Histoire des cartes (Bonus!)

English will follow

Nous avons pensé que ce serait intéressant d’avoir un exemple de tirage poru rendre les quatre derniers articles un peu plus concrets.

La question était: est-ce que je vais obtenir l’emploi que je convoite.

J’ai brassé les cartes et coupé le paquet en trois puis j’ai retourné la première carte

Pas si mal comme tirage, au moins je n’ai pas de pique . La première chose que j’ai reconnue c’est que le Valet était moi, qu’il se trouvait au début de tout et que c’était le Valet de trèfle, généralement lié à la chance. J’ai décidé de prendre une photo avant de continuer mon interprétation et…

Le vent s’est levé et à carrément retourné la première carte du paquet de droite. Cette carte voulait de toute évidence être lue. En replaçant le dit paquet, la dernière carte de ce dernier est tombée, face vers moi. Et alors elles furent cinq.

Un tirage à cinq cartes est un peu plus compliqué. À première vue, les cartes semblaient être encore en ma faveur, peut-être même encore plus. Le 9 est la carte du chaos, mais comme elle est en coeur et que le 8 l’est aussi, il semble que ce sera un chaos positif. J’ai étendu un peu ma lecture du Valet à « Le Valet, c’est moi, c’est une indication d’Arrêter de douter de mes capacités et de pousser pour forcer les événements. Il indique peut-être aussi que j’aurai à faire respecter mes limites dans mon emploi présent ».

J’ai arrêté mon interprétation à ce moment là, car j’avais peur de biaiser la lecture avec ce que je voulais que les cartes disent et j’ai demandé à Erik de prendre la relève.

Il a séparé son interprétation en deux parties, à des fins pédagogiques 😉 . Sa lecture du premier tirage fut: « Tu auras du succès grace à toutes les énergies que tu as investi dans ta carrière. Ta famille sera un support constant pendant tout le processus ». Sa lecture du tirage avec les cinq cartes: « Tu auras du succès d’une manière dont tu ne t’attends pas, grâce aux efforts que tu as mis dans ta carrière. Tu devras persévérer devant certains obstacles, mais souviens toi toujours que tes amis et ta famille sont toujours là pour t’offrir le support dont tu as besoin pour triomphé ».

On peut voir que le message de base reste le même entre les deux versions du tirage, mais le deuxième ajoute des éléments vraiment pertinent. L’ajout du 9 particulièrement m’averti qu’il y aura des écueils et que parfois, j’aurai l’impression que les choses ne vont pas dans la bonne direction, mais que je dois garder le cap. Le 8 insiste sur le fais que je dois me reposer sur le support de ma famille et mes amisafin de naviguer les moments les plus tumultueux. Ce qui n’est pas facile à faire pour moi #capricorn.

Comme je connais un peu mieux les détails de ma situation qu’Erik et que je n’ai plus autant peur de biaiser la lecture, je peux donc ajouter que le 2 me semble vouloir dire que ce qui m’aidera à obtenir cet emploi, c’est qui je suis profondément, avec mes valeurs, mes qualités et mes défauts. J’ose espérer que ça indique que cet emploi sera un endroit où on valorisera ma contribution et où je serai un « bon fit ».


We thought it would be interesting to have a sample reading to make the last four articles a little more concrete.


The question was: Will I get the job I want?


I shuffled the cards and cut the deck into thirds and turned over the first card.

Not a bad draw, at least I don’t have any spades. The first thing I recognized was that the Jack was me, that it was at the beginning of everything and that it was the Jack of clubs, usually related to luck. I decided to take a picture before continuing my interpretation and…

The wind picked up and squarely flipped the first card in the right pile. This card obviously wanted to be read. As I readjusted said pile, the last card in the pile fell, face up to me. And then they were five.

A five-card draw is a bit more complicated. At first glance, the cards still seemed to be in my favor, perhaps even more so. The 9 is the chaos card, but since it is in the heart and the 8 is too, it looks like it will be positive chaos. I expanded my reading of the Jack a bit to « The Jack is me, this is an indication to Stop doubting my abilities and pushing to force events. It also may indicate that I will have to ensure my boundaries are respected in my current job. »

I stopped my interpretation at this point, as I was afraid of skewing the reading with what I wanted the cards to say and asked Erik to take over.

