

Pour les pratiquant.es de la Sorcellerie comme nous, il est important de se souvenir que nous n’observons pas le jour de fête catholique, à moins que l’un d’entre vous soit un chrétien, mais que nous utilisons plutôt la force de ces journées pour les ajouter à nos travaux magiques.  Nous nous tournons vers le folklore et les thèmes associés avec les journées de la semaine, les fêtes et les phases de la lune pour planifier le meilleurs moment pour commencer un travail magique. Pour la sorcière moderne, ces associations servent de guide. Chaque pratiquant.e aura sa propre façon d’interpréter ces associations et comment les utiliser à leur plein potentiel. C’est de cette manière que la puissance personnelle est cultivée dans le système de magie canadienne fançaise. 

Un.e pratiquant.e peut, par exemple, avoir besoin de faire un sortilège pour améliorer leur chevelure. Iel pourrait choisir de ne couper ses cheveux que pendant la lune ascendante, pour promouvoir une pousse rapide et aussi d’ajouter un peu d’eau de Pâques avant de démêler ses cheveux. Peut-être que quelques traitements avec du beurre de Barthélemy ce je-ne-sais-quoi magique? Tous ces éléments peuvent être intégrés dans un rituel puissant qui incarne l’essence de la Sorcellerie


Introduction to « les temps forts »

The French Canadian observational year was marked by days and certain times which were considered to be “fort” [IPA: fɔʁ], that is to say “strong” days which would be the time of the year one would undertake certain activities, such as planting, harvesting or other domestic/agricultural duties. This was also a time for magical workings as these days were thought to imbue a certain power to the workings being performed. 

What made a day of the year (or of the week) fort typically relied on the saint which was venerated on that day, thus the calendar of saints of the Catholic Church. For French Canadians, this would have been prior to the calendar reforms of the Second Vatican Council, thus the General Roman Calendar of 1954 or earlier. Many of these days were important in the middle ages and the folklore surrounding them, based on the efforts hemerologists, carried them through into the fabric of French Canadian culture. The moon was also exceedingly important to the people, like most other cultures around the world, and so the phases of the night-time celestial body also dictated when certain actions were to take place.  

No description available.
Gathering marsh hay

Although there are many examples throughout the many ethnographic works and anecdotes relating to French Canadians, for the bulk of the information provided below we will be using a section of Croyances et Pratiques Populaires au Canada Français by Pierre desRuisseaux pp. 85-97. Here are a few examples of actions which should be taken or avoided on particular weekdays:

Sunday: This day is said to be fort concerning the realm of finger nails, blacksmithing, sewing and woodcutting. If a child’s nails are cut on this day they will grow devils’ claws. It is also unlucky to use a hammer on this day or ring an anvil . It is unlucky to sew on Sundays and if one cuts wood on this day, their soul will be imprisoned for eternity in the moon.

Monday: This day is said to be fort concerning the realm of finger nails, correspondence, teeth and companionship. Concerning fingernails, if they are cut on this day, expect a week long toothache. Likewise, you may expect to receive mail under the same circumstance. If you receive a guest or have a chance meeting, on this day such would be significant.  

Tuesday: This day is said to be fort concerning the realm of marriage. If you get married on a Tuesday, you will not be rich, but at home you will be the master of your domain .

Wednesday: This day is said to be fort concerning the realm of peace, happiness and affection, unlucky as a birth day. This day is the best for experiencing peace and happiness as well as sharing in mutual affection with friends and partners. but if you are born on this day, you will overall have an unhappy life. I don’t make the rules.

Thursday: This day is lucky as a birth day.  If one is born on this day, they will have a happy life.

Friday: This day is said to be fort concerning the realm of business, weather and borrowing/lending. If one is born on this day, they will have great success in business. If bad weather begins on a friday, it will last for some time.If you lend something on a Friday, it will not be returned to you.

Saturday:This day is said to be fort concerning the realm of clothing, finger nails, shaving and travel. This day is unlucky as a birth day. If you wear new clothes on this day it is lucky. If you cut your nails or shave on a Saturday, you will soon travel. A child born on a Saturday will  have a hard time making a living throughout life.

Here are some examples of days of the year which are said to be forts and what should be undertaken or avoided:

January 6th: Jour des Rois – on this day one should eat a “gâteau des rois”, which is a cake containing a pea inside, if one gets a slice with the pea inside, they will be royalty on that day. 

February 2nd: Chandeleur – on this day it is good to work the flour so that there will be a good wheat harvest in the coming year (Prince Edward Island).

Mardi Gras: Mardi gras – this day is considered a journée crêpes (pancake day), on this day it is customary to eat pancakes prior to the deprivation Lent. 

Palm Sunday: Dimanche des Rameaux – on this day placing a blessed palm frond in your home and not moving it under any pretext will protect one’s home. 

Good Friday: Vendredi saint – on this day it was strongly advised not to plant, hammer nails, look in a mirror or go see one’s girlfriend as this would be unlucky. 

Easter: Pâques – on this day, before sunrise, if one goes out to a stream and collects running water, this water will be good against diseases of the eye and ear. The water would be applied topically as a curative. 

May: On the first rain or snow of May, this water is to be collected as it is a curative.  

