Sigils des saints

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Les sigils n’ont pas été historiquement utilisés au Canada français, mais nous croyons que ces derniers peuvent être d’une grande aide pour la Sorcière dans sa pratique. Traditionnellement, les médailles des saint.e.s, supplémentées par des prières, étaient utilisées pour obtenir les faveurs du.dela ou des Saint.e.s représenté.e.s. Accompagnant l’image du.dela saint.e, on retrouve l’iconographie primaire qui lui est associé. Les médailles étaient le plus souvent obtenues auprès des ordres religieux, où elles avaient été bénies par l’Église pour l’utilisation par les croyants. 

Mais si vous n’avez pas de médailles? Mais si vous ne pouvez pas en trouver du saint avec le.la.quel.le vous voulez travailler? Nous, à Courir le loup-garou, croyons que la sigilisation est une manière significative de remédier à ces problèmes et peut être d’une grande utilité pour la Sorcière.   

Processus

Nous avons basé notre approche sur la méthode développée par Laura Tempest Zakroff, présentée dans son livre Sigil witchery. Ceci explique pourquoi nos résultats sont différents des sigils que vous avez peut-être vu dans certaines traditions plus ésotériques. Si vous n’avez pas lu ce livre, nous vous le recommandons chaudement. 

Pour commencer, nous avons fait une liste de saint.e.s qui étaient nommé.e.s régulièrement dans nos lectures. Nous avons par la suite fait une recherche sur leur iconographie dans la tradition catholique et avons noté les images qui leurs étaient le plus souvent associées. 

Puis nous avons commencé par dessiner ce que ces images nous inspiraient. Au départ, nos dessins étaient plutôt réalistes

Saint-Marc

Tranquillement, nous avons simplifié les dessins de plus en plus. 

Saint-Marc

Et nous avons greffé un sur l’autre les différentes formes que nous inspirait l’iconographie des saint.e.s. Parfois, le processus était relativement simple.

Saint-Jean le Baptiste

Et parfois le processus était un peu plus ardu

Celui-là n’est même pas encore terminé.

Les sigils pour les saint.e.s avec lesquel.le.s notre relation est plus développée sont venus plus rapidement. 

Sainte-Anne

Il est à noter que le sigil de Sainte-Anne était le dernier que l’on a créer cette journée, alors que nous étions déjà très fatigué.e.s mentalement et spirituellement. Il est tout de même venu à nous très rapidement, mais nous n’avons pas été en mesure de réaliser qu’il était “terminé” avant d’avoir pris du repos.

Sainte-Barbe (and Sainte-Fleur)

Dans le  folklore: Pour faire partir le tonnerre, réciter: “Sainte Barbe et Sainte Fleur, vous qui avez porté la croix de Notre-Seigneur, partout où vous irez jamais le tonnerre ne tombera.” 

Iconographie: Tour à trois fenêtre, rameau, calice, éclair, couronne de martyre. 

Usage: Protection contre la foudre.

Saint-Marc 

Dans le folklore: Au 8ième siècle, les Catholiques romains commencèrent la tradition de bénir les semences le 25 avril, qui tombait sur un des jours des Rogations. 

Iconographie: Lion, livre. 

Usage: Bénir vos semences pour avoir une bonne récolte. 

Saint-Jean le Baptiste

Dans le folklore: Saint-Jean le Baptiste, saint patron des Canadiens français, est relié à la santé, la guérison tant par la cueillette de ses herbes que par la protection qu’une baignade le 24 juin procure. Il est aussi relié au mariage par ces deux coutumes: une femme qui saute au dessus d’un feu de la Saint-Jean se mariera dans l’année ou encore une célibataire voulant se marier dans l’année y arrivera en contournant neuf feux de la Saint-Jean. Ces feux étaient bénis puis allumés par le curé lui-même et cette coutume remonte au début de la Nouvelle-France. Quand on pense à ce qui attendait les femmes non mariées jusqu’au années 1980, on peut aussi y voir une incarnation de son rôle de protection. 

Iconographie: Tunique de peau de chameau, croix, agneau, parchemin avec des mots, plateau avec sa tête dessus, eau courante.

Usage: Invoquer ce saint pour régler des problèmes de santé, pour une protection dans la vie de tous les jours et pour vous aider à connecter avec vos ancêtres canadiens français (de sang, culturels ou spirituels). 

Sainte-Marguerite

Dans le folklore: On l’invoquait pour aider le travail d’une femme en train d’accoucher. On dit qu’elle a promis à tous ceux.elles qui portaient son scapulaire toute leurs vies qu’il.elle.s ne passerait pas par les flammes de l’enfer ou par le purgatoire. 

Iconographie: Dragon, rameau de martyr, croix. 

Usage: Pour aider avec les grossesses et lors de l’accouchement, peut-être invoquée pour les troubles de la fertilité. Peut être invoquée lors de situations difficiles afin d’en faciliter et d’en hâter le dénouement. 

Saint-Matthieu 

Dans le folklore: Il aidait à faire grossir le trésor de la paroisse. 

Iconographie: Livre, angle, l’image d’un homme. 

Usage: Pour la sécurité financière et pour maintenir un budget. 

Saint-Roch

Dans le folklore: Il vient en aide aux innocents. Avec son chien, il venait en aide aux enfants qui étaient envoyés dans les mines d’or. 

Iconographie: Blessure à la cuisse, un chien offrant du pain, bâton de pèlerin et un chapeau. 

Usage: AIde dans les moments difficiles. 

Sainte-Anne

Dans le folklore: Elle est reconnue comme une grand-mère et une guériseuse. Les Annales de Sainte-Anne de Beaupré avaient le pouvoir de guérir une maladie ou une blessure. Si l’on ne pouvait pas faire le pèlerinage à Beaupré pour recevoir sa bénédiction, un morceau de papier des Annales donnait le même résultat. Un morceau des Annales est un puissant talisman ou amulette protectrice qui protège de la maladie. 

Iconographie: Livre, porte, avec Marie, Jésus ou Joachim, femme habillée en rouge ou en vert. 

Usage: Ce sigil est utilisé de la même manière qu’un morceau d’Annales, pour la guérison et la protection. 


Sigils are not known historically in French Canadian folk magic, but we feel that there is a certain utility to sigils which could come to great use for the Sorcier.ère in their practice. Traditionally, saints’ medallions were used in prayer in the hope of gaining the intercession of those Saintly figures. These medallions would feature the image of the saint and some of their primary iconography. Medallions are most often obtained from religious orders, where they have been blessed by the church for the use by believers. 

But what if you don’t have a medallion? What if there are no sources for medallions on the saint you wish to work with? We at Courir le loup-garou believe that sigilization is a meaningful remedy to this dilemma and can be of great benefit to the Sorcier.ère. 

We have based our approach on the methodology developed by Laura Tempest Zakroff, presented in her book Sigil Witchery. This explains why our results are different from the sigils you may have seen in some more esoteric traditions. If you have not read this book, we highly recommend it.

To begin, we made a list of saints who were regularly mentioned in our readings. We then researched their iconography in the Catholic tradition and noted the images that were most often associated with them.

Then we began to draw what these images inspired in us. At first, our drawings were rather realistic

Saint Mark

Slowly, we simplified the drawings more and more.

Saint Mark

And then we grafted one on top of the other, the different shapes that the iconography of the saints inspired in us. Sometimes the process was relatively simple.

Saint John the Baptist

And sometimes the process was a bit more difficult

This one isn’t even done yet

The acronyms for the saints with whom our relationship is more developed came more quickly. 

Saint Anne

It should be noted that the sigil of Saint Anne was the last one we created that day, when we were already very mentally and spiritually tired. It still came to us very quickly, but we were not able to see that it was « finished » until we had rested.

Sainte-Barbe (and Sainte-Fleur)

In folklore:To make the thunder go away, recite, « Sainte Barbe and Sainte Fleur, you who carried the cross of Our Lord, wherever you go thunder will never strike. » 

Iconographic reference: Three-windowed tower, palm, chalice, lightning and crown of martyrdom. 

Usage: Protection from thunder.

Saint-Marc 

In folklore: In the 8th century, Roman Catholics began the tradition of blessing seeds on April 25th, which took place during the procession of the Major Rogation Day.*

Iconographic reference: Lion, book. 

Usage: Blessing the seed for planting so as to have a good yield.

Saint-Jean le Baptiste

In folklore: Saint-Jean le Baptiste, patron saint of French Canadians, is linked to health and healing through the gathering of his herbs as well as through the protection which swimming on June 24 provides. He is also linked to marriage by these two customs: a woman who jumps over a St-Jean bonfire will get married within the year or a single woman who wants to get married within the year will do so by going around nine St-Jean bonfires. These bonfires were blessed and lit by the priest himself and this custom dates back to the beginning of New France. When we think of what awaited unmarried women until the 1980s, we can also see in it an incarnation of his protective role. 

Iconographic reference: Camel-skin robe, cross, lamb, scroll with words, platter with own head, pouring water.

Usage: Invoke this saint to resolve health problems, for protection in everyday life and to help you connect with your French Canadian ancestors (blood, cultural or spiritual). 

Sainte-Marguerite

In folklore: She was invoked to aid in a mother’s labour. She is said to have promised that all those who throughout their life wore her scapulary, would not pass through the flames of Hell nor Purgatory. 

Iconographic reference: Dragon, martyr’s palm, cross. 

Usage: To help with pregnancies and childbirth, can be invoked for fertility disorders. Can be invoked in difficult situations to facilitate and hasten the outcome. 

Saint-Matthieu 

In folklore: He was said to help grow the parish treasury. 

Iconographic reference: Book, angle, figure of a man. 

Usage: For financial security and help in budget management. 

Saint-Roch

In folklore: He comes to the aid of the innocent. With his dog, he was said to have helped children who were sent into the gold mines.  

Iconographic reference: Wound on thigh, dog offering bread, pilgrim’s staff and hat. 

Usage: For help in troubled times. 

Sainte-Anne

In folklore: She is recognized as a grandmother who is skilled in healing. The Annals of Saint-Anne de Beaupré are believed to have the power to cure illness. If one cannot make the pilgrimage to Beaupré for her blessings, then a piece of paper from the Annals will offer the same result. A piece of the Annals is a power talisman or protective amulet which wards off sickness. 

Iconographic reference: Book, door, with Mary, Jesus or Joachim, woman dressed in red or green. 

Usage: This sigil is used in the same way as a piece of the Annals, for healing and protection. 