He split his interpretation into two parts, for educational purposes 😉 . His reading of the first draw was, « You will be successful because of all the energy you have invested in your career. Your family will be a constant support throughout the process. His interpretation of the five-card reading was: « You will be successful in a way you did not expect, because of the effort you have put into your career. You will have to persevere in the face of some obstacles, but always remember that your friends and family are always there to offer you the support you need to triumph. »

You can see that the basic message remains the same between the two versions of the reading, but the second one adds some really relevant factors. The addition of the 9 especially warns me that there will be pitfalls and that sometimes I will feel like things are not going in the right direction, but that I need to stay the course. The 8 insists that I rely on the support of my family and friends to navigate the more tumultuous moments. Which is not easy for me to do #capricorn.

Since I know the details of my situation a little better than Erik and I’m not as afraid of skewing the reading anymore, I can therefore add that 2 seems to me to mean that what will help me get this job is who I am deep down inside, with my values, qualities, and flaws. I would hope that this indicates that this job will be a place where my contribution will be valued and I will be a « good fit. »

Crédit image entête / Header image credit: Ivan Vladimirov, Public domain, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (4 de 4)

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Dans ce texte, on réfère à la personne qui lit les cartes comme le.a “lecteur.ice” et la personne qui pose la question au lecteur.ice comme le.a “client.e”.

Matériel: Un jeu de 52 cartes dont on a retiré les deux jokers. Le jeu utilisé est au choix du.de la lecteur.ice. Neuf, usé, Bicycle traditionnel ou un jeu sophistiqué, cela n’a pas d’importance tant qu’il vous parle… ou qu’il dépanne au moment où vous en avez besoin.

Le client.e est assis.e en face de la lecteur.ice. 

La question: Le.a client.e pose sa question. Plus la question est pointue, plus précis sera le tirage. Les questions de “guidance générale” devraient être évitées, car selon notre expérience, elles ne se prêtent pas bien à cette méthode. Exemple: “Est-ce que je vais obtenir la promotion que je convoite? ».

Le battage des cartes: Le.a lecteur.ice donne le jeu de carte au.à la client.e qui battra les cartes pour le temps qui semble lui convenir.

Couper les cartes: Le.a lecteur.ice coupe le paquet de cartes en trois, cinq ou sept plus petits paquets, face vers le bas, selon les recommandations de.de la lecteur.ice.

Pige: Le.a lecteur.ice retourne la carte se trouvant sur le dessus de chaque pile. Trois, cinq ou sept cartes seront donc face vers le haut. 

Lecture: La lecture commence une fois que toutes les cartes ont été révélées, en partant de la gauche vers la droite du.de la lecteur.ice. La première carte sera lue en relation avec la deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que le message soit révélé. Il est aussi possible que la carte “centrale” ne soit pas la première révélée, si c’est le cas, toutes les autres cartes doivent être lues en relation avec celle-ci. C’est le.la lecteur.ice qui déterminera si c’est le cas par ses interactions avec le.la client.e.

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Suites: Le système ne donne pas de signification différente d’une suite à l’autre, il est cependant possible pour le lecteur de les utiliser dans ses lectures. Par exemple, si une majorité de cœur est tirée, il est possible que l’amour ou l’amitié joue un rôle important et les cartes pourraient être interprétées sous cet angle ou encore, le trèfle peut être associé à la chance. Le pique a généralement une connotation négative, ce qui pourrait aussi influencer l’interprétation de la carte ou de la lecture complète si cette suite domine. 

Cartes spéciales: L’as et le 2 de pique sont toutes les deux considérées comme les cartes du DIable. Cependant, l’as de pique est aussi associé aux rêves divinatoires et pourrait être interprété comme une prémonition par rapport aux cartes l’entourant. Le 2 de pique est le Diable personnifié. Ces deux cartes devraient avoir une prédominante dans une lecture. 

Carte de clarification: Si après l’interprétation de toutes les cartes, le message est encore nébuleux, le.a lecteur.ice peut demander au.à la client.e de reprendre toutes les cartes encore face contre terre et de couper ce jeu en deux. Le.a client.e révélera alors au.à la lecteur.ice la dernière carte du paquet du dessus.