June 3rd: Fête-Dieu – on this day processions throughout the fields will bring a good harvest, but rain on this day will damage strawberry plants. 

June 24th: Saint-Jean – on this day, before sunrise, if one collects herbs (such as mugwort, burdock, plantain, etc.) these will remain powerful all year and can be used in a variety of treatments. 

July 2nd: Visitation – this day is considered a journée crêpes (pancake day), on this day it is customary to eat pancakes in commemoration of the visitation of Mary to Elisabeth. 

August 24th: Saint-Barthélemy – on this day it is believed that if butter is made it will be a powerful unguent with miraculous properties. 

November 1st: Toussaint – this day is a time to visit the graves of relatives.

November 2nd: Jour des morts – on this day are to be held auctions for the souls in purgatory, money raised in their honour will help them attain heaven.  

December 4th: If the weather is fair on this day, it will be fair leading up to Noël. 

December 24th: At midnight, it is said that the animals in the barn gain the power to speak. 

Twelve Days of Christmas: Les douze jours de Noël – during the twelve days, the weather of each is said to foretell the weather of the months to come.   

On the phases of the moon, we have these anecdotes:

Strengthening moon (between first quarter and the full): This moon is said to be fort regarding the realm of birth. If a child or an animal is born as the moon begins to strengthen, then they will be of good health. 

Full: This moon is said to be fort regarding the realm of planting (fruiting plants). Any plant which is intended to produce fruits above ground, must be planted on the full moon.

Waning: This moon is said to be fort regarding the realm of planting (what grows tubers). Any plant which is intended to produce tubers underground, must be planted on the waning of the moon. This is also a good time to cut weeds, as if weeds are cut on the waning moon, they will not grow so fast. 

For practitioners of Sorcellerie such as us, it is important to remember that it is not the Christian holiday or the holiness of that particular day – as described by the Church – that we observe (unless one is Christian), but rather the “strength” of that day and the power it imbues our workings. We look to the folk beliefs and the themes which are associated with that weekday, holiday or moon so that we can best plan for the strongest workings. For the modern Sorcier.e we look to the associations as our guides. Each practitioner will have their own ways of interpreting these associations and how best to use them in magical work. This is how personal power is cultivated over time in the French Canadian magical stream. 
A practitioner may – as an example – need to do a working that will help improve the quality of their hair. They may choose to only cut their hair on the strengthening moon, to promote fast growth and then comb in some eau de Pâques to add vitality. Perhaps a few treatments with some Beurre de Saint-Barthélemy will give one’s locks that needed magical je ne sais quoi? And all of these things can be worked into a powerful ritual which embodies the essence of la Sorcellerie.

Annales de Sainte Anne

English follows

Il y a quelques mois, nous avons mentionné dans l’article sur Sainte-Anne le pouvoir de ses annales.

Cette revue est encore publiée de nos jours sous le nom de Revue Sainte-Anne. La version anglophone, très différente de celle en français, en a gardé le nom de The Annals of Saint Anne. Il est possible de mettre la main sur de vieilles copies sur des sites de débarras comme Kijiji et Marketplace.

Une collection de huit numéros des Annales de la Bonne Sainte Anne de Beaupré, achetés de seconde main.

Dans cet article, nous avons mentionné plusieurs exemples historiques du pouvoir guérisseur des annales, qui était vu comme l’extension tangible de Sainte-Anne et/ou de son sanctuaire à Beaupré. Ce pouvoir de guérison se manifeste autant sur le plan physique que sur le plan magique ou spirituel.

À Courir le loup-garou, nous utilisons des morceaux d’annales surtout pour la création d’amulettes ou de talismans de protection. Nous canalisons son pouvoir de manière préventive afin que la guérison s’opère avant même l’apparition des symptômes des maux, comme un genre de neutralisant.

Il est possible de simplement garder un morceau de papier sur soi ou dans ses poches, mais on peut aussi intégrer ce matériel dans un travail plus élaboré.

Nous essayons de garder chaque partie de nos amulettes dans le système magique des Canadiens français. Par exemple, nous utilisons les herbes ou couleurs mentionnées dans nos sources et nous nous inspirons de l’esthétisme des objets photographiés ou dessinés dans ces mêmes sources. Cependant, nous n’hésitons pas non plus à utiliser des matériaux et objets plus modernes qui n’existaient pas encore ou étaient difficiles d’accès pour nos ancêtres, mais qui sont courants aujourd’hui.

Vous pouvez voir ici des exemples de travail passés.

Une bouteille de protection, contenant plusieurs aiguilles (un contre-sort commun) enroulées dans un morceau d’annale de Sainte-Anne.

Une bouteille de protection contenant de l’armoise cueillie à la Saint-Jean (voir herbes de Saint-Jean) et un morceau d’annale de Sainte-Anne.

Bouteille contenant de l’armoise cueillie à la Saint-Jean, des aiguilles et un morceau d’annales de Sainte-Anne.

Médaille de Sainte-Anne accompagnée d’un morceau d’annales de Sainte-Anne protégé par un morceau de verre.


A few months ago, we mentioned in the Article on St-Anne, the power of the Annales [IPA: a.nal].