Bibliography:

Carmen Roy, Littérature orale en Gaspésie, p. 91

Carmen Roy, Littérature orale en Gaspésie, p. 136

Clin d’œil sur nos traditions | RDAQ | Réseau de diffusion des archives du Québec (banq.qc.ca) 

http://rdaq.banq.qc.ca/expositions_virtuelles/coutumes_culture/juin/st_jean_baptiste/a_propos.html

Le Petit-bonhomme gris

Dans l’escarpement des Sauteux, se prolongeant dans les environs de Gaspé, près de Sainte-Anne-des-Monts, vivait une curieuse créature, un nain, auquel on avait donné le nom de “Petit bonhomme gris”. On racontait que c’était le gardien d’un trésor. Plusieurs bateaux se seraient échoués le long des Sauteux, si bien qu’il y existe de nombreuses légendes à propos de trésors perdus et de tombes anonymes sur ses rives. Selon François Saint-Laurent de La Tourelle (Gaspé), le Petit-bonhomme gris apparaît dans un nuage de fumée et peut être autant petit que grand. Un des cousins de Saint-Laurent est mort noyé dans les Sauteux lors du naufrage de son bateau et y est enterré.  Il soutient que depuis ce temps, plusieurs sons surnaturels peuvent y être entendus. Alfred Saint-Laurent, aussi de La Tourelle, raconte que les Petit bonhomme gris se présentent parfois comme fait de feu et lançant des pierres aux passants. Si quelqu’un tentait de se rapprocher du feu pour en investiguer la nature, celui-ci disparaissait dans un nuage de fumée.

Marius Barbeau fait la comparaison entre le Petit-bonhomme gris et les nains de l’Europe du nord, aussi connus pour posséder des trésors secrets. Le nain Alberich vient à l’esprit avec le Rheingold qu’il garde caché. Nous croyons que plusieurs colons de l’Acadie venant de la Normandie ou de la Picardie auraient pu amener ces légendes de petits esprits gardiens de trésors avec eux. Il est aussi possible qu’il y avait déjà des créatures indigènes qui protégeaient ces endroits et, avec le temps, ont fini par être vues par la lentille européennes. Nous ne connaîtrons jamais avec certitude l’origine de ces Petits bonhomme gris, mais nous savons que leur présence dans les Sauteux a laissé une marque sur les Gaspésiens.ennes. 

Chasser les trésors cachés ou enfouis était une activité bien connue dans ce coin de pays, à cette époque et c’était aussi très commun dans les Appalaches. Selon les Anecdotes, François Saint-Laurent raconte qu’il y avait un trésor caché dans la Chunée. Dans la nuit du 1ier novembre au 2 novembre, le Soir des morts, on disait que l’on pouvait voir des lumières au loin, indiquant la présence d’un trésor. Il était nécessaire d’avoir une médrole, un genre de double bâton de sourcier avec deux manches dont les extrémités plaquées de cuivre se balançaient en direction du trésor. Lorsque la médrole pointait vers le sol c’est à cet endroit que le trésor est enfoui. 

C’était exactement ce genre de trésor que les Petit-bonhommes gris protégeait contre les chasseurs de trésor improvisés. Toutefois, si on est assez courageux, ou imprudent, pour utiliser une médrole le Soir des morts, il est possible que ce voyage mène un.e sorcier.ère face à face avec ces gardiens. Il serait donc prudent de se protéger contre la pluie de pierres qui est lancée dans notre direction, métaphoriquement ou non.

Bibliographie:

Barbeau, C.-Marius. “Anecdotes Populaires Du Canada. Première Série.” The journal of American Folklore 33, no. 129 (July 1, 1920)

Attribution de l’image d’en-tête :

Rudolf Koivu, Public domain, via Wikimedia Commons


The Petit-bonhomme gris

In the Sauteux escarpment, which stretch out to the Gaspé near today’s Saint-Anne-Des-Monts, there lives a curious creature, referred to as a nain (gnome) called Le “Petit-bonhomme gris” who is said to guard buried treasure. There are report of many ships which have sank along the Sauteux and as a result, there are folk legends which speak of lost treasures and unmarked graves throughout the Sauteux. According to François Saint-Laurent of La Tourelle (Gaspé) the Petit-bonhomme gris is a being which appears in a puff of smoke, and can be sometimes big and sometimes small. Saint-Laurent stated that he had a cousin who died in the Sauteux in a shipwreck and is buried in that place. He said that since that time, many supernatural things are heard there.  Alfred Saint-Laurent, also of La Tourelle, said that they could be seen as a being made of fire who would hurl stones (at passers-by). If someone went up to see this fire, when you got close to it, it disappeared in a puff of smoke. 

Marius Barbeau made the comparison between this Petit-bonhomme gris and the dwarves of Northern Europe, who are known to harbor secret treasures. The dwarf Alberich comes to mind with his hidden Rheingold – based on the Nibelungenlied featuring the hero Siegfried. It is our speculation that the many settlers of Acadia who came from Normandy and Picardy could have brought legends of these little treasure-guarding spirits with them. It is also quite possible that there were already indigenous beings who also protected these locations and over time came to be viewed through the European lens. We will never know the truth of the origin of these Petit-bonhomme gris, but what we do know is their presence in the Sauteux have left their mark on the people of Gaspé. 

Finding buried or hidden treasure was a well known activity in the region in that time, which was also quite common in the Appalachian mountains as well. According to the anecdotes, Francois Saint-Laurent related that there was a hidden treasure of Chunée. On the night of the 1st to the 2nd of November – Le Soir des morts (Night of the Dead) – it was said that one could see lights in the distance which pointed to hidden money (coins). It was necessary to have a médrole which were two dowsing-style rods, with two handles. The tips of which would be plated in copper and would sway in the direction of the treasure. When they bend downwards, they are at the sight of the buried treasure.

It was exactly this kind of treasure that the Petit-bonhommes gris would be protecting from would-be treasure hunters. Therefore, if one is brave enough – or foolish enough to use their médrole and head out on the Soir des morts – it is very possible that this voyage would bring the Sorcier.ère face-to-face with these guardians. It would then be prudent to shield oneself from the onslaught of stones hurled their way. 

Bibliography:

Barbeau, C.-Marius. “Anecdotes Populaires Du Canada. Première Série.” The journal of American Folklore 33, no. 129 (July 1, 1920)

Header image attribution:

Rudolf Koivu, Public domain, via Wikimedia Commons

AMA ⧣ 1 : Réponses aux questions

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Question 1: Contes favories de Morrigane et Erik 

Le conte populaire préféré d’Erik : Si je devais choisir un conte favori de tous les temps, ce serait probablement La Petite capuche bleue qui a été enregistré par Marius Barbeau auprès du conteur Achille Fournier en 1915. M. Fournier, de Kamouraska, l’avait appris de Jérémie Ouellet de la même région. Ces deux conteurs étaient connus pour échanger des histoires pendant de nombreuses années. Ce que j’aime de ce conte, c’est le personnage central de la Petite capuche bleue, une farceuse qui veut faire de la vie des protagonistes – Ti-Jean, Brise-Montagne et Brise-Bois – un… cauchemar. Le but du voyage entrepris par Ti-Jean est, bien sûr, de sauver une belle princesse d’un monde souterrain. La Petite capuche bleue est tuée et ressuscite deux fois. Elle interfère dans la préparation de la soupe aux pois… ce qui est un sacrilège dans la culture canadienne-française. Surtout, nous voyons apparaître l’Aigle, qui emmène Ti-Jean hors de le donjon souterrain, en sécurité, avec la princesse. Pour moi, ce conte populaire a tout ce qu’il faut pour être un récit agréable et captivant, plein de mystère et de magie. 

Le conte populaire préféré de Morrigane: Ma légende favorite est sans hésitation “Rose Latulipe” aussi connu sous le nom de “le Diable à la danse”. Il existe des dizaines de variations de cette légende, mais les grandes lignes sont toujours les même: une jeune femme devant se marier danse à une fête qui a lieu la soirée du Mardi gras (parfois simplement un samedi). Le curé à autoriser cette fête à condition qu’elle se termine avant minuit car à minuit commence le Carême (ou le Jour de Dieu). Au milieu de la soirée, un bel inconnu arrive à la fête. Il se met à danser avec la jeune fille. Quand minuit sonne, la jeune fille ne peut arrêter de danser plus que les musiciens ne sont capables d’arrêter de jouer. Le danseur est démasqué comme étant le Diable (ou se révèle lui-même) et disparaît avec la jeune fille. Parfois il emporte toute la maisonnée, parfois il part sans emporter qui que ce soit, mais la jeune fille vieillit de plusieurs décennies en une seule nuit. Il arrive aussi qu’on le démasque et qu’on le chasse avant qu’il ne puisse forcer la fête à se prolonger. Ce que j’aime le plus dans ce conte, c’est combien on retrouve de folklore dans les détails de diverses versions. Parfois un bébé pleure à toute les fois que le danseur passe devant lui, le cheval du danseur est toujours noir et parfois la neige fond autour de ses sabots, parfois on voit les pieds fourchus du danseur lorsque son pantalon se soulève en dansant. Ce sont tous des moyens de reconnaître le Diable que l’on retrouve dans plusieurs ouvrages sur le folklore. Lorsqu’il est démasqué avant d’avoir pu réussir son dessein, c’est souvent par une grand-mère. Parfois elle avertit le pauvre fiancé qui est bien peiné de voir sa future épouse danser toute la soirée avec un autre homme, mais le plus souvent, elle agit seule. Elle sait ce qu’elle a à faire et elle sait qu’on ne la croira probablement pas. Elle peut lui demander de réciter une prière ou de boire un verre d’alcool dans lequel elle a versé de l’eau bénite, entre autres. Si le Diable est ainsi déjoué, il disparaît soit en se sautant sur son cheval qui peut entrer directement dans le sol pour le ramener en enfer, un motif que l’on retrouve aussi dans le folklore du Diable bâtisseur, ou encore il peut disparaître dans un nuage de fumée en laissant derrière lui une odeur de soufre. Mes versions favorites sont celles où ce sont les pleurs du bébé que la grand-mère tient dans ses bras qui mettent la puce à l’oreille de cette dernière. Le savoir instinctif du début de la vie qui est décodée par la sagesse de l’aĝe me plait particulièrement. 

Question 2: Les Dames fées et les créatures blanches:

Nous pensons que quand vous parlez des Dames Fées, vous faites référence à l’atelier d’Erik qu’on peut entendre ici (en anglais seulement). Nous profitons de ce moment pour clarifier un point: les dames fées dont Erik parle lors de son atelier sont les fées que l’on retrouve dans les contes et non pas dans les anecdotes/folklore. Les contes récités par les conteurs lors des soirées regorgeaient de fées et de sorcières, deux termes souvent interchangeables dans les contes. Les habitants du Canada français ne rencontraient pas souvent de fées “dans la vraie vie”. Nous avons recensé certaines de ces occasions dans cet article. Les contes et les anecdotes sont aussi importants l’un que l’autre. Les anecdotes nous donnent des pratiques traditionnelles qui étaient testées et utilisées par différents individus alors que les contes nous donnent une fenêtre sur la vision que les Canadiens français avaient du monde. Ceci se reflète aussi dans la Sorcellerie. La majorité des sortilèges et une bonne partie des traditions proviennent des anecdotes, mais le contexte dans lequel on les place et aussi la direction que prends notre exploration est tributaire des contes.   