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Carte volante: Si une carte tombe du paquet à n’importe quel moment (brassage, coupe ou révélation), cette carte deviendra centrale dans la lecture. Toutes les cartes sont interprétées en relation avec celle-ci. Cette carte est supplémentaire au tirage de trois, cinq ou sept et ne remplace aucune d’entre elles.


Reading cards in the manner of Richard

Set-up: Use a deck of 52 playing cards  – ensuring that the Jokers are removed. The deck may be of the reader’s choosing (new, old, traditional Bicycle or fancy one, it doesn’t matter as long as it speaks to you. Or is convenient at the moment).  The reader and the seeker will sit opposite, facing each other.

The seeker sits facing the reader.

The Question: The seeker will ask a question to the reader. The more narrow the question, the more precise the reading will be. General readings are to be avoided as in our own experience, these don’t lend well to this method. Example: “Will I get my promotion at work?”

Shuffle: The reader will hand the deck to the seeker so that they may shuffle the deck to their heart’s content.

Cut: The seeker will then, under the guidance of the reader, cut the deck into either three, five or seven packets.

Draw: The reader will then reveal the top card of the packet to their far left (the far right of the seeker), this will be followed by the next card to the right and so on until all three, five or seven cards are revealed.

Reading: The reading begins once all cards have been revealed, from left to right as per the reader’s perspective. The reading will start with the first card, which will then be “read into” the next and so on until each card revealed adds a dimension to the oracular narrative. It is possible that the “central” card to the narrative is not the first one revealed and, in such a case the other cards will be in relation to it. The reader will make this determination in their interactions with the seeker.  

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Suits: the system does not take into consideration the differentiation from one suit to the other, it is however possible for the reader to use these throughout their reading. For example, if the majority of the cards drawn are hearts, it is possible that love or friendship plays an important role and the cards can be interpreted from that angle. Clubs may also indicate aspects of luck. Spades generally have a negative connotation, which could also influence the interpretation of the card or the reading as a whole if that suit dominates. 

Special cards: The ace and two of spades are both considered the Devil’s cards, however the ace of spades is primarily associated with divinatory dreams and as such can be read as a premonition in relation to the cards surrounding it. Whereas the two are specifically the Devil Himself. These two cards should have a predominant role in the reading. 

Clarification card: If further clarification is needed in order to tie the reading together, the seeker may be asked by the reader to cut the main deck and reveal the card from the underside of the top packet.

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Stray card: If a card strays from the deck at any time (during shuffling, cutting or revealing) that card becomes the central card to the oracular narrative. All other cards are interpreted in relation to it. This card is supplemental to the drawn three, five or seven cards and not a substitution for any of the cards revealed. 

Crédit image / Image credit: Takkk, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&gt;, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (3 de 4)

English follows

TW: Mention de rôles traditionnels féminins et masculins dans un contexte catholique.

Dans cette partie, nous vous partagerons les significations que nous avons assignées aux cartes figures. Nous allons discuter comment tirer les cartes à la manière de Richard dans le prochain billet.

Le Valet, tout comme le 9, n’a pas de signification dans l’Histoire des cartes. Cependant, il est possible de déduire que cette carte peut être reliée au protagoniste ou au héros, en le mettant en relation avec le Roi et la Reine. Ce lien sera exploré plus bas. Le Valet, tout comme le héros des contes, semble être la bonne carte pour révéler les traits du fameux Ti-Jean. En anglais, le Valet se nomme “the Jack”, un diminutif de John, qui est le nom traduit de Jean. Les deux nous semblent donc reliés. 

Le valet est la carte du soi. Elle représente notre influence personnelle sur nos circonstances. Elle peut parler de notre perception ou de l’effet que notre personnalité a sur les acteurs d’une situation. Le valet peut aussi représenter le besoin de se faire grand, de cesser d’être ce que les autres veulent que nous soyons. C’est la carte qui demande qu’on accepte qui nous sommes, défauts et qualités, sans essayer de changer notre essence. C’est la carte qui demande que l’on prenne la responsabilité de nos actions. C’est aussi la carte qui demande de poser ses limites personnelles et de les faire respecter. 

Les deux cartes suivantes, ainsi qu’une partie de la carte spéciale, sont basées sur les idées du temps de ce qu’était une femme et un homme. Ces concepts peuvent s’appliquer à toute personne, sans égard à leur genre, mais sont présentés ici dans leur contexte historique. 