This periodical is still published to this day under the name Revue Sainte-Anne. The English version, which is very different from the French, has kept the name as The Annals of Saint Anne. It is possible to to acquire old copies thereof on listing sites such as Kijiji and Marketplace.

A series of eight volumes of des Annales de la Bonne Sainte Anne de Beaupré, bought second hand.

In that article we mentioned a number of historical examples of the healing power of Saint Anne, how this power was believed to be a tangible extension of Saint Anne and/or of her sanctuary at Beaupré.  This healing power is known to manifest as much on a physical plane as on that of the magical or spiritual.

At Courir le loup-garou, we use pieces of the Annales primarily for the creation of amulettes or protective talismans. We channel that power so as to work as a preventative agent of healing prior to the manifestation of symptoms of sickness, as a neutralizer. 

It is possible to simply keep a piece of the paper on one’s person or in a pocket, however one may also integrate this material in a more elaborate working. 

We try to ensure that each element of our amulettes remain well within the magical system of French Canadians. As an example, we use herbs or colours which are mentioned in our sources and we rely on the aesthetic of objects which have been drawn or photographed in those same sources.  That said, we will not hesitate to use modern items which did not exist in those days or may have been difficult for the ancestors to access, but may be readily accessible in our day. 

Here are some examples of past workings.

A protection bottle, containing several aiguilles (needles, a common counter-curse) rolled up in a piece of the annale de Sainte-Anne.

A protection bottle containing mugwort gathered at Saint-Jean (see post on Saint-Jean herbs) and a piece of the annale de Sainte-Anne.

A protection bottle containing aiguilles and  mugwort gathered at Saint-Jean and a piece of the annale de Sainte-Anne.

A Sainte-Anne medallion accompanied by a piece of the annale de Sainte-Anne, protected in glass.

Les rameaux – une puissante protection

English follows

Une des amulettes les plus puissantes étant reconnues comme telles par les Canadiens français était les rameaux. Les feuilles étaient généralement reçues à l’église lors du dimanche des Rameaux. On croyait que si l’on plaçait les rameaux à un endroit particulier (généralement au-dessus de la porte) sans y toucher avant de les remplacer l’année suivante, la maisonnée était bénie.*  

Gravure des Rameaux à Nice place Rossetti devant la Cathédrale en 1900 • © Gerard Prandi

Selon les anecdotes, les rameaux étaient suspendus dans les granges pour empêcher les lutins d’y pénétrer. Les lutins étaient connus pour monter les chevaux la nuit et les ramener épuisés le matin. Les crinières des chevaux étaient tressées et nouées après leur passage. Certains Canadiens français allaient jusqu’à tresser les crinières avec des rameaux pour s’assurer que les lutins laissent les chevaux tranquilles**. 

 Les rameaux en conjonction avec de l’eau bénite (ou de Pâques, ou de mai) étaient utilisés pour chasser les Feux follets. On peut lire dans les anecdotes que les rameaux trempés dans l’eau bénite étaient utilisés pour asperger le Malice et le chasser par une fenêtre ou une porte***. Ceci ne délivrait pas le Feu follet de son sort, mais l’envoyait faire du mal ailleurs.  

Ce ne fut pas toujours des rameaux qui étaient utilisés. Les rameaux sont faits de feuilles de palmier, qui n’est bien sûr pas une espèce indigène à la Nouvelle-France. C’était alors la coutume pour ceux qui n’avaient pas accès à des rameaux traditionnels, de leur substituer des branches de sapin, d’épinette ou de cèdre. Ces branches étaient amenées à l’église le dimanche des Rameaux pour être bénies par le prêtre comme l’auraient été les feuilles de palmier. Ces rameaux de sapin gardaient la maison de la même manière que les rameaux traditionnels et protégeaient contre les maux énumérés plus haut.****

Pour une sorcière, il peut être plus authentique à la culture canadienne-française d’aller dans les bois lors de la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps (qui tombe à ou autour de Pâques) et de récolter une branche de sapin, d’épinette ou de cèdre. Cette branche pourra être utilisée pour protéger la maisonnée en la suspendant au-dessus d’une porte ou laissée sur un autel. Elle peut aussi être utilisée pour asperger de l’eau de Pâques ou de l’eau de mai pour nettoyer énergétiquement un espace. 


Note:

L’eau de Pâques est collectée d’une source d’eau courante (rivière, ruisseau, coulée…) le matin de Pâques. 

L’eau de mai est collectée lors des premières précipitations (pluie ou neige) de ce mois. 

Toutes deux sont des eaux magiques importantes

Sources:

*ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p.41 

**BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920), p. 184 – LE LUTIN ET LA POULE CAILLE

***BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920), p. 291 – LE LOUP-GAROU ET LE FEU FOLLET DE MARCELLO

****La tradition du dimanche des Rameaux | Radio-Canada.ca (radio-canada.ca) 


The Rameaux: A powerful ward

One of the most potent household amulets recognized as such by French Canadians is the Rameaux (IPA: ʁa.mo, the palm frond). These fronds were typically received from church on le Dimanche des rameaux (IPA: dzi.mɑ̃ʃ dɛ ʁa.mo, Palm Sunday) and it is believed that if one places this frond in their home at a particular place within – usually over a doorway – and it remained unmoved until a new frond replaced it in one year, then that household would be blessed*. 