La question portait aussi sur l’importance/la signification de la couleur blanche. Cette portion de la question nous a inspiré une série sur les couleurs dans la Sorcellerie, alors une réponse plus détaillée viendra, mais nous voulions quand même donner les grandes lignes. La couleur blanche a effectivement une grande importance dans les contes. Elle indique la nature surnaturelle du personnage. Ce n’est pas la seule couleur qui indique le merveilleux , mais c’est la plus courante. Les créatures blanches sont généralement bienveillantes et aident le protagoniste. Elle indique aussi la transformation et la protection.  Tomber par hasard sur une créature blanche, surtout quand elle n’est pas à sa place, peut être un message ou une expérience spirituelle. Il nous est impossible de répondre en toute certitude si oui ou non la créature rencontrée par l’auteur de la question était magique, mais nous l’encourageons à faire confiance à son instinct et aux impressions qu’elle a eu au moment de la rencontre. Si c’était nous, nous essayerions d’entrer en contact avec cette créature à nouveau pour voir si une relation avec elle pourrait émerger de cette expérience. 


At the Devil’s ball, music sheet, 1915

AMA ⧣ 1 : Answers to questions

Question 1: Morrigane and Erik’s favorite folktales 

Erik’s favorite folktale: If I had to choose an all time favorite folktale it would probably be La Petite capuche bleu (The Little Blue-Bonnet) which was recorded by Marius Barbeau from the conteur Achille Fournier in 1915, from Kamouraska, who learned it from Jérémie Ouellet from the same region. These two conteurs were known to exchange stories over many years. What I like about it is the central character of the Petite capuche bleu, who is a meddlesome trickster bent on making the lives of the protagonists – Ti-Jean, Brise-Montagne and Brise-Bois – a… nightmare. The purpose of the voyage undertaken by Ti-Jean is to – of course – save a beautiful princess from a subterranean keep. The Petite capuche bleu is slain and comes back to life twice, she interferes with the making of pea soup… which is sacrilegious to do in French Canadian culture and  most excitingly we see l’Aigle (the Eagle) make an appearance, who takes Ti-Jean up out of the subterranean layer and to safety with the princess. For me, this folktale hits all the right notes for a pleasant and engaging tale full of mystery and magic. 

Morrigane’s favorite folktale: My favourite legend is without hesitation “Rose Latulipe” also known as “The Devil at the danse” no less than ten versions of this legend exist but the gist of it is : A young woman, who’s supposed to be married soon, dances at a party on the eve of Mardi gras (or simply on a Saturday evening). The local priest agreed to this party on the condition that it would end before midnight, because that’s when Lent begins (or Sunday). A beautiful stranger arrives at the dance sometime in the evening and dances only with the young woman. When the clock rings midnight the young lady isn’t able to stop dancing any more than the musicians can stop playing their instruments. The beautiful stranger is discovered or reveals himself as the Devil and he disappears with the young woman. Other times he disappears with all the people at the party and sometimes he doesn’t abduct anyone, but the lady ages decades in one night. Sometimes he is discovered earlier and his plans are foiled. The thing I like most about this legend is how much folklore is hidden in all its variations. Sometimes a baby cries each time the stranger gets close to them, his horse is always black and sometimes the snow melts arounds his hooves, sometimes the pants of the dancer gives a glimpse of a cloven hoof when it moves while dancing. All of these are well established ways to unmask the Devil. If the Devil is uncovered before he has reached his goal, it’s often by a grandmother. Sometimes she warns the woman’s fiancee, who was really sad to see his wife-to-be dance with another man all evening, but most of the time she acts alone. She knows what she has to do and she knows no one will believe her. She might ask the Devil to recite a prayer or she might give him a drink laced with blessed water. If the Devil is discovered, he will flee. Sometimes he jumps on his horse and disappears toHell as the earth opens before him, a regular motif in the “building devil” legends, or he might disappear in a cloud of smoke leaving behind him a sulphurous smell. My favorite versions are those where the grandmother realises what is happening because of the baby she’s holding in her arms. The instinctive knowledge of the beginning of life being decoded by the wisdom and experience of old age speaks to me. 

Question 2: Dames fées and white animals

We think that when you are inquiring about the Dames Fées, you are referring to Erik’s workshop that can be heard here. We would like to take this opportunity to clarify one point: the dames fées which Erik discusses in his workshop are the fairies that are found in the folktales, and not those found in the anecdotes/folklore. The contes told by the storytellers at parties were chock-full of fairies and witches, two terms which are often used interchangeably in stories. People in French Canada did not often encounter fairies “in real life”. We have identified some of these occasions in this article. Folktales and anecdotes are equally important. The anecdotes give us traditional practices that were tried and used by different individuals while the stories give us a window into the worldview of French Canadians. This is also reflected in Witchcraft. Most of the spells and much of the lore come from the anecdotes, but the context in which they are placed and the direction our exploration takes is dependent on the contes.   

The question also asked about the importance/meaning of the colour white. This portion of the question inspired us to do a series on colors in Sorcellerie, so a more detailed answer will come, but we wanted to give the broad strokes here anyway. The colour white does have great importance in storytelling. It indicates the supernatural nature of the character. It is not the only colour that indicates the enchanted, but it is the most common. White creatures are usually benevolent and help the protagonist. It also indicates transformation and protection. Stumbling upon a white creature, especially when it is out of place, can be a message or a spiritual experience. It is impossible for us to answer with any certainty whether or not the creature the seeker encountered was magical, but we encourage them to trust their instincts and the impressions they got at the time of the encounter. If it were us, we would try to make contact with that creature again to see if a relationship with it could emerge from that experience. 

Image attribution: Berlin, Irving, Public domain, via Wikimedia Commons

La Roche en feu

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La Saint-Jean dernière, lors de notre ceuillette annuelle, nous avons eu la chance inestimable qu’un lieu sacré se révèle à nous.

Cueillette des herbes 

Nous nous sommes rencontrés juste un peu avant l’aube à notre endroit habituel pour une petite marche en forêt. Nous avions notre équipement prêt: notre ciseaux dédié à la cueillette des herbes de Saint-Jean, quelques sacs ainsi que nos offrandes. Cette année nous avions du tabac local, de la bière d’épinette et une pomme. Des moustiques nous accompagnaient pour faire un festin, heureusement nous étions trop concentrés sur notre tâche pour vraiment nous en soucier, mais nous avons tout de même amené avec nous le chasse-moustique sacré. 

Offrande initale

La première herbe que nous avons rencontrée fut l’armoise, avant même que nous ayons fait notre offrande à l’esprit de la Montagne et l’esprit des Herbes. Nous avons offert à la magnifique armoise un peu de tabac (N. rustica qu’Erik a cultivé lui-même) et en quelques coups de ciseaux, nous l’avons ajouté à notre sac. En quelques minutes nous sommes arrivés à une petite alcôve, là où nous faisons généralement nos offrandes. Nous présumons que cette alcôve fut jadis dédiée à Jésus ou à Marie, mais elle a été vandalisée il y a bien longtemps et est maintenant vide. À cet endroit nous avons laissé nos offrandes (pomme, bière d’épinette et tabac) à l’esprit de la Montagne, car au sommet de la montagne dans laquelle serpente notre sentier, se trouve un “champ du Diable” selon la légende locale. De la même manière, nous avons fait nos offrandes aux esprits des Herbes que nous allions récolter en cette Saint-Jean. Nous avons ensuite continué notre voyage,  faisant nos offrandes à et récoltant nos plantes: le tussilage, le mélilot, l’utriculaire vulgaire, le pantin, et le trèfle rouge.

Lecture de carte au lever du soleil

À l’aube, mais avant le lever du soleil, nous nous sommes arrêtés près d’une grosse pierre . Erik, ayant un jeu de cartes sur lui, a suggéré que c’était un moment opportun pour une lecture divinatoire à la manière de Richard. 

La bouteille!

Après que l’offrande de remerciement ait été faite, nous nous sommes dirigés vers le stationnement. Je me suis aperçue que j’avais laissé la bouteille qui contenait la bière d’épinette au pied de l’alcôve. Au moment même où j’ai réalisé cet oubli, jai su qu’il était impératif de retourner la chercher. Mon esprit rationnel me disait que polluer, encore plus un lieu sacré, c’est mal, mais mon émotif était dans l’urgence. Il *fallait* que je revienne sur mes pas. En arrivant près de l’alcôve, Erik s’est dirigé vers un point au delà de notre arrêt régulier en me demandant si j’avais vu la roche. Je ne voyais pas encore de quoi il parlait, mais après avoir fait quelques pas de plus, elle est apparue. La roche en question, sous les rayons du soleil levant, semblait incandescente, comme si elle possédait son propre feu. 

Roche en feu

Moins de cinq minutes avant, il n’y avait rien de spécial à cet endroit. Cinq minutes plus tard, bien que la roche soit encore éclairée par les rayons du soleil, son incandescence avait disparue. 

Ce phénomène devrait se reproduire à chaque année, car il se produit au moment où le soleil passe juste au-dessus de l’horizon.

C’était clair pour nous deux que de découvrir cet endroit de cette façon n’était pas le fruit du hasard. Nous avons eu l’impression qu’on nous avait appelé à cet endroit. Cette pierre, à deux pas de notre alcôve, voulait attirer notre attention, nous signifier qu’elle était là elle aussi.

Pour plus de photos et un vidéo, cliquez sur l’icône Instagram dans l’entête du blog.


The Burning Stone

Last St. Jean we had the chance of having a sacred site reveal it’s existence to us.

Meet-up for herb gathering

We met up a few hours before the crack of dawn at our usual herb gathering spot, which is a quaint little walkabout along a forest path. We had all our equipment at hand, dedicated herb scissors, a couple of bags and offerings consisting of: spruce beer, homegrown tobacco and an apple. There were many mosquitos which came along for a feast, luckily we were too focused on the task at hand to worry about them… but we still brought the mandatory sacred bug spray. 

Initial offering

The first herb we came to was Mugwort before we made our initial offering to the Spirit of the Mountain and the Spirits of the Herbs. Not passing up the opportunity to harvest the beautiful Mugwort, we offered her some tobacco (N. rustica, which Erik grew) and with a snip of the dedicated scissors, we added her to the bag. Back to the initial offering before we engaged on this voyage , coming to the little alcove at the entrance of the trail – which we presume used to house an icon to either Jesus or Mary, but has since been vandalized. Here in this place, we gave an apple and tobacco to the Spirit of the Mountain as this trail is at the foot of a mountain, renowned in local legend for having a “Devil’s Field” at its summit. Likewise, we offered to the Spirit of the Herbs, of whichever will give themselves over to us this St. Jean. After this initial offering we continued on our voyage, encountering, offering to and harvesting: Colt’s foot, Sweet Clover, Wild Peas, Bladderwort, Plantain, Red Clover to accompany the initial Mugwort.