La Reine représente, selon Richard, la Reine des cieux. Dans un cadre catholique, cette dernière serait Marie, la mère de Jésus. Cependant, comme cette Reine n’est pas spécifiquement nommée, on peut plutôt y voir ici une représentation d’une énergie maternelle ou le pouvoir du féminin sacré.  

La Reine est la carte de l’énergie divine féminine. Elle représente toute la sphère des émotions qui ont été historiquement attribuées aux femmes, mais qui se trouvent à l’intérieur de chacun sans égard à son genre. C’est la carte de la douceur, de l’attention aux autres, de l’amour maternel. C’est la carte du sacrifice de son corps, de son temps et de sa santé. Elle signifie le besoin de douceur, d’amour et de sécurité pour soi ou pour ceux qui comptent sur nous. Elle peut aussi représenter un don de soi trop grand, sans égard à nos limites. 

Le Roi représente le divin masculin. Richard nous parle d’un seul roi à qui il doit son existence, une référence claire à Jésus dans un contexte catholique. Cependant, on peut étendre cette métaphore au droit divin de régner des rois. 

Le Roi représente le domaine de la masculinité, qui dans un contexte historique serait vu comme la domination, les règles, la loi et l’ordre. À ceci pourrait être ajouté les traits paternels auxquels on peut s’attendre de l’image du père. Ce Roi, encore dans la tête de Richard, est responsable de subvenir aux besoins de sa famille et est un protecteur. Quand cette carte apparaît dans un tirage, elle devrait être interprétée comme le moyen de révéler et d’imposer au monde son pouvoir personnel. Si le Valet parle d’exploits héroïques et de se découvrir soi-même, le Roi est un seigneur établi qui a peut-être tué un dragon dans sa jeunesse, mais qui est maintenant assis confortablement sur le trône qu’il a mérité. Il est important de se rappeler que chaque monarque a ses heures de gloire, mais ne gardera pas son domaine éternellement. 

L’As représente, toujours selon Richard, qu’il n’y a “qu’un seul et vrai dieu à qui il doit sa présence”*. Ceci est clairement une notion catholique et/ou monothéiste, mais en explorant le contexte divin plus largement, nous pouvons interpréter l’As comme la carte de la divinité. Ceci n’est pas la même chose que le féminin ou le masculin divin, mais le Divin simple et inclusif. Il se tient en dehors du concept désuet de la binarité des genres.  

Les As sont les gardiens de la magie. Ils peuvent indiquer le besoin d’une aide supérieure au mondain ou une influence spirituelle dans une situation donnée. Les as peuvent aussi faire référence à la magie que nous portons tous en nous, nous rappelant que nous sommes capables de plus que ce que l’on pourrait s’attendre de nous. Nous sommes capables de repousser les limites du réel. Peut-être est-il temps d’utiliser ce pouvoir ou peut-être est-ce le temps de le mettre au repos. 

Carte spéciale: l’As de pique 

L’As de pique était utilisé par de jeunes femmes pour découvrir l’identité de leur futur époux. Elle plaçait alors cette carte sous son oreiller lorsqu’elle allait se coucher pour rêver du jeune homme en question. Aussi, pour obtenir le même résultat, elle pouvait placer les quatre as sur son ventre avant d’aller au lit (Desruisseaux, 1976). Tout comme le 2 de pique, l’As de pique est considéré comme la carte du Diable (voir paragraphe sur le 2)

L’As peut aussi vous assister dans d’autres types de divinations pour lui donner un “oomph” supplémentaire. 

*cette phrase a été rapportée fidèlement du texte d’origine, mais elle comporte une faute. « Dieu » devrait prendre une majuscule.


TW: Mention of traditional female and male roles in a Catholic context.

In this part we will share with you the meanings which we have attributed to the face cards, in the next post we will discuss the how we can read the cards in the manner of Richard.

The Jack – as with the 9 – does not have a representation in the Story of the Cards due to an apparent lacugna. However, it is not impossible to intuit that this card may have been related to some aspect of the protagonist or hero. This is in relation to the Queen and King cards – which will become more apparent below. The Jack, similar to the valiant hero in the contes seems a good fit for a card revealing all the traits of the famed Ti-Jean. As Jack is a common diminutive of John (or Jean), it speaks to reason that they would be related in some way.