The rameaux was also – according to anecdotes – hung up in barns to ward off the lutins(IPA: ʁa.mo, the palm frond). The lutins are known to ride horses at night, causing them to be tired in the morning with their manes all matted in knots. Some older French Canadians who kept the belief in these Malices would go so far as to braid a horse’s mane with  des rameaux to prevent the mischievousness of the lutins**.

The rameaux and holy water (or just as much Eau de pâques or mai) was used to chase away the feux follets. According to an anecdote, the frond was used as an asperger to flick the blessed water onto the Malice to chase it out a window or door***. Although this would not “deliver” the feu follet from its sort (curse), it would send it away to be mischievous elsewhere. 

It wasn’t always palm fronds which were used to this end. As you can imagine, palm fronds were not native to New France. It was a custom of those who did not have access to palms to substitute these with the fronds of balsam fir, spruce or cedar. These branches would be brought to the church on le Dimanche des rameaux and the priest would bless them as he would a palm frond. These rameaux de sapin would be kept in the house in the same manner as above and ward against storms, lighting, sickness or any other Malice which could come about****. 

It may then be more authentic to the French Canadian culture of a practicing Sorcer/Sorcière/Sorcier.e to go out into the woods on the full moon following the spring equinox (which may happen to fall on Pâques) and collect a frond of spruce, balsam fir or cedar. This frond would be  kept as an amulet to ward the house against the ills listed above by hanging it up above a doorway to the house or at an altar. This frond can then be used to asperg Eau de pâques or de mai if a good cleansing of a space is needed. 


Note: 

Eau de Pâques is water collected from a source of running water before sunrise on Easter morning. 

Eau de mai is water which is collected from either the first precipitations (snow or rain) which fall in that month. These are both important magical waters. 

Sources:

*ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p.41

**BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920), p. 184 – LE LUTIN ET LA POULE CAILLE

***BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920), p. 291 – LE LOUP-GAROU ET LE FEU FOLLET DE MARCELLO

****La tradition du dimanche des Rameaux | Radio-Canada.ca (radio-canada.ca) 

Battre la vieille année

TW: Mention de violence contre un être supernaturel

TW: mention of violence against a supernatural being

English follows

On retrouve dans la culture canadienne française certaines traditions entourant les Fêtes. En Acadie, une tradition particulière du 31 décembre était la Vieille Année. La veille du Jour de l’An, les familles se rassemblaient pour partager un bon repas et discuter pendant la veillée des difficultés qu’ils avaient éprouvées pendant l’année. C’était l’occasion de revenir sur les événements passés et d’également reconnaître les bénédictions de l’année qui se terminait. Cependant, une fois que minuit sonnait, c’était le temps de Battre la Vieille Année. La Vieille Année était personnifiée par la Vieille Annie, car « année » et « Annie » sont presque des homophones dans la langue parlée en Acadie.

Il était coutume qu’un jeune homme s’habille comme une vieille femme et fasse le tour de la maison en tant que la Vieille Annie, frappant tous les coins avec une palette à cochon. Une fois que tous les coins ont été battus, le jeune homme entrait dans la maison et celui qui était capable de battre et « tuer » la Vieille Année avec la palette s’attirait la chance et s’assurait de vivre assez longtemps pour célébrer le rituel l’année suivante.

Similairement, en Nouvelle-Écosse, des groupes de jeunes se rassemblaient et battaient les quatre coins des maisons de leur voisinage, déclarant qu’ils battaient la Vieille année. Les enfants n’allaient pas au lit tant qu’ils n’avaient pas été assurés que la Vieille Annie était morte.

L’origine de ces coutumes est incertaine, car on ne peut en retrouver les traces exactes en France. L’aspect du travestisme peut rappeler les coutumes irlandaises du mumming ou celles qui entouraient le Carnaval, à Dunkerk en France, mais les racines exactes de cette coutume folklorique sont perdues. Nous savons cependant qu’elle était suffisamment répandue au travers de toutes les Maritimes, ce qui pourrait indiqué que la tradition est plutôt vieille ou qu’elle était suffisamment importante pour qu’elle se propage d’une ville à l’autre.

Il est facile de faire le parallèle entre ce rituel transgressif des normes sociales, encore plus pour l’époque, et les festivités saturnales. Il est possible, mais impossible à prouver, que « l’inversion sociale » des Saturnales ait trouvé un moyen de voyager jusqu’en Nouvelle-France en s’incarnant dans les traditions du Nouvel An.

Alors comment peut-on faire revivre cette coutume aujourd’hui? Premièrement, cette coutume est encore vivante dans les souvenirs de nombreux Acadiens, alors il est important de faire attention à ne pas complètement l’approprier. Cependant, les personnages de la Vieille année et de la Nouvelle année sont suffisamment communs dans les médias pour qu’ils rejoignent plus d’une communauté.

Aussi il est important de reconnaître que cette coutume acadienne n’était pas vue comme de la sorcellerie, mais nous nous permettons de l’y pousser.