As the sun began to light up the horizon, dawn but not sunrise, we came to a large boulder. Erik having a deck of cards suggested that this would be an opportune time to take a divination reading (à la manière de Richard – which is our customary method).

The BOTTLE!

After the thank you offering was made, we headed to the parking lot. I realized that I had left the bottle containing the spruce beer at the foot of the alcove. The moment I realized this, I knew it was imperative to go back and get it. My rational mind told me that polluting, let alone a sacred site, is wrong, but my emotional one was in a hurry. I *had* to retrace my steps. As we got near the alcove, Erik walked over to a point beyond our regular stop and asked if I had seen the rock. I still couldn’t see what he was talking about, but after taking a few more steps, it appeared. The rock in question, under the rays of the rising sun, seemed to glow, as if it had its very own fire. 

Burning Stone

Less than five minutes before, there was nothing special about this spot. Five minutes later, although the rock was still lit by the sun’s rays, its incandescence had disappeared. 

This phenomenon should take place every year, because it happens when the sun passes just above the horizon.

It was clear to both of us that discovering this place in this way was no accident. We had the impression that we had been called to this place. This stone, two steps away from our alcove, wanted to attract our attention, to let us know that it was there too. 

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Histoire des cartes (Bonus!)

English will follow

Nous avons pensé que ce serait intéressant d’avoir un exemple de tirage poru rendre les quatre derniers articles un peu plus concrets.

La question était: est-ce que je vais obtenir l’emploi que je convoite.

J’ai brassé les cartes et coupé le paquet en trois puis j’ai retourné la première carte

Pas si mal comme tirage, au moins je n’ai pas de pique . La première chose que j’ai reconnue c’est que le Valet était moi, qu’il se trouvait au début de tout et que c’était le Valet de trèfle, généralement lié à la chance. J’ai décidé de prendre une photo avant de continuer mon interprétation et…

Le vent s’est levé et à carrément retourné la première carte du paquet de droite. Cette carte voulait de toute évidence être lue. En replaçant le dit paquet, la dernière carte de ce dernier est tombée, face vers moi. Et alors elles furent cinq.

Un tirage à cinq cartes est un peu plus compliqué. À première vue, les cartes semblaient être encore en ma faveur, peut-être même encore plus. Le 9 est la carte du chaos, mais comme elle est en coeur et que le 8 l’est aussi, il semble que ce sera un chaos positif. J’ai étendu un peu ma lecture du Valet à « Le Valet, c’est moi, c’est une indication d’Arrêter de douter de mes capacités et de pousser pour forcer les événements. Il indique peut-être aussi que j’aurai à faire respecter mes limites dans mon emploi présent ».

J’ai arrêté mon interprétation à ce moment là, car j’avais peur de biaiser la lecture avec ce que je voulais que les cartes disent et j’ai demandé à Erik de prendre la relève.

Il a séparé son interprétation en deux parties, à des fins pédagogiques 😉 . Sa lecture du premier tirage fut: « Tu auras du succès grace à toutes les énergies que tu as investi dans ta carrière. Ta famille sera un support constant pendant tout le processus ». Sa lecture du tirage avec les cinq cartes: « Tu auras du succès d’une manière dont tu ne t’attends pas, grâce aux efforts que tu as mis dans ta carrière. Tu devras persévérer devant certains obstacles, mais souviens toi toujours que tes amis et ta famille sont toujours là pour t’offrir le support dont tu as besoin pour triomphé ».

On peut voir que le message de base reste le même entre les deux versions du tirage, mais le deuxième ajoute des éléments vraiment pertinent. L’ajout du 9 particulièrement m’averti qu’il y aura des écueils et que parfois, j’aurai l’impression que les choses ne vont pas dans la bonne direction, mais que je dois garder le cap. Le 8 insiste sur le fais que je dois me reposer sur le support de ma famille et mes amisafin de naviguer les moments les plus tumultueux. Ce qui n’est pas facile à faire pour moi #capricorn.

Comme je connais un peu mieux les détails de ma situation qu’Erik et que je n’ai plus autant peur de biaiser la lecture, je peux donc ajouter que le 2 me semble vouloir dire que ce qui m’aidera à obtenir cet emploi, c’est qui je suis profondément, avec mes valeurs, mes qualités et mes défauts. J’ose espérer que ça indique que cet emploi sera un endroit où on valorisera ma contribution et où je serai un « bon fit ».


We thought it would be interesting to have a sample reading to make the last four articles a little more concrete.


The question was: Will I get the job I want?


I shuffled the cards and cut the deck into thirds and turned over the first card.

Not a bad draw, at least I don’t have any spades. The first thing I recognized was that the Jack was me, that it was at the beginning of everything and that it was the Jack of clubs, usually related to luck. I decided to take a picture before continuing my interpretation and…

The wind picked up and squarely flipped the first card in the right pile. This card obviously wanted to be read. As I readjusted said pile, the last card in the pile fell, face up to me. And then they were five.

A five-card draw is a bit more complicated. At first glance, the cards still seemed to be in my favor, perhaps even more so. The 9 is the chaos card, but since it is in the heart and the 8 is too, it looks like it will be positive chaos. I expanded my reading of the Jack a bit to « The Jack is me, this is an indication to Stop doubting my abilities and pushing to force events. It also may indicate that I will have to ensure my boundaries are respected in my current job. »

I stopped my interpretation at this point, as I was afraid of skewing the reading with what I wanted the cards to say and asked Erik to take over.

He split his interpretation into two parts, for educational purposes 😉 . His reading of the first draw was, « You will be successful because of all the energy you have invested in your career. Your family will be a constant support throughout the process. His interpretation of the five-card reading was: « You will be successful in a way you did not expect, because of the effort you have put into your career. You will have to persevere in the face of some obstacles, but always remember that your friends and family are always there to offer you the support you need to triumph. »

You can see that the basic message remains the same between the two versions of the reading, but the second one adds some really relevant factors. The addition of the 9 especially warns me that there will be pitfalls and that sometimes I will feel like things are not going in the right direction, but that I need to stay the course. The 8 insists that I rely on the support of my family and friends to navigate the more tumultuous moments. Which is not easy for me to do #capricorn.

Since I know the details of my situation a little better than Erik and I’m not as afraid of skewing the reading anymore, I can therefore add that 2 seems to me to mean that what will help me get this job is who I am deep down inside, with my values, qualities, and flaws. I would hope that this indicates that this job will be a place where my contribution will be valued and I will be a « good fit. »

Crédit image entête / Header image credit: Ivan Vladimirov, Public domain, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (4 de 4)

English will follow

Dans ce texte, on réfère à la personne qui lit les cartes comme le.a “lecteur.ice” et la personne qui pose la question au lecteur.ice comme le.a “client.e”.

Matériel: Un jeu de 52 cartes dont on a retiré les deux jokers. Le jeu utilisé est au choix du.de la lecteur.ice. Neuf, usé, Bicycle traditionnel ou un jeu sophistiqué, cela n’a pas d’importance tant qu’il vous parle… ou qu’il dépanne au moment où vous en avez besoin.

Le client.e est assis.e en face de la lecteur.ice. 

La question: Le.a client.e pose sa question. Plus la question est pointue, plus précis sera le tirage. Les questions de “guidance générale” devraient être évitées, car selon notre expérience, elles ne se prêtent pas bien à cette méthode. Exemple: “Est-ce que je vais obtenir la promotion que je convoite? ».

Le battage des cartes: Le.a lecteur.ice donne le jeu de carte au.à la client.e qui battra les cartes pour le temps qui semble lui convenir.

Couper les cartes: Le.a lecteur.ice coupe le paquet de cartes en trois, cinq ou sept plus petits paquets, face vers le bas, selon les recommandations de.de la lecteur.ice.

Pige: Le.a lecteur.ice retourne la carte se trouvant sur le dessus de chaque pile. Trois, cinq ou sept cartes seront donc face vers le haut. 

Lecture: La lecture commence une fois que toutes les cartes ont été révélées, en partant de la gauche vers la droite du.de la lecteur.ice. La première carte sera lue en relation avec la deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que le message soit révélé. Il est aussi possible que la carte “centrale” ne soit pas la première révélée, si c’est le cas, toutes les autres cartes doivent être lues en relation avec celle-ci. C’est le.la lecteur.ice qui déterminera si c’est le cas par ses interactions avec le.la client.e.

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Suites: Le système ne donne pas de signification différente d’une suite à l’autre, il est cependant possible pour le lecteur de les utiliser dans ses lectures. Par exemple, si une majorité de cœur est tirée, il est possible que l’amour ou l’amitié joue un rôle important et les cartes pourraient être interprétées sous cet angle ou encore, le trèfle peut être associé à la chance. Le pique a généralement une connotation négative, ce qui pourrait aussi influencer l’interprétation de la carte ou de la lecture complète si cette suite domine. 

Cartes spéciales: L’as et le 2 de pique sont toutes les deux considérées comme les cartes du DIable. Cependant, l’as de pique est aussi associé aux rêves divinatoires et pourrait être interprété comme une prémonition par rapport aux cartes l’entourant. Le 2 de pique est le Diable personnifié. Ces deux cartes devraient avoir une prédominante dans une lecture. 

Carte de clarification: Si après l’interprétation de toutes les cartes, le message est encore nébuleux, le.a lecteur.ice peut demander au.à la client.e de reprendre toutes les cartes encore face contre terre et de couper ce jeu en deux. Le.a client.e révélera alors au.à la lecteur.ice la dernière carte du paquet du dessus.

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Carte volante: Si une carte tombe du paquet à n’importe quel moment (brassage, coupe ou révélation), cette carte deviendra centrale dans la lecture. Toutes les cartes sont interprétées en relation avec celle-ci. Cette carte est supplémentaire au tirage de trois, cinq ou sept et ne remplace aucune d’entre elles.


Reading cards in the manner of Richard

Set-up: Use a deck of 52 playing cards  – ensuring that the Jokers are removed. The deck may be of the reader’s choosing (new, old, traditional Bicycle or fancy one, it doesn’t matter as long as it speaks to you. Or is convenient at the moment).  The reader and the seeker will sit opposite, facing each other.

The seeker sits facing the reader.

The Question: The seeker will ask a question to the reader. The more narrow the question, the more precise the reading will be. General readings are to be avoided as in our own experience, these don’t lend well to this method. Example: “Will I get my promotion at work?”

Shuffle: The reader will hand the deck to the seeker so that they may shuffle the deck to their heart’s content.

Cut: The seeker will then, under the guidance of the reader, cut the deck into either three, five or seven packets.

Draw: The reader will then reveal the top card of the packet to their far left (the far right of the seeker), this will be followed by the next card to the right and so on until all three, five or seven cards are revealed.