The Jack is the card of the self. It represents the personal influence we have on our own circumstances. It speaks to our perceptions or the effect our personality has on those who are driving a situation. The Jack can also represent the need to make one’s self “big”, to quit being who others want us to be. It is the card that demands that we accept ourselves, all our pros and cons without compromising our essence. It is the card that requires that we take responsibility for our actions. It is also the card that asks us to set our limitations and demand respect.

The following two cards, as well as part of the special card, are based on ideas of the time of what a woman and a man were. These concepts can be applied to any person, regardless of gender, but are presented here in their historical context.

The Queen represents, according to Richard, the singular “Queen of Heaven”, which in a Catholic framework would speak of Mary. However, as the Queen of Heaven is not specifically named, she may be applied to a greater sense of a maternal or divine feminine power.

The Queen is the card of divine feminin energy. She represents all the spheres of emotion which were historically attributed to women, but can also be found in anyone regardless of one’s gender identity. It is the card of gentility, care for others, of maternal love. It is also the card of bodily self-sacrifice, giving also of time and one’s well being. She signifies the need to be soft, to love and feel safe for ourselves or those who depend on us. She can also represent a gift of the self which is too demanding and beyond our limits. 

The King represents the divine masculine. Richard tells us that there is but one king to which he owes his existence, this is clearly a reference to Jesus within the Catholic context. Yet, we can extend that metaphor to the divine right of kings to rule. 

The King thus represents the realm of masculinity, which in a historical context would have exemplified dominance, rule, law, order. To this could be ascribed paternal traits which one would expect from a father figure. The King is thus – again, in the mind of Richard – a provider and a protector. When this card is drawn, it should be taken as a means of revealing one’s personal power imposed upon the world. If the Jack speaks to heroic exploits and discovering one’s self, the King is the established ruler who may have slain a dragon in his age – but now sits comfortably upon his well earned throne. It is important to remember however that each ruler has their day in the sun and not all will hold their domain eternally. 

The Ace represents, as per Richard, that there is “but one true God to which deserves his presence”. This is clearly a Catholic (and monotheistic) notion, yet if we extrapolate this to a broader divine context, we can interpret the Ace as the card of divinity. This is not the same as the divine feminine or masculine, but simply and all encompassing of The Divine. It stands outside the outdated concept of gender binarity.  

Aces are the guardians of magic. They can indicate the need to have supernatural assistance or some spiritual influence on a given situation. Aces can also be a reference to the personal magic we carry within us, reminding us that we are capable of more than may be expected of us. We are capable of pushing beyond our realistic limitations. Maybe it is time to use that power or maybe it is time to put it to rest.

Special Card: Ace of spades – The Ace of spades was used in divination by a young woman seeking to learn the identity of her future husband. She would place it under her pillow when she went to bed, this would induce a dream of his identity. Likewise, in another instance it was all four aces which were placed on the stomach before bed to induce the same result (Desruisseaux, 1976). As with the 2 of spades, the Ace of spades is also regarded as a Devil’s Card (see paragraph on 2). The Aces can assist with other types of divination too to add an extra oomph to your readings.

Bibliographie/Biography:

DESRUISSEAUX, Pierre (1976). Magie et sorcellerie populaire au Québec. Montréal, les Éditions Triptyques. p 41.

Inspiré de l’Histoire des cartes: Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau Dossier: « Cahier B _ contes 194 à 204 » Boîte B265, f6

Image credits/crédit image:

Cartes/Cards: Kinney Brothers Tobacco Company, CC0, via Wikimedia Commons

Carte spéciale/Special cards: https://www.nicepng.com/s/antique-playing-card/

Header: Takkk, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&gt;, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (2 de 4)

English follows

Dans cette partie, nous vous partagerons les significations que nous avons assignées aux cartes, à l’exception des figures qui suivront dans le prochain billet.

Tel que noté dans la première partie, l’Histoire des cartes nous semble une manière de légitimer une pratique plus ésotérique dans un contexte Catholique, de la rendre acceptable ou minimalement défendable devant les autorités du clergé et autres membres de la paroisse. Cependant, il semble aussi que ce soit un moyen de parler directement avec le Divin et de connaître sa réponse sans l’intercession du clergé. 

Nous nous sommes basés sur l’Histoire des cartes de Richard, mais nous avons assigné une signification plus moderne et, soyons honnête, moins Catholique que ce que Richard nous rapporte. 