Voici une façon d’y arriver:

  • Cuisiner un bon repas, peut-être même une recette de famille, pour la veille du Jour de l’An. Si vous manquez de temps ou d’énergie, achetez quelque chose qui vous fera plaisir ou vous rappelle de bons moments en bonne compagnie. 
  • Invitez votre famille et vos amis à vous rejoindre, ou gardez votre rassemblement plus petit et partagez votre repas avec les gens qui vivent sous votre toit.
  • Racontez et partagez les moments plus difficiles de l’année qui se termine.
  • Placez une partie de votre repas dans de beaux couverts et laissez-les dehors en offrande à la Vieille Annie.
  • Armé d’une cuillère de bois et portant un tablier, l’hôte sort dehors en laissant la porte ouverte.
  • L’hôte cognera sur les coins de la maison alors que les invités sont à l’intérieur.
  • Le tintamarre fera fuir toutes les difficultés qui ont été énoncées préalablement et ainsi la Vieille Annie quittera la maison.
  • Une fois à l’extérieur, elle pourra apprécier le repas que vous lui avez laissé.
  • L’hôte retourne à l’intérieur et annonce l’arrivée de la nouvelle année, maintenant que les peines de l’année passée ont quitté la demeure.  
  • N. B. Si vous habitez un appartement ou ne pouvez pas aller à l’extérieur, cognez simplement la cuillère sur les coins intérieurs de votre logis et suivez le reste des instructions. Le repas peut être réduit et laisse sur le rebord d’une fenêtre.

 Ceci est juste une manière dont cette tradition peut être renouvelée et nous sommes certains que nos lecteurs pourront trouver d’autres façons de battre la Vieille Annie.


*DUPONT, Jean-Claude. (1977) Héritage D’Acadie. Éditions Leméac Inc. Ottawa. 276-78 p.

**https://www.lavenir.net/cnt/253099 

J.J. Lankes – New Year’s day – 1934

There are many traditions in French Canadian culture which pertain to the festive season. One peculiar tradition which was found in Acadia on the 31st of December was called La Vieille année*  [IPA: la.vjɛj.a.ne] (or Saint-Sylvester). On New Year’s Eve, families would gather together and have a hearty meal and they would  go on into the evening telling of their hardships which they endured during that year. This was a somber occasion, one with reflection and a counting of one’s blessings. However, once midnight struck, it was time to Battre la Vieille année [IPA: bat.la.vjɛj.a.ne] (Beat the Old Year). The Vieille année was personified as La Vieille Annie  [IPA: la.vjɛj.a.ni] (the Old Annie) as année and Annie were near homophones in the dialect. 

It was the custom for a young man to dress as an old woman and come to the house where he would guise as La Vieille Annie, beating the outer corners of the house with a palette à cochon  [IPA: pa.lɛt.a.co.ʃɔ̃] (a wooden paddle used to scrape a pig sty). Once this was done the young man would come into the home and whoever was able to beat and “kill” the Old Year with a palette à cochon was declared lucky and assured to live long enough to celebrate the ritual the following year. 

Similarly in Nova Scotia, groups of young ruffians would gather together and bet the four outer corners of the neighbouring houses, declaring that they were “Beating the Old Year” or rather il battait la Vieille Annie  [IPA: il.batɛ.la.vjɛj.a.ni] (They beat Old Annie). Children would not go to bed until they were assured that the Old Annie was dead. 

It is not certain where this custom comes from as we have not found any exact traces of it in France. There is some similarity in the cross-dressing with Irish traditions of mumming and also cross-dressing traditions in Dunkerk, France, around the Carnaval [IPA: caʁ.na.val] (Carnival/Lententide)**. But the exact roots of this folk custom are lost to time. What we do know is that it was widespread enough throughout the Maritimes which may indicate that the tradition is rather old or was significant enough to the people to spread throughout neighbouring towns. 

It is easy to draw some parallels between this socially transgressive ritual (moreso for the era), where young men dress as old women and a tool used in a pig sty is inflicted upon a house, and Saturnalian revelry. It is possible, but not provable, that the “social inversion” of Saturnalia found its way to New France in the lay traditions of the folk year. 

So how are we to revive this custom today? For one, the custom has not fully died out of memory in Acadia, so it is important not to whole-cloth appropriate it out of its social context. However, the Old Year and New Year figures are common enough in the media (the New Year’s baby vs the Old Man of the past year) that at least these notions are common enough.  Also, it is important to remember that the Acadian custom was not viewed through a witchy lens, so for our purposes we will witch it up a little.

Here is one way to do that:

  • Make a nice hearty homemade meal, perhaps an old family recipe on New Year’s Eve. If you lack time and/energy, store bought is fine. Choose something that will make you feel happy and will remind you of good times in good company. 
  • Invite family and friends to come over (or amongst your own household). 
  • Recount the struggles which you endured throughout the year.
  • Take a portion of the meal and set it outside in a nice serving dish, offering it to la Vieille Annie.
  • Then with a wooden spoon in hand and sporting an apron, the host goes outside (leaving the door open).
  • As the guests are in the home, the host will bang on the corners of the house.
  • It is hoped that the raucous will drive out all the spoken hardships from the home, thus the Vieille Annie.
  • Once she is outside, she can enjoy the hearty homemade meal.
  • The host then returns inside and all within can ring in the New Year, now that the woes of the Old Year have left the home. 
  • NB: If you live in an apartment building or cannot go outside, perform the same general outline of this ritual, but bang the wooden spoon on a pot in the four corners of the dwelling to shoo out the old year and leave the morsel of food on a windowsill. 