Reading: The reading begins once all cards have been revealed, from left to right as per the reader’s perspective. The reading will start with the first card, which will then be “read into” the next and so on until each card revealed adds a dimension to the oracular narrative. It is possible that the “central” card to the narrative is not the first one revealed and, in such a case the other cards will be in relation to it. The reader will make this determination in their interactions with the seeker.  

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Suits: the system does not take into consideration the differentiation from one suit to the other, it is however possible for the reader to use these throughout their reading. For example, if the majority of the cards drawn are hearts, it is possible that love or friendship plays an important role and the cards can be interpreted from that angle. Clubs may also indicate aspects of luck. Spades generally have a negative connotation, which could also influence the interpretation of the card or the reading as a whole if that suit dominates. 

Special cards: The ace and two of spades are both considered the Devil’s cards, however the ace of spades is primarily associated with divinatory dreams and as such can be read as a premonition in relation to the cards surrounding it. Whereas the two are specifically the Devil Himself. These two cards should have a predominant role in the reading. 

Clarification card: If further clarification is needed in order to tie the reading together, the seeker may be asked by the reader to cut the main deck and reveal the card from the underside of the top packet.

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Stray card: If a card strays from the deck at any time (during shuffling, cutting or revealing) that card becomes the central card to the oracular narrative. All other cards are interpreted in relation to it. This card is supplemental to the drawn three, five or seven cards and not a substitution for any of the cards revealed. 

Crédit image / Image credit: Takkk, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&gt;, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (3 de 4)

English follows

TW: Mention de rôles traditionnels féminins et masculins dans un contexte catholique.

Dans cette partie, nous vous partagerons les significations que nous avons assignées aux cartes figures. Nous allons discuter comment tirer les cartes à la manière de Richard dans le prochain billet.

Le Valet, tout comme le 9, n’a pas de signification dans l’Histoire des cartes. Cependant, il est possible de déduire que cette carte peut être reliée au protagoniste ou au héros, en le mettant en relation avec le Roi et la Reine. Ce lien sera exploré plus bas. Le Valet, tout comme le héros des contes, semble être la bonne carte pour révéler les traits du fameux Ti-Jean. En anglais, le Valet se nomme “the Jack”, un diminutif de John, qui est le nom traduit de Jean. Les deux nous semblent donc reliés. 

Le valet est la carte du soi. Elle représente notre influence personnelle sur nos circonstances. Elle peut parler de notre perception ou de l’effet que notre personnalité a sur les acteurs d’une situation. Le valet peut aussi représenter le besoin de se faire grand, de cesser d’être ce que les autres veulent que nous soyons. C’est la carte qui demande qu’on accepte qui nous sommes, défauts et qualités, sans essayer de changer notre essence. C’est la carte qui demande que l’on prenne la responsabilité de nos actions. C’est aussi la carte qui demande de poser ses limites personnelles et de les faire respecter. 

Les deux cartes suivantes, ainsi qu’une partie de la carte spéciale, sont basées sur les idées du temps de ce qu’était une femme et un homme. Ces concepts peuvent s’appliquer à toute personne, sans égard à leur genre, mais sont présentés ici dans leur contexte historique. 

La Reine représente, selon Richard, la Reine des cieux. Dans un cadre catholique, cette dernière serait Marie, la mère de Jésus. Cependant, comme cette Reine n’est pas spécifiquement nommée, on peut plutôt y voir ici une représentation d’une énergie maternelle ou le pouvoir du féminin sacré.  

La Reine est la carte de l’énergie divine féminine. Elle représente toute la sphère des émotions qui ont été historiquement attribuées aux femmes, mais qui se trouvent à l’intérieur de chacun sans égard à son genre. C’est la carte de la douceur, de l’attention aux autres, de l’amour maternel. C’est la carte du sacrifice de son corps, de son temps et de sa santé. Elle signifie le besoin de douceur, d’amour et de sécurité pour soi ou pour ceux qui comptent sur nous. Elle peut aussi représenter un don de soi trop grand, sans égard à nos limites. 

Le Roi représente le divin masculin. Richard nous parle d’un seul roi à qui il doit son existence, une référence claire à Jésus dans un contexte catholique. Cependant, on peut étendre cette métaphore au droit divin de régner des rois. 

Le Roi représente le domaine de la masculinité, qui dans un contexte historique serait vu comme la domination, les règles, la loi et l’ordre. À ceci pourrait être ajouté les traits paternels auxquels on peut s’attendre de l’image du père. Ce Roi, encore dans la tête de Richard, est responsable de subvenir aux besoins de sa famille et est un protecteur. Quand cette carte apparaît dans un tirage, elle devrait être interprétée comme le moyen de révéler et d’imposer au monde son pouvoir personnel. Si le Valet parle d’exploits héroïques et de se découvrir soi-même, le Roi est un seigneur établi qui a peut-être tué un dragon dans sa jeunesse, mais qui est maintenant assis confortablement sur le trône qu’il a mérité. Il est important de se rappeler que chaque monarque a ses heures de gloire, mais ne gardera pas son domaine éternellement. 

L’As représente, toujours selon Richard, qu’il n’y a “qu’un seul et vrai dieu à qui il doit sa présence”*. Ceci est clairement une notion catholique et/ou monothéiste, mais en explorant le contexte divin plus largement, nous pouvons interpréter l’As comme la carte de la divinité. Ceci n’est pas la même chose que le féminin ou le masculin divin, mais le Divin simple et inclusif. Il se tient en dehors du concept désuet de la binarité des genres.  

Les As sont les gardiens de la magie. Ils peuvent indiquer le besoin d’une aide supérieure au mondain ou une influence spirituelle dans une situation donnée. Les as peuvent aussi faire référence à la magie que nous portons tous en nous, nous rappelant que nous sommes capables de plus que ce que l’on pourrait s’attendre de nous. Nous sommes capables de repousser les limites du réel. Peut-être est-il temps d’utiliser ce pouvoir ou peut-être est-ce le temps de le mettre au repos. 

Carte spéciale: l’As de pique 

L’As de pique était utilisé par de jeunes femmes pour découvrir l’identité de leur futur époux. Elle plaçait alors cette carte sous son oreiller lorsqu’elle allait se coucher pour rêver du jeune homme en question. Aussi, pour obtenir le même résultat, elle pouvait placer les quatre as sur son ventre avant d’aller au lit (Desruisseaux, 1976). Tout comme le 2 de pique, l’As de pique est considéré comme la carte du Diable (voir paragraphe sur le 2)

L’As peut aussi vous assister dans d’autres types de divinations pour lui donner un “oomph” supplémentaire. 

*cette phrase a été rapportée fidèlement du texte d’origine, mais elle comporte une faute. « Dieu » devrait prendre une majuscule.


TW: Mention of traditional female and male roles in a Catholic context.

In this part we will share with you the meanings which we have attributed to the face cards, in the next post we will discuss the how we can read the cards in the manner of Richard.

The Jack – as with the 9 – does not have a representation in the Story of the Cards due to an apparent lacugna. However, it is not impossible to intuit that this card may have been related to some aspect of the protagonist or hero. This is in relation to the Queen and King cards – which will become more apparent below. The Jack, similar to the valiant hero in the contes seems a good fit for a card revealing all the traits of the famed Ti-Jean. As Jack is a common diminutive of John (or Jean), it speaks to reason that they would be related in some way.

The Jack is the card of the self. It represents the personal influence we have on our own circumstances. It speaks to our perceptions or the effect our personality has on those who are driving a situation. The Jack can also represent the need to make one’s self “big”, to quit being who others want us to be. It is the card that demands that we accept ourselves, all our pros and cons without compromising our essence. It is the card that requires that we take responsibility for our actions. It is also the card that asks us to set our limitations and demand respect.

The following two cards, as well as part of the special card, are based on ideas of the time of what a woman and a man were. These concepts can be applied to any person, regardless of gender, but are presented here in their historical context.

The Queen represents, according to Richard, the singular “Queen of Heaven”, which in a Catholic framework would speak of Mary. However, as the Queen of Heaven is not specifically named, she may be applied to a greater sense of a maternal or divine feminine power.

The Queen is the card of divine feminin energy. She represents all the spheres of emotion which were historically attributed to women, but can also be found in anyone regardless of one’s gender identity. It is the card of gentility, care for others, of maternal love. It is also the card of bodily self-sacrifice, giving also of time and one’s well being. She signifies the need to be soft, to love and feel safe for ourselves or those who depend on us. She can also represent a gift of the self which is too demanding and beyond our limits. 

The King represents the divine masculine. Richard tells us that there is but one king to which he owes his existence, this is clearly a reference to Jesus within the Catholic context. Yet, we can extend that metaphor to the divine right of kings to rule. 

The King thus represents the realm of masculinity, which in a historical context would have exemplified dominance, rule, law, order. To this could be ascribed paternal traits which one would expect from a father figure. The King is thus – again, in the mind of Richard – a provider and a protector. When this card is drawn, it should be taken as a means of revealing one’s personal power imposed upon the world. If the Jack speaks to heroic exploits and discovering one’s self, the King is the established ruler who may have slain a dragon in his age – but now sits comfortably upon his well earned throne. It is important to remember however that each ruler has their day in the sun and not all will hold their domain eternally. 

The Ace represents, as per Richard, that there is “but one true God to which deserves his presence”. This is clearly a Catholic (and monotheistic) notion, yet if we extrapolate this to a broader divine context, we can interpret the Ace as the card of divinity. This is not the same as the divine feminine or masculine, but simply and all encompassing of The Divine. It stands outside the outdated concept of gender binarity.  

Aces are the guardians of magic. They can indicate the need to have supernatural assistance or some spiritual influence on a given situation. Aces can also be a reference to the personal magic we carry within us, reminding us that we are capable of more than may be expected of us. We are capable of pushing beyond our realistic limitations. Maybe it is time to use that power or maybe it is time to put it to rest.

Special Card: Ace of spades – The Ace of spades was used in divination by a young woman seeking to learn the identity of her future husband. She would place it under her pillow when she went to bed, this would induce a dream of his identity. Likewise, in another instance it was all four aces which were placed on the stomach before bed to induce the same result (Desruisseaux, 1976). As with the 2 of spades, the Ace of spades is also regarded as a Devil’s Card (see paragraph on 2). The Aces can assist with other types of divination too to add an extra oomph to your readings.

Bibliographie/Biography:

DESRUISSEAUX, Pierre (1976). Magie et sorcellerie populaire au Québec. Montréal, les Éditions Triptyques. p 41.

Inspiré de l’Histoire des cartes: Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau Dossier: « Cahier B _ contes 194 à 204 » Boîte B265, f6

Image credits/crédit image:

Cartes/Cards: Kinney Brothers Tobacco Company, CC0, via Wikimedia Commons

Carte spéciale/Special cards: https://www.nicepng.com/s/antique-playing-card/

Header: Takkk, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&gt;, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (2 de 4)

English follows

Dans cette partie, nous vous partagerons les significations que nous avons assignées aux cartes, à l’exception des figures qui suivront dans le prochain billet.