Le 2 représente les deux livres de la Bible, soit l’ancien et le nouveau testament. Ces deux livres forment la fondation de la foi catholique et la totalité de l’oeuvre de Dieu. Cette “fondation” peut facilement être transposée comme la fondation de sa propre vie. 

Dans un tirage, le 2 réfère au passé. Pas tant à ce qui est arrivé la semaine ou l’an passé, mais aux événements qui ont formé ce que vous êtes. C’est votre fondation, ce sur quoi votre personne a été bâtie, pour le meilleur et pour le pire. Ça peut autant être votre enfance, des événements importants qui ont eu lieu plus tard dans votre vie ou vos valeurs fondamentales. Il est possible que ça remonte même à vos racines ancestrales.

Carte spéciale: 2 de pique – la carte du Diable.

Dans le folklore canadien français, le Diable ou Yâbe, n’est pas nécessairement le Diable chrétien traditionnel. Il peut être là pour tenter et punir les pécheurs et ainsi les emporter avec lui en Enfer, tel que dans la légende de Rose Latulipe. Il peut aussi nous aider, être un trickster qui peut être déjoué et/ou piégé à son tour. Ainsi nous le considérons comme un Malice de grande puissance. Il existe plusieurs histoires où Dieu ordonne au Yâbe d’Aider dans la construction d’une église. Dieu utilise généralement un objet physique pour forcer le Yâbe à obéir. Si cet objet est retiré, ce qui arrive invariablement, le Yâbe s’échappe et retourne en Enfer. C’est aussi lui qui donne aux canots le pouvoir de voler lors de la chasse-galerie. Ce “cadeau” est bien évidemment accompagné de règles strictes dans l’espoir que le voyageur les brise et que le Yâbe puisse amener son âme en enfer. Cependant, si les règles sont suivies, les voyageurs atteindront leurs destinations en sûreté. Plusieurs histoire de type “the Devil went to Georgia” peuvent être trouvés au travers du folklore du Canada français. 

Si vous tirez cette carte, soyez sous vos gardes, mais n’assumez pas le pire. Le Yâbe peut déjouer et même parfois, être pris à son propre jeu.  

Il est à noté que l’as de pique est aussi considéré la carte du Diable. 

Le 3 représente la Sainte Trinité, soit l’union de Dieu le père, le Saint Esprit et Jésus le fils. La relation entre ces trois êtres divins et comment ils interagissent. Dans ce sens, le 3 est la carte des relations familiales.  

Le 3 est la carte de la famille, elle peut autant parler de la famille biologique que de la famille choisie ou même d’un groupe qui s’apparente à une famille, comme par exemple les relations entre collègues ou entre les membres d’un groupe (chorale, D&D, club…). Le 3 parle de leur influence dans une décision, leur influence sur notre croissance comme personne, notre développement émotif. Le 3 peut symboliser le besoin d’aller chercher un conseil ou du besoin de discuter avec des personnes de confiance pour découvrir une pièce d’information critique au choix ou à la compréhension d’une situation. 

Il est bon de se rappeler que la Trinité, selon l’enseignement catholique, est en fait une seule entité fusionnée. Le 3 peut donc aussi symboliser les relations malsaines où l’un peut subir de la pression pour se conformer au groupe ou encore, où l’on ne peut faire ni exprimer ses propres choix. 

Le 4 représente les quatre évangélistes, Saint Marc, Saint Mathieu, Saint Jean et Saint Luc. Ce sont les quatre témoins principaux de l’œuvre de Jésus, selon l’Église catholique. Pour nos besoins, le 4 représente des nouvelles ou des commérages.

Le 4 représente le besoin de se tenir au courant des informations les plus récentes, un besoin de connaissances afin de bien juger une situation. Elle indique le besoin de voir à l’extérieur de notre bulle et de notre chambre à écho afin d’avoir une meilleure chance de bien percevoir une situation et non pas de l’interpréter avec nos biais. C’est la carte qui nous demande de faire tomber nos œillères. 

Alternativement, elle peut indiquer des forces qui jouent contre nous, que ce soit en essayant consciemment de nous nuire ou en essayant d’aider, mais de la mauvaise façon. Elle indique comment la façon dont on est perçu par autrui peut avoir une répercussion sur nos chances de succès. 