This is just one of many ways that the tradition can be renewed and we are sure that our readers can think of many other clever ways to  Battre la Vieille Annie


*DUPONT, Jean-Claude. (1977) Héritage D’Acadie. Éditions Leméac Inc. Ottawa. 276-78 p.

**https://www.lavenir.net/cnt/253099

La Toussaint

English and sources below

La Toussaint (1er novembre) et le jour des Morts (2 novembre) étaient un moment important dans la vie des Franco-canadiens, ce qui est mis en évidence par le fait que ces journées étaient chômées. Les traditions pour ces journées étaient plutôt uniformes, car ces deux journées étaient sous un contrôle plus serré de l’Église. Cependant, quelques traditions plus en marge de la société seront énumérées à la fin de cet article.


Certaines coutumes semblent être associées à la Toussaint ou au jour des Morts interchangeablement. Par exemple, on disait que si on travaillait aux champs à la Toussaint les sillons allaient saigner. Cependant, on trouve d’autres sources où ce serait plutôt le jour des Morts où l’on pouvait assister à ce phénomène. Aussi, bien que le 1er novembre devrait être dédié aux saints, il est évident que ces deux jours tournent autour des morts et des ancêtres. Il semble que ces deux jours étaient plus soudés qu’intendait l’Église catholique.

À la Toussaint, après la messe, on se rendait au cimetière prier pour les morts puis dans la famille. C’était une affaire sobre, emplie de piété et de recueillement. On croyait que les morts revenaient sur le Terre durant la nuit du premier au deux novembre, visitant même les maisons qu’ils avaient habitées. On évitait donc de sortir cette nuit-là, laissant toute la place aux morts qui se promenaient. Ceux qui dérogeait à cette atmosphère sobre et sortaient « voir leurs blondes » étaient vus d’un mauvais œil.

Le jour des Morts, après la messe, on prenait part à la criée des âmes. C’était une vente de produit de la terre dont les recettes étaient remises à l’église afin de faire dire des messes pour les défunts. Il y a deux points importants ici, la révérence et le respect pour les morts ne se limitait pas à ces deux jours en particulier, mais était un processus continu et aussi l’incarnation de la notion de sacrifice. On se privait de certains biens ou de l’argent qui pouvaient découler de leur vente afin de procurer à nos morts les services dont ils avaient besoin de l’autre côté.

Dans la mesure du possible, j’essaie de rendre visite à ma famille décédée le 1er ou le 2 novembre. Je leur amène leur nourriture et boisson préférées ou que l’on partageait. Je fais un peu de ménage autour de leurs tombes ou je les décore si je le peux. Je leur parle, je passe du temps avec eux. Si je ne peux pas me rendre, je laisse mes offrandes sur mon autel le soir du 1er au moment où je finis ma neuvaine.

Je profite aussi du moment pour faire un sacrifice de temps, d’argent ou de ressources. Une manière d’honorer la mémoire d’une personne décédée est de se souvenir de son trait de personnalité qui nous a le plus marqués, ce qui a fait que cette personne était elle, et incarner cette qualité dans notre quotidien. Ainsi, à chaque action que l’on pose, l’être cher revit. Le jour des Morts me semble un moment indiqué pour faire un effort supplémentaire : soutenir une cause qui lui tenait à coeur, prendre des nouvelles des personnes les plus affectées par leur mort, travailler sur un projet commun…

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Traditions et folklores reliés à la Toussaint

On a dit plus haut que la terre saignait si on la travaillait le jour de la Toussaint (ou des Morts), mais il existe des variantes à cette histoire. Par exemple, les champs pouvaient être plutôt envahis par des souris ou encore le Diable pouvait se présenter pour aider le contrevenant, mais il finissait par l’amener en enfer avec lui.

On a aussi dit que les gens qui allaient faire la fête plutôt que de se recueillir le soir de la Toussaint étaient regardés d’un mauvais œil. Ils couraient aussi la chance de se faire poursuivre par des loups-garous. S’ils arrivaient à rentrer chez eux, c’était très tard et épuisé. Ils pouvaient rester cloués au lit pendant une semaine pour se remettre de leurs émotions.

On raconte aussi que le soir des Morts, il était possible de voir de petites lueurs au ras le sol, là où un trésor était caché. Bonne chasse!


Toussaint [IPA: tu.sɛ̃.] (All Saints’) and the jour des Morts [IPA: jor.dɛ.mɔr.] (Day of the Dead) was an important time in the lives of French Canadians, which is evinced by the fact that these days were considered statutory holidays. The traditions held on these days were rather uniform, since they were both under the tight control of the Church. However, some customs which were more on the fringes of society will be listed at the conclusion of this writing. 

Some of the customs associated with Toussaint and the jour des Morts appear to be interchangeable. For example, it is said that if one works the fields on Toussaint the furrows would bleed. Yet, we see other sources where this phenomenon is said to take place on the jour des Morts.

Although the 1st of November was dedicated to the saints, it is quite evident that these days revolved around the dead and the ancestors. It would seem that these days were more tightly bound together than even the Catholic Church intended them to be. 