Tel que noté dans la première partie, l’Histoire des cartes nous semble une manière de légitimer une pratique plus ésotérique dans un contexte Catholique, de la rendre acceptable ou minimalement défendable devant les autorités du clergé et autres membres de la paroisse. Cependant, il semble aussi que ce soit un moyen de parler directement avec le Divin et de connaître sa réponse sans l’intercession du clergé. 

Nous nous sommes basés sur l’Histoire des cartes de Richard, mais nous avons assigné une signification plus moderne et, soyons honnête, moins Catholique que ce que Richard nous rapporte. 

Le 2 représente les deux livres de la Bible, soit l’ancien et le nouveau testament. Ces deux livres forment la fondation de la foi catholique et la totalité de l’oeuvre de Dieu. Cette “fondation” peut facilement être transposée comme la fondation de sa propre vie. 

Dans un tirage, le 2 réfère au passé. Pas tant à ce qui est arrivé la semaine ou l’an passé, mais aux événements qui ont formé ce que vous êtes. C’est votre fondation, ce sur quoi votre personne a été bâtie, pour le meilleur et pour le pire. Ça peut autant être votre enfance, des événements importants qui ont eu lieu plus tard dans votre vie ou vos valeurs fondamentales. Il est possible que ça remonte même à vos racines ancestrales.

Carte spéciale: 2 de pique – la carte du Diable.

Dans le folklore canadien français, le Diable ou Yâbe, n’est pas nécessairement le Diable chrétien traditionnel. Il peut être là pour tenter et punir les pécheurs et ainsi les emporter avec lui en Enfer, tel que dans la légende de Rose Latulipe. Il peut aussi nous aider, être un trickster qui peut être déjoué et/ou piégé à son tour. Ainsi nous le considérons comme un Malice de grande puissance. Il existe plusieurs histoires où Dieu ordonne au Yâbe d’Aider dans la construction d’une église. Dieu utilise généralement un objet physique pour forcer le Yâbe à obéir. Si cet objet est retiré, ce qui arrive invariablement, le Yâbe s’échappe et retourne en Enfer. C’est aussi lui qui donne aux canots le pouvoir de voler lors de la chasse-galerie. Ce “cadeau” est bien évidemment accompagné de règles strictes dans l’espoir que le voyageur les brise et que le Yâbe puisse amener son âme en enfer. Cependant, si les règles sont suivies, les voyageurs atteindront leurs destinations en sûreté. Plusieurs histoire de type “the Devil went to Georgia” peuvent être trouvés au travers du folklore du Canada français. 

Si vous tirez cette carte, soyez sous vos gardes, mais n’assumez pas le pire. Le Yâbe peut déjouer et même parfois, être pris à son propre jeu.  

Il est à noté que l’as de pique est aussi considéré la carte du Diable. 

Le 3 représente la Sainte Trinité, soit l’union de Dieu le père, le Saint Esprit et Jésus le fils. La relation entre ces trois êtres divins et comment ils interagissent. Dans ce sens, le 3 est la carte des relations familiales.  

Le 3 est la carte de la famille, elle peut autant parler de la famille biologique que de la famille choisie ou même d’un groupe qui s’apparente à une famille, comme par exemple les relations entre collègues ou entre les membres d’un groupe (chorale, D&D, club…). Le 3 parle de leur influence dans une décision, leur influence sur notre croissance comme personne, notre développement émotif. Le 3 peut symboliser le besoin d’aller chercher un conseil ou du besoin de discuter avec des personnes de confiance pour découvrir une pièce d’information critique au choix ou à la compréhension d’une situation. 

Il est bon de se rappeler que la Trinité, selon l’enseignement catholique, est en fait une seule entité fusionnée. Le 3 peut donc aussi symboliser les relations malsaines où l’un peut subir de la pression pour se conformer au groupe ou encore, où l’on ne peut faire ni exprimer ses propres choix. 

Le 4 représente les quatre évangélistes, Saint Marc, Saint Mathieu, Saint Jean et Saint Luc. Ce sont les quatre témoins principaux de l’œuvre de Jésus, selon l’Église catholique. Pour nos besoins, le 4 représente des nouvelles ou des commérages.

Le 4 représente le besoin de se tenir au courant des informations les plus récentes, un besoin de connaissances afin de bien juger une situation. Elle indique le besoin de voir à l’extérieur de notre bulle et de notre chambre à écho afin d’avoir une meilleure chance de bien percevoir une situation et non pas de l’interpréter avec nos biais. C’est la carte qui nous demande de faire tomber nos œillères. 

Alternativement, elle peut indiquer des forces qui jouent contre nous, que ce soit en essayant consciemment de nous nuire ou en essayant d’aider, mais de la mauvaise façon. Elle indique comment la façon dont on est perçu par autrui peut avoir une répercussion sur nos chances de succès. 

Le 5 représente les cinq livres de Moïse (le Pentateuch) qui remontent aux racines du christianisme et même le précède. C’est l’enseignement et le savoir ancien qui peut venir directement des ancêtres. 

Le 5 représente le besoin de communiquer avec les ancêtres. Il peut aussi indiquer le besoin de se tourner vers un de vos ancêtres qui vous inspire ou essayer d’incarner une de leur qualité. Un d’eux à quelque chose à vous dire et attends seulement que vous l’écoutiez. Rappelez vous que les ancêtres peuvent venir de votre sang, de l’histoire ou de l’influence qu’ils ont eu sur vos vies. 

Le 5 peut aussi représenter le besoin de se plonger profondément dans notre part d’ombre et de regarder ce qui s’y cache, ce qui a besoin d’être réparé et corrigé et d’y faire face. 5 est la carte de l’être primal, le Déraisonnable qui doit être accepté et apprivoisé. 

Le 6 représente la création. Dans un contexte catholique, Dieu a pris six jours pour créer le monde. Dans notre système, ces six jours peuvent être interprétés comme le sens de la créativité ou le travail acharné. C’est la carte où l’on découvre des aspects de notre créativité dans une discipline familière ou non. C’est aussi le travail dans lequel on doit s’engager pour pouvoir voir notre création prendre forme.  

Le 6 représente le besoin de sortir des sentiers battus, de regarder une situation avec un regard neuf, de faire fi du possible pour trouver l’impossible. Il n’y a pas de contrainte qui se cache derrière le 6. 

Le 6 peut représenter le besoin de créer quelque chose de tangible, de commencer un nouveau projet ou de prendre un risque que l’on contemple depuis longtemps. Gardez à l’esprit que ce qui tient une création en un morceau est le travail assidu. Il est essentiel de mettre des efforts dans l’acte de création. Ce sera peut-être difficile, ou long ou les deux, avant de voir des résultats, mais ça en vaudra la peine. Ne perdez pas vos objectifs de vue. 

Le 7 représente le besoin de repos. Dans le catholicisme, Dieu s’est reposé le 7e jour après la création du monde. Le 7 peut être vu comme un moment où l’on doit s’arrêter, se reposer et récupérer après un effort ou le besoin de prendre soin de soi. 

Le 7 représente le besoin de considérer où, comment et avec qui nous investissons nos énergies. Vous êtes supposé être une priorité dans votre vie, mais l’êtes vous vraiment? Prenez un moment de recul, contemplez votre vie et considérez dans quelle direction vous voulez qu’elle aille et quels changements, s’il y a en a, devez-vous faire pour y arriver. 7 indique le besoin de réfléchir à un choix un peu plus longtemps avant de prendre une décision. Ce n’est pas le temps de presser les choses. 7 vous dit que c’est correct de prendre du temps juste pour vous. Prendre soin de nous c’est prendre du temps pour faire de la réflection, c’est le repos du guerrier avant la prochaine bataille. Ou encore… vous devriez peut-être aller au lit plus tôt. 

Le 8 représente le déluge de la Genèse, ou plutôt ses huit survivants: Noé, sa femme, leurs fils et les femmes de ceux-ci. On peut dire qu’ils représentent le triomphe sur des dangers ou un immense obstacle. Le 8 peut aussi indiquer qu’il y a quelque chose à l’horizon que nous devrons surmonter. 

Si vous tirez le 8, vous êtes face à un obstacle ou le serez bientôt. Tout obstacle vu de près semble gigantesque ou insurmontable. Il est facile de se décourager et confortable de l’ignorer, mais dans les deux cas, notre chemin est bloqué. Le 8 nous demande de faire face à nos problèmes et de prendre action pour en venir à bout. Parfois il faut passer au travers, d’autres fois le contourner et parfois, le pousser à bouger de lui-même. 

Le 8 peut aussi représenter un danger à votre personne, à ceux que vous aimez ou à vos projets. Le 8 est un avertissement pour que vous soyez alerte, qu’on ne vous prenne pas par surprise. Restez sur vos gardes et avancez prudemment. Comme pour les obstacles, les dangers ne disparaîtront pas par aveuglement volontaire ou par magie. 

Il n’y a pas d’interprétation simple pour le 9, car ce chiffre est manquant dans le texte, et probablement la narration, de l’Histoire des cartes. Cependant, nous croyons que cette carte représente l’inconnu. Sans correspondance définie, le 9 peut être interprété de plusieurs façons selon l’interprétation de la personne lisant les cartes, relativement aux autres cartes qui ont été tirées.

Le 9 représente l’élément de chaos dans toute situation. Le 9 est tout ce qui peut mal aller et tout ce qui peut bien aller. C’est les éléments que vous ne pouvez anticiper, c’est les forces de l’Univers que vous ne pouvez voir ou contrôler. Le 9 demande de la flexibilité, de suivre le flot et d’accepter le changement.

Le 9 peut aussi représenter un secret que vous devez garder ou que l’on vous cache.

Le 10 représente les Dix commandements, donc la loi, les responsabilités ou le devoir. Cette carte est de qui a besoin d’être fait ou encore… ce qui doit être fait. Selon le contexte de ce système de divination, cette carte est dirigée par une force supérieure. 

Le 10 est une carte qui présente à première vue un obstacle, mais devrait plutôt être vue comme une opportunité. Le 10 vous donne des balises entre lesquelles agir, elle vous donne le contexte pour guider vos choix. C’est votre choix d’obéir à la loi, en repousser les limites ou de l’ignorer. Le 10 vous laisse faire votre choix en connaissance des conséquences. Elle peut aussi représenter l’opportunité de se laisser guider par une règle déjà établie lorsque plusieurs de nos valeurs sont en conflit. Le 10 peut aussi représenter la sécurité. 


In this part we will share with you the meanings which we have attributed to the cards, with the exception of the face cards which will follow in the next post.

As noted in the first part, the Story of the Cards appear to us as a means to legitimize a more esoteric practice within the larger Catholic context and make that more amenable to – or more easily defensible – before the authority of the clergy and other members of a parish. That said, it also seems likely that this was a means to speak directly to the Divine and to receive a response without the intercession of the clergy. 