Le 5 représente les cinq livres de Moïse (le Pentateuch) qui remontent aux racines du christianisme et même le précède. C’est l’enseignement et le savoir ancien qui peut venir directement des ancêtres. 

Le 5 représente le besoin de communiquer avec les ancêtres. Il peut aussi indiquer le besoin de se tourner vers un de vos ancêtres qui vous inspire ou essayer d’incarner une de leur qualité. Un d’eux à quelque chose à vous dire et attends seulement que vous l’écoutiez. Rappelez vous que les ancêtres peuvent venir de votre sang, de l’histoire ou de l’influence qu’ils ont eu sur vos vies. 

Le 5 peut aussi représenter le besoin de se plonger profondément dans notre part d’ombre et de regarder ce qui s’y cache, ce qui a besoin d’être réparé et corrigé et d’y faire face. 5 est la carte de l’être primal, le Déraisonnable qui doit être accepté et apprivoisé. 

Le 6 représente la création. Dans un contexte catholique, Dieu a pris six jours pour créer le monde. Dans notre système, ces six jours peuvent être interprétés comme le sens de la créativité ou le travail acharné. C’est la carte où l’on découvre des aspects de notre créativité dans une discipline familière ou non. C’est aussi le travail dans lequel on doit s’engager pour pouvoir voir notre création prendre forme.  

Le 6 représente le besoin de sortir des sentiers battus, de regarder une situation avec un regard neuf, de faire fi du possible pour trouver l’impossible. Il n’y a pas de contrainte qui se cache derrière le 6. 

Le 6 peut représenter le besoin de créer quelque chose de tangible, de commencer un nouveau projet ou de prendre un risque que l’on contemple depuis longtemps. Gardez à l’esprit que ce qui tient une création en un morceau est le travail assidu. Il est essentiel de mettre des efforts dans l’acte de création. Ce sera peut-être difficile, ou long ou les deux, avant de voir des résultats, mais ça en vaudra la peine. Ne perdez pas vos objectifs de vue. 

Le 7 représente le besoin de repos. Dans le catholicisme, Dieu s’est reposé le 7e jour après la création du monde. Le 7 peut être vu comme un moment où l’on doit s’arrêter, se reposer et récupérer après un effort ou le besoin de prendre soin de soi. 

Le 7 représente le besoin de considérer où, comment et avec qui nous investissons nos énergies. Vous êtes supposé être une priorité dans votre vie, mais l’êtes vous vraiment? Prenez un moment de recul, contemplez votre vie et considérez dans quelle direction vous voulez qu’elle aille et quels changements, s’il y a en a, devez-vous faire pour y arriver. 7 indique le besoin de réfléchir à un choix un peu plus longtemps avant de prendre une décision. Ce n’est pas le temps de presser les choses. 7 vous dit que c’est correct de prendre du temps juste pour vous. Prendre soin de nous c’est prendre du temps pour faire de la réflection, c’est le repos du guerrier avant la prochaine bataille. Ou encore… vous devriez peut-être aller au lit plus tôt. 

Le 8 représente le déluge de la Genèse, ou plutôt ses huit survivants: Noé, sa femme, leurs fils et les femmes de ceux-ci. On peut dire qu’ils représentent le triomphe sur des dangers ou un immense obstacle. Le 8 peut aussi indiquer qu’il y a quelque chose à l’horizon que nous devrons surmonter. 

Si vous tirez le 8, vous êtes face à un obstacle ou le serez bientôt. Tout obstacle vu de près semble gigantesque ou insurmontable. Il est facile de se décourager et confortable de l’ignorer, mais dans les deux cas, notre chemin est bloqué. Le 8 nous demande de faire face à nos problèmes et de prendre action pour en venir à bout. Parfois il faut passer au travers, d’autres fois le contourner et parfois, le pousser à bouger de lui-même. 

Le 8 peut aussi représenter un danger à votre personne, à ceux que vous aimez ou à vos projets. Le 8 est un avertissement pour que vous soyez alerte, qu’on ne vous prenne pas par surprise. Restez sur vos gardes et avancez prudemment. Comme pour les obstacles, les dangers ne disparaîtront pas par aveuglement volontaire ou par magie. 