At Toussaint, after mass, people would make their way to the cemetery to pray for the family’s dead. This was a sombre affair, replete with piety and contemplation. It was believed that the dead returned to Earth from the first to the second of November, visiting the houses in which they once lived. As such, people avoided going out on that night, leaving ample space for the roaming dead. Those who disregarded this sombre atmosphere, to go see their “blondes”  [IPA: blɔ̃d.] (girlfriends) were not well looked upon.

On the jour des Morts, after mass, people took part in the criée des âmes  [IPA: cri.e.dɛ.ɑm.] (souls’ auction). This was an auction where produce and livestock were sold and all proceeds went to the church in a bid to have masses delivered for the dead. There are two important points to be made here, namely that  reverence and respect for the dead was not limited to these two days alone, rather this was a continuous process and an embodiment of the notion of sacrifice. We would deprive ourselves of certain goods or money which would result from the auction in an effort to procure certain services for the dead on the other side

When at all feasible, I try to pay a visit to my dead relatives on the 1st or 2nd of November. I bring them their favorite food or drink or that which we used to share. I do a bit of housekeeping around their tombstones and if I can, adorn them. I speak to them, I spend time with them. If I can’t make it, I leave my offerings on my altar the night of the 1st where I have finished my Neuvaine [IPA: nœ.vɛn.].

I also take this opportunity to offer my time, money and resources. One way of honouring the memory of the dead is to remember the traits of their personality which have left the deepest impression upon us, which made them who they were and embody those qualities in our daily life. Thus, each thing we so do, brings life to the dearly departed. The jour des Morts is to me an opportunity to go that extra mile: that is to support a cause which was dear to them, get in touch with someone who was gravely affected by their loss or to work on a common project… 

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Traditions and folklore related to Toussaint

As was said above, the earth would bleed if it was worked on Toussiant (or the jour des Morts), but other variations of this folklore were known as well. Such as, the fields could be overtaken by mice or even the Devil could make an appearance and assist the contravener in their work, but in the end they would be whisked off to hell along with him.   

It was also said that those who would go out and celebrate rather than stay in and contemplate on Toussaint, were frowned upon. They also risked being pursued by the loup-garou  [IPA: lu.ga.ru.] (French Canadian were-being). In such a case, if they made it home, it was by then very late and they would be exhausted. They could then remain bedridden for up to a week until their emotional state returned to normal. 

It was said that on the Night of the Dead, one could see a shimmer on the ground where one could find hidden treasure. Happy hunting!


Sources
Le trésor caché de la Chunée in BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920), pp. 180

DESRUISSEAUX, Pierre. (1982) Le livre des prognostics au Québec – Dictons, croyances et conjurations du temps. Éditions Hurtubise HMH. Montréal. 246 p.

DOYON, Madeleine. Rites de la mort, dans la Beauce. The Journal of American Folklore, Vol. 67, No. 264, Canadian Number (Apr. – Jun., 1954), pp. 137-146

DUPONT, Jean-Claude. (1977) Héritage d’Acadie. Éditions Leméac. Ottawa. 376 p.

DUPONT, Jean-Claude. (1987) Légendes des villages. Québec. 66 p.

Le réseau de diffusion des archives du Québec – Coutumes et culture

MARTEL, Claude in Un brin d’histoire. Journal la revue, 24 octobre 2014

La Neuvaine

English will follow


Chez les Canadiens français, la Toussaint et la fête des Morts revêtaient une importance aussi religieuse que culturelle. L’énergie et le symbolisme qui entoure ces journées sont similaires à celles de Samhain, mais ont leurs propres saveurs. Ces journées étaient assez importantes pour qu’elles soient fériées. 

Il y a quelques années, Erik et moi avons commencé une tradition pour honorer nos ancêtres en arrimant les croyances et coutumes autour de la Toussaint (article à venir, j’ai pris du retard) avec un autre essentiel du catholicisme: la neuvaine. La neuvaine est une “série de prières ou d’exercices de piété répétés pendant neuf jours consécutifs dans le but d’honorer un saint ou d’obtenir une grâce”1 et nous avons substitué nos ancêtres aux saints.

Le concept est simple: créer une prière qui sera dite à chaque jour à partir du 24 octobre et culminant le 1er novembre.  Dans notre cas, nous avons choisi une formule où nous avons créé une strophe de quatre vers différente pour chaque jour. La prière finale a donc 9 strophes de quatre vers. Nous réutilisons la même prière chaque année avec quelques modifications pour refléter les événements de l’année ou un/des changement(s) dans notre relation avec nos ancêtres. La création de cette prière a été plus éprouvante que prévu. Environ à mi-chemin, nous avions l’impression d’avoir dit tout ce que nous avions à dire, c’est alors que le vrai travail a commencé. C’est à ce moment où nous avons dû creusé pour tirer l’essence de notre relation avec notre lignée ancestrale et être honnête avec nos aspirations et nos limites dans cette même relation. Il n’y a jamais rien de simple avec la spiritualité.

C’est l’approche que nous recommandons pour aller à la source des choses, mais il est possible de créer une prière plus courte qui sera récitée chaque jour de la neuvaine. Dans ce cas, nous recommandons de créer une nouvelle prière de toute pièce chaque année pour refléter ce qui a été appris pendant l’année sous la guidance des ancêtres.