We have based ourselves on the Story of the Cards of Richard, but we have also assigned significance which is more modern and, to be honest, less Catholic than what Richard reports. 

The 2 represents the two books of the Bible – that is the Old and New Testaments – which form the foundation of Catholic faith and thus represent the totality of God’s work. This “foundation” can be easily transposed onto the foundation of one’s own life.

In a reading the 2 refers to the past. Not so much what happened a week or a year ago, but what shaped you. It’s your foundation, that upon which you are built, for better or worse. It can be just as much your childhood, some important event later in life or your core values. It can even go back to your ancestral roots. 

Special card: 2 of spade – La carte du Diable/The Devil’s card.

In French Canadian folklore, the Diable, or Yâbe, is not necessarily the traditional Christian devil. He can be there to punish sinners or to submit people to temptation and spirit them to hell if they give in, as seen in Rose Latulipe story, but he can just as much be a helper, a trickster or be tricked in its turn. As such, we consider him a very powerful Malice. There are many stories where the Yâbe is ordered by God to help people build a church. God normally uses some physical object to force the Yâbe to obey and if it is removed, the Devil escapes and goes back to Hell. He is also the one giving power of flight to the flying canoes of the chasse-gallerie under strict rules in hope that the travelers will break them and he’ll be able to bring their souls to Hell. However, if the rules are followed, the travelers will reach their destination safely. Many “the Devil went to Georgia” type stories can be found throughout the folklore of the French Canadians. If you draw this card, be on your guards but don’t assume the worst, the Devil can be outsmarted. It should be noted that the ace of spade is also considered the Devil’s card. 

The 3 represents the Holy Trinity, that is the union between God the Father, the Holy Spirit and the Son (Jesus). Thus the relationship between these three divine beings and how they interplay or relate. In this sense, the 3 is the card of family relations. 

The 3 is the family card, it can speak to biological family as much as chosen kinship or to groups which have close family-like bonds, such as a relationship between colleagues or some other group (choir, D&D, club…). The 3 speaks to their influence in a decision, their influence on our personal growth and emotional development. The 3 can also symbolize the need to go and get counsel or the need to talk with a person of confidence to discover some important information necessary to making a choice – or to understand more fully – a particular situation. 

It is good to remember that the Trinity, according to Catholic teaching, is in reality one united person. The 3 can thus also symbolize unhealthy relationships where we may be facing pressure to conform to a group where we can not fully express our personal choice. 

The 4 represents the Four Evangelists – Sts. Matthew, Mark, Luke and John – who were the primary witnesses to Jesus’ works (according to the Catholic Church). For our purposes the 4 is therefore a card representing news and/or gossip. 

The 4 represents the need to be kept abreast of current affairs, a need to have the proper knowledge to best judge a situation. It indicated the need to look beyond ourselves, to step out of the echo chamber so that we may better read a situation without falling prey to our biases. It is the card that asks us to let down our blinders. 

Alternatively, it can indicate forces which play against us, which may be harmful or perhaps coming to our aid – but in a way that is not healthy. It reveals the way we are perceived by others and how that perception may hinder our chances of success.  

The 5 represents the Five Books of Moses (the Pentateuch) which reaches back to the roots of Christiany and even predates it. It is the ancestral layer where guidance and teachings may come forward directly from the ancestors themselves. 

The 5 may represent the need to communicate with the ancestors. It can also mean that you need to turn to one of your ancestors to inspire you and to embody one of their qualities. One of them has something to tell you and is waiting for you to listen. Remember that ancestors can come from blood, history or through their influence on our lives. 

The 5 may also represent the need to dive head-first into our abyss and to reach deep within the earth to see what lurks there, what needs to be fixed and to face it. The 5 can be the primal being, the Unreasonable which needs to be faced, accepted and tamed. 

The 6 represents Creation, in a Catholic context that is the six days it took God to create the world. Within this system these six days of creation can be understood to mean a sense of creativity or hard work. This is the card where you discover aspects of your creativity, which may be known or as of yet unknown. Also, the labour which one must engage in to see the “creation” through. 

The 6 represents the need to think outside the box, to look at a situation with new eyes, to let go of the possible and find the impossible. There are no shackles behind the number 6. It can also mean the need to create something tangible, or to start a new project, or to take that risk you keep putting off. Keep in mind that everything that holds the creation together requires hard work. Efforts must be put into the act of creation. It may be hard, or long, or both before you see the fruits of your labour, but it will be worth it. Keep your eyes on the prize.

The 7 represents the need to rest. Within the Catholic context, the 7th day was the day God rested after Creation. Therefore, the 7 can be read as a time for taking a break, recuperating after a difficult endeavour or the need to engage in self-care. 

The 7 represents the need to consider where, how and with whom you spend your energy. You are supposed to be a priority in your life. Are you? Take the time to step back, to contemplate what your life has been, where you want it to go and which, if any, changes you need to make to keep on track. 7 is the need to ponder a decision for a bit longer, it indicates that now is not the time to rush. 7 tells you that it’s ok to make some time just for you. It’s self-care, it’s reflection, it’s the warrior’s rest before the next battle. Or, you know, go to bed earlier.

The 8 represents the Deluge, or rather the eight survivors of the Genesis flood. These survivors were Noah, his wife, three sons and their three wives. It can be said that they represent the overcoming of certain dangers or an immense obstacle. In this same way, we may understand the 8 as something upon the horizon we must likewise overcome.  

If you draw the 8, you are facing an obstacle or will be shortly. All obstacles, when viewed up close, seem gigantic and insurmountable. It is easy to get discouraged and comfortable to ignore it, but in either case, our way forward is blocked. The 8 asks us to face our problems and to take action so that we reach the end of that road. Sometimes we have to go through the obstacle, sometimes we must go around it, at others we instigate the roadblock to move itself. 

The 8 can also represent a personal danger or a danger to those you love or else a project. The 8 is a warning for you to stay alert, so that nothing catches you off-guard. Keep a keen eye and advance with caution. As with obstacles, dangers will not disappear through blinding one’s self to them or by magic alone. 

There is no straightforward interpretation for the 9 within the Story of the Cards since in the text (and possibly the narration) there is a lacugna. However, it is our belief that this card represents the unknown. With no defined correspondances, the 9 can be interpreted in many ways based upon the readers interpretation relative to the other cards. 

The 9 represents the element of chaos in all situations. The 9 is all that can go wrong and all that could go well. It is the element of surprise, it is the forces of the Universe that are out of your control.

The 9 demands a certain flexibility, to go with the flow and accept change. The 9 can also signify a secret that you need to keep or one which is being kept from you. 

The 10 represents the Ten Commandments, thus a sense of law and responsibility or duty. This card is what needs to be done or rather… what must be. Within the context of the system, this is directed from a higher power. 

The 10 is the card which at first appears to be an obstacle, but should rather be viewed as an opportunity. The 10 will give you the metric within which you are to take action, it is this card which provides a context to guide your choices. It is up to you whether you will obey the law, to push the limits thereof or to ignore it. The 10 will let you make that choice in full knowledge of the consequences. It may also represent an opportunity to let yourself be guided by the rules already established while some of our values are in conflict. The 10 can also represent security. 

Images credit:

Header/entête: Auckland Museum, CC BY 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/4.0&gt;, via Wikimedia Commons

Cartes: Kinney Brothers Tobacco Company, CC0, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (1 de 4)

English follows

La cartomancie chez les Canadiens français diffère de la cartomancie dans les vieux pays de plusieurs manières. Cet article parlera de l’histoire de la cartomancie au Canada français, de ses racines en France et offrira quelques options pour redynamiser cette pratique folklorique aujourd’hui. 

Nous sommes extrêmement reconnaissant à Marius Barbeau pour le travail immense d’enregistrement du folklore régional de plusieurs communautés et en particulier pour cette pièce. Si ce n’était de lui qui a griffonné “l’histoire des cartes”, une petite histoire que son père lui avait conté, nous ne connaîtrions pas les correspondances entre les valeurs des cartes et leur qualités divinatoires.

Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau Dossier: « Cahier B _ contes 194 à 204 » Boîte B265, f6

Avant de plonger dans une discussion en détail de ce document, il est important de connaître la brève histoire de la cartomancie de la France aux colonies Nord-Américaines. En Europe, nous voyons une indication de la présence de divination utilisant des cartes à partir du 15e siècle. On pense que les cartes tarocchi de la Lombardie, elles-même une évolution des cartes égyptiennes Mamelouk, sont les ancêtres du tarot (ainsi que des cartes à jouer modernes de l’Europe)1.  La cartomancie à quitter l’Italie pour se rendre en Espagne, puis se répandre en France, possiblement par des soldats Français. Il n’est pas impossible qu’il y ait eu des traditions antérieures en France, étant donné qu’elle partage une frontière et des activités commerciales avec l’Europe et l’Italie, mais le tarot est clairement popularisé par importation italienne. Au milieu du 18e siècle, Jean-Baptiste Alliette (Ettiella) publia un guide pour son système appelé Le petit Etteilla ou L’Art de tirer les cartes (éditions de 1753 et 1791). Cet ouvrage était largement fondé sur l’étude et l’interprétation du tarot de Marseille par Antoine de Court Gébelin, publié quelques cinquante ans auparavant2. À partir de ce point, la lecture des cartes fut encore plus mise de l’avant par Mademoiselle Marie-Anne Lenormand (1772-1843). Mademoiselle Lenormand, la Sybille de la Révolution et de l’Empire, était célèbre pour ses connexions avec des révolutionnaires tels que Marat, Robespierre et Saint-Just3. Après sa mort, des cartes ayant les motifs qu’elle utilisait furent produites en masses et vendues à grande échelle. Au 20e et 21e siècles, les systèmes de Court de Gébellin et Etteilla furent les plus influents sur le développement et la propagation du tarot. 

En Nouvelle-France, les cartes à jouer ont largement circulé au moins à partir du 17e siècle. En 1684 l’intendant Jacques de Meulles introduit la “monnaie de carte”, des cartes à jouer ayant une valeur monétaire, à cause d’une pénurie de pièces. En 1717, cette pratique pris fin et en 1720, cette monnaie fut déclarée sans valeur4. Comme ces cartes étaient utilisées comme monnaie, elles devaient être répandues. Par contre, est-ce que le tarot était aussi répandu en Nouvelle-France? C’est peu probable. Peut-être dans les plus hautes sphères de la société provenant la cour de France, mais pas chez le peuple. Ce que nous savons c’est que les cartes à jouer ont pris des connotations magiques et furent incorporées dans des pratiques folkloriques liées à la divination. Cependant, ces pratiques ne sont consignées que par des ethnographes du 20e siècle et non auparavant. Dans Desruisseaux5, nous apprenons que pour découvrir l’identité de son futur époux, une jeune fille pouvait placer un ace de pique sous son oreiller ou les quatre as sur son ventre. Ainsi, elle s’assurait de rêver à celui qu’elle marierait. De Desruisseaux6, nous apprenons que si vous jouez aux cartes, avoir plus de pique que de toute les autres suites est malchanceux. De même, il est malchanceux de jeter un jeu de carte par terre. Dans Tremblay, on nous informe qu’au début du 20e siècle, la divination par les cartes était utilisé dans la Vallée du Richelieu pour aider à décider si une femme devrait marier un l’homme qui la courtisait ou non7. Cette pratique était sévèrement condamnée par le clergé qui égalait cette pratique à “parler au Diable”, faisant écho à Mgr. Turgeon en Beauce quelques décades auparavant8.  De toute évidence, les cartes étaient connues en Nouvelle-France comme ayant des pouvoirs divinatoires et étaient utilisées comme tel (et plus tard au Canada et dans d’autres colonies).