Le rituel accompagnant cette prière est tout simple.

-Créer un autel/espace spécifique à vos ancêtres. Si vous avez déjà un espace dédié à votre spiritualité, aménager un coin pour vos ancêtres. Vous pouvez utiliser des photos, des symboles de la mort appropriés pour votre culture et/ou celle de vos ancêtres, des couleurs qui vous rappellent la mort et la vie. Chez les catholiques, le symbole de la gerbe de blé était souvent utilisé sur les pierres tombales pour signifier la vie qui continue après la mort.

-Choisissez une chandelle suffisamment grosse pour brûler quelques heures par jour pendant 9 jours. J’utilise un lampion dans un contenant en verre depuis quelques années. J’écris ma prière sur le contenant de verre avec un Sharpie et au bout de neuf jours, je l’efface avec de l’alcool à friction pour réutiliser la chandelle l’année suivante.  

-Choisissez la méthode de création de prières de votre choix en vous rappelant que la neuvaine commence le 24 octobre.

-Chaque soir, ou au moment choisi, installez-vous devant l’espace que vous avez aménagé pour vos ancêtres, prenez un moment pour les rejoindre, énoncez votre prière et allumez la chandelle. Vous pouvez aussi laisser d’autres offrandes si vous le désirez.

-Laissez brûler la chandelle jusqu’à l’heure de votre coucher ou de votre départ puis éteignez là. Ne laissez jamais une chandelle brûler sans surveillance.

-Recommencez chaque jour jusqu’au 1er novembre.

Il est important de maintenir cette relation toute l’année par différents moyens de dévotions, comme les offrandes, ou simplement en communiquant régulièrement avec nos ancêtres. Personnellement, je sers une tasse de café à mes ancêtres tous les dimanches et je leur compte ce qui se passe dans ma vie, j’écoute leurs conseils et leurs besoins.
1https://eglise.catholique.fr/glossaire/neuvaine/


The Neuvaine

Among French Canadians, Toussaint [IPA: tu.sɛ̃.] (All Saints’) and the fête des Morts [IPA: feɪt.dɛ.mɔr.] (All Souls Day) are as much religiously important as they are culturally. The energy and symbolism which gravitate around those days are similar to that of Samhain, but have their own unique flavour. These days were likewise important enough to have become statutory holidays. 

A few years ago, Erik and I began a tradition for honouring our ancestors by affixing the customs and beliefs of Toussaint (article to come, I’ve been a little behind) with another essentially Catholic custom: the Neuvaine [IPA: nœ.vɛn.]. The Neuvaine is “a series of prayers or acts of piety repeated over nine consecutive days in a bid to honour a saint or obtain grace”1 (Erik Lacharity translation from original), where we have substituted our ancestors for the saints. 

The concept is rather simple: create a prayer which will be recited each day beginning on the 24th of October, ending on the 1st of November. In our case, we chose a formula where we composed a verse of four different lines for each day. The final prayer is 9 verse long but only one verse per day is recited. We reuse the same prayer each year with slight modifications to reflect the year’s events or to highlight some changes in the relationship between us and our ancestors. The composing of this prayer was far more challenging than we had anticipated. When we were halfway through, we got the feeling that we had said all there was to say, which is when the hard work actually began. It was at this time that we had to dig deep to really draw out the minutiae of our relationship with the ancestors and to be most honest with our hopes and limitations concerning that relationship. There is never anything easy when it comes to  spirituality.   

This is the approach we recommend to get down to the root of the matter, however it is possible to craft a shorter prayer for recitation throughout the Neuvaine.In that case, we recommend the creation of a new prayer – whole cloth – each year to reflect lessons learned throughout the year under the guidance of the ancestors. 

The ritual which follows the prayer is a simple one.

-Create an altar/space specifically to your ancestors. If you already have a space dedicated to your spirituality, make space for the ancestors thereupon. You may use pictures, certain death motifs which are appropriate to the culture of your ancestors as well as colours which evoke a sense of life and death. In Catholicsm one such symbol was the sheaf of wheat which was oftentimes a motif carved on tombstones to signify the continuation of life after death. 

-Chose a candle which is large enough to be lit for a few hours each day during the 9 days. I have a votive candle in a glass holder I’ve been using for years. I write out my prayer on the glass with a Sharpie which I then clean off with rubbing alcohol so as to reuse it the following year. 

-Choose your method of prayer crafting – long or short – but remember that it must begin on October 24th.

-Each night, at the hour of your choosing, place yourself before the space reserved for your ancestors, take a moment to join them, recite your prayer and light the candle. You may also leave other offerings to them if you so desire. 

-Leave the candle burn until you retire to bed or leave the home, then extinguish it. Never leave a candle burning unattended.

-Repeat these actions until November 1st.

It is important to maintain this relationship throughout the year through various means, such as offerings or by simple regular communication with your ancestors. Personally, I offer a cup of coffee to my ancestors every Sunday and I recount to them any news concerning my life and I listen to their counsel as well as their needs. 

1https://eglise.catholique.fr/glossaire/neuvaine/

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