Ceci nous amène au dénommé Richard de “L’histoire des cartes” tel que racontée par Charles Barbeau à son fils Marius. Quel âge à cette histoire? Difficile à dire. Nous savons par d’autres enregistrements par Barbeau que des conteurs de quatre-vingt ans (ca. 1920s) racontaient encore des histoires apprises dans leur jeunesse de conteurs aussi dans les quatre-vingt ans. Il n’est donc pas inconcevable, et pour nous même probable, que cette Histoires des cartes date de la fin du 18e siècle au début du 19e. L’histoire elle-même semble être un récit-cadre, une technique courante dans le conte oral traditionnel, pour expliquer la signification des cartes. L’histoire prends place dans une église et recadre les cartes comme un outil de la grâce divine plutôt qu’un objet de damnation. Le protagoniste, Mr. Richard ridiculise le constable de l’église en prouvant au curé que ses cartes sont en fait des présages divins, au même niveau qu’un livre de prière. Cette histoire fournit soit des instructions pour interpréter les cartes en divination ou une couverture si quelqu’un était accusé d’utiliser les cartes d’une manière impie. À Courir le loup-garou, nous disons “pourquoi pas les deux”?

Restez à l’affut pour “La cartomancie chez les Canadiens français: L’histoire des cartes (partie 2)” ou nous examinerons en profondeur le contenu de l’Histoire des cartes. D’ici la fin de cette série, nous vous présenterons une manière de “Tirer les cartes à la manière de Richard” pour un usage moderne en Sorcellerie.

Nous souhaitons remercier le Musée canadien de l’histoire pour la gracieuse permission d’utiliser la numérisation qui illustre ce billet. Il s’agit d’un document qui se trouve dans leurs archives et nous ne pourrions leur être plus reconnaissant de leur aide et de leur acceuil pendant nos recherches.


Cartomancy among French Canadians diverges in a number of ways from cartomancy in the Old World. This article will discuss the history of cartomancy in French Canada, its roots in France and offer ways in which we can rejuvenate this older folk practice in our modern times. First and foremost, we are extremely thankful for all the diligent work Marius Barbeau undertook in the recording of his regional folklore and for this piece in particular. If it were not for him scribbling down a quick story his father once told him, called L’histoire des cartes (The Story of the Cards), we would not know what the correspondences were between the card denominations and their divinitory qualities. Here is a translation of that story (see original above in French):

“One day, there was a man so-named Richard. He walked in front of the church, he entered to hear the holy mass. He walked up to the churchwarden’s pew. He sat there as though it were his pew to sit in. Mr. Richard, instead of pulling out a book of prayer from his pocket, pulled out a deck of cards. The constable made a sign with his finger for Richard to get out of that pew. Mr. Richard did not comply. The constable went up to Mr. Richard and said to Richard: – “Instead of starting with a deck of cards, you ought to begin with a book of prayer. Richard said to the constable after mass: – “I will show you the meaning of my deck of cards”. 

After the mass, the constable and priest went to find Richard and reproach him for his actions. Mr. Richard then told the constable and the priest: – “Well, if you will let me explain my deck of cards, I will explain it to you”.

The priest said: – “Speak Richard, I give you permission.” Richard then drew the 2 and said that the 2 represented the two testaments. The 3 represents the three persons of the Holy Trinity. He then drew the 4 and the 4 represents the four evangelists. He drew the 5 and the 5 represents the five Books of Moses. He drew the 6 and the 6 represents for me a reminder that God took six days to create the sun and the earth and on the 7th he rested (*the meaning of 7).

He then drew the 8: – “8s represent for me the eight people saved from the Flood”. He drew the 9 (*a lacuna). He draws 10, he said, represents the ten commandments of God. He drew the Queen, the Queen represents that there is but one Queen in Heaven. He drew the King, the King represented to him that there is but one king to which he owed his service. He drew the Ace, which represented that there is but one true God to which he owed his service.  

The priest said to Richard: – “Richard, I was hastening to see you punished.” – “Mister priest, if you will give me permission to speak I will bring you some satisfaction”. – Speak Richard, I give you permission.” – Mister priest, it would seem to me that the constable before you represents to me a real scoundrel.

Note: Told to me (*Marius Barbeau) by my late father. I cannot remember it that well. The story of A Thousand and One Nights is also recounted by my father. My late father had no education, he couldn’t even sign his name. But, he had a great memory for remembering the stories he heard told to him.”

Before discussing the story in greater detail, it is important that we present a short history of cartomancy from France to the North American colonies. In Europe we see clear evidence of cartomancy from the 15th century onward and it is believed that the tarrochi cards of Lombardy, themselves developed from the Mamelouk cards of Egypt which are the ancestors to the tarot (as well as modern playing cards of Europe)1. From Italy, we then see evidence of cartomancy in Spain and then imported into France, possibly by French soldiers. That is not to say that in France there were no earlier cartomancy traditions, given that it shares a border and trade activity with Spain and Italy, but the system of tarot is clearly popularised later through Italian import. In the mid-18th century, Jean-Baptiste Alliette (Ettiella) published an interpretive guide to his system called Le petit Etteilla or L’Art de tirer les cartes (1753 and 1791 editions). This work was widely founded on the study and interpretations of the Marseille tarot conducted by Antoine de Court Gébelin some fifty years earlier2. From here, cartomancy was further popularized by Mademoiselle Marie-Anne Lenormand (1772-1843), who was claimed as the Sybille de la Révolution et de l’Empire and was famous for her dealings with French revolutionary era men such as Marat, Robspierre and Saint-Just3. After her death, playing cards featuring the designs she used in her practice which were mass produced and sold widely. In the 20-21st century, the systems of Court de Gébelin et Etteilla were the most influential on the development and spread of tarot.  

In New France, playing cards are known to have circulated since at least the 17th century. In 1684, the Intendant Jacques de Meulles introduced playing card money due to a shortage of coins. In 1717, this practice came to an end and by 1720 card money was declared of no value4. As these cards were used for money, they must have been widespread. But was the tarot system of cartomancy also widespread in New France? Doubtful. Perhaps in the highest strata of society from the French court, but not among the common people. What we do know is that playing cards took on magical connotations and were incorporated into folk practices tied to divination, however we only have 20th century ethnographic works which recount these customs. In one such work (Desruisseaux5), we are told that a young woman may place the ace of spades under her pillow, or the four aces on her stomach, as she sleeps to learn of her future husband. From DesRuisseaux6, we learn that if you are playing cards and have more spades than other suits, this is unlucky. Likewise, it is unlucky to throw a deck of cards on the ground. In Tremblay, we learn that, at the beginning of the 20th century, card divination was used in the Richelieu Valley to help in deciding if a woman should get married to the man who was courting her or not7. This practice was vehemently condemned by the clergy who equated the practice to “talking to the devil” echoing the words of Mgr. Turgeon in Beauce a few decades before8.   Clearly, the cards had known divinitory powers and were used as such by the people in New France (and later Canada and other former colonies). 

This leads us to Le dénommé Richard of the “Story of the Cards” recounted by Charles Barbeau to his son Marius. How old is this tale? It is hard to say. We do know from other collected works by Marius Barbeau that some of the folk tales collected were taken from conteurs in their 80s (ca. 1920s), who heard it as children from conteurs who were themselves of old age. Thus, it is not inconceivable – and to our mind, rather probable – that this Story of the Cards dates to the late 18th to early 19th century. The story itself seems to be a frame narrative, which was a common plot device used in oral traditional storytelling, to convey the significance of each card’s correspondances. The story, taking place in a church, tells a tale of vindicating playing cards as being tools of divine grace as opposed to tools of damnation. The protagonist Mr. Richard makes a fool of the church officials by proving that his playing cards are in fact divine portents, implied to be on par with that of a book of prayer. This story therefore provided either a set of instructions for interpreting playing cards in divination or a cover story if ever someone was accused of using the cards in a devilish manner. We at Courir le loup-garou say “why not both?”. 

Stay tuned for “French Canadian cartomancy: The Story of the Cards part 2”, where we will delve deeper into the “Story” and examine its contents. By the end of this series, we will present you an interpretation of “Tirer les cartes à la manière de Richard” (Reading the “cards in the manner of Richard”) for use in your modern Sorcellerie. 

We would like to thank the Canadian museum of history for the usage of the scan which can be found in the French version of this post. This document comes from their archives, where they were always helpful and welcoming. We couldn’t be more grateful.

1 Mazlo Robert, À la recherche du Tarot perdu. Les tablettes d’Hermès., Ramuel, 1998, 246 p. (ISBN 978-2-910401-86-3), pp. 16-18 et 48. 

2 Antoine Court de Gébelin, Monde primitif, t. VIII, 1781.

3 Cf. Louis Du Bois dans De Mademoiselle Lenormand et de ses deux biographies, Paris, 1843 [archive], qui cite Marat, décède quand Lenormand prétendait le conseiller, et Hoffmann, qui loin d’être un consultant critiqua et caricatura La Lenormand.

4 Charlotte Gray ‘The Museum Called Canada: 25 Rooms of Wonder’ Random House, 2004

5 DESRUISSEAUX, Pierre. (1976) Magie et sorcellerie populaires au Québec. Éditions Triptyque. Montréal. 205 p.

6 DESRUISSEAUX, Pierre. (1989) Dictionnaire des croyances et des superstitions. Éditions Triptyque. Montréal. 227p.

7 TREMBLAY, Martine. 2001. Le mariage dans la vallée du Haut-Richelieu au XXe siècle: ritualité et distinction sociale. Presses de l’université Laval. Ste-Foy. 270 p.8 ABBOTT, Francis A. The Body or the Soul? Religion and culture in a rural parish, Saint-Joseph-de-Beauce, 1736-1901. Thèse de doctorat en philosophie. Simon Fraser University, 2012, 307p.

Image de couverture / cover image : Crédit: COLLECTION NATIONALE DE MONNAIES, MUSÉE DE LA BANQUE DU CANADA, Reproduction fidèle de Monnaie de carte, Canada (Nouvelle-France), 1714, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

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