Il n’y a pas d’interprétation simple pour le 9, car ce chiffre est manquant dans le texte, et probablement la narration, de l’Histoire des cartes. Cependant, nous croyons que cette carte représente l’inconnu. Sans correspondance définie, le 9 peut être interprété de plusieurs façons selon l’interprétation de la personne lisant les cartes, relativement aux autres cartes qui ont été tirées.

Le 9 représente l’élément de chaos dans toute situation. Le 9 est tout ce qui peut mal aller et tout ce qui peut bien aller. C’est les éléments que vous ne pouvez anticiper, c’est les forces de l’Univers que vous ne pouvez voir ou contrôler. Le 9 demande de la flexibilité, de suivre le flot et d’accepter le changement.

Le 9 peut aussi représenter un secret que vous devez garder ou que l’on vous cache.

Le 10 représente les Dix commandements, donc la loi, les responsabilités ou le devoir. Cette carte est de qui a besoin d’être fait ou encore… ce qui doit être fait. Selon le contexte de ce système de divination, cette carte est dirigée par une force supérieure. 

Le 10 est une carte qui présente à première vue un obstacle, mais devrait plutôt être vue comme une opportunité. Le 10 vous donne des balises entre lesquelles agir, elle vous donne le contexte pour guider vos choix. C’est votre choix d’obéir à la loi, en repousser les limites ou de l’ignorer. Le 10 vous laisse faire votre choix en connaissance des conséquences. Elle peut aussi représenter l’opportunité de se laisser guider par une règle déjà établie lorsque plusieurs de nos valeurs sont en conflit. Le 10 peut aussi représenter la sécurité. 


In this part we will share with you the meanings which we have attributed to the cards, with the exception of the face cards which will follow in the next post.

As noted in the first part, the Story of the Cards appear to us as a means to legitimize a more esoteric practice within the larger Catholic context and make that more amenable to – or more easily defensible – before the authority of the clergy and other members of a parish. That said, it also seems likely that this was a means to speak directly to the Divine and to receive a response without the intercession of the clergy. 

We have based ourselves on the Story of the Cards of Richard, but we have also assigned significance which is more modern and, to be honest, less Catholic than what Richard reports. 

The 2 represents the two books of the Bible – that is the Old and New Testaments – which form the foundation of Catholic faith and thus represent the totality of God’s work. This “foundation” can be easily transposed onto the foundation of one’s own life.

In a reading the 2 refers to the past. Not so much what happened a week or a year ago, but what shaped you. It’s your foundation, that upon which you are built, for better or worse. It can be just as much your childhood, some important event later in life or your core values. It can even go back to your ancestral roots. 

Special card: 2 of spade – La carte du Diable/The Devil’s card.

In French Canadian folklore, the Diable, or Yâbe, is not necessarily the traditional Christian devil. He can be there to punish sinners or to submit people to temptation and spirit them to hell if they give in, as seen in Rose Latulipe story, but he can just as much be a helper, a trickster or be tricked in its turn. As such, we consider him a very powerful Malice. There are many stories where the Yâbe is ordered by God to help people build a church. God normally uses some physical object to force the Yâbe to obey and if it is removed, the Devil escapes and goes back to Hell. He is also the one giving power of flight to the flying canoes of the chasse-gallerie under strict rules in hope that the travelers will break them and he’ll be able to bring their souls to Hell. However, if the rules are followed, the travelers will reach their destination safely. Many “the Devil went to Georgia” type stories can be found throughout the folklore of the French Canadians. If you draw this card, be on your guards but don’t assume the worst, the Devil can be outsmarted. It should be noted that the ace of spade is also considered the Devil’s card. 

The 3 represents the Holy Trinity, that is the union between God the Father, the Holy Spirit and the Son (Jesus). Thus the relationship between these three divine beings and how they interplay or relate. In this sense, the 3 is the card of family relations. 

The 3 is the family card, it can speak to biological family as much as chosen kinship or to groups which have close family-like bonds, such as a relationship between colleagues or some other group (choir, D&D, club…). The 3 speaks to their influence in a decision, their influence on our personal growth and emotional development. The 3 can also symbolize the need to go and get counsel or the need to talk with a person of confidence to discover some important information necessary to making a choice – or to understand more fully – a particular situation. 

It is good to remember that the Trinity, according to Catholic teaching, is in reality one united person. The 3 can thus also symbolize unhealthy relationships where we may be facing pressure to conform to a group where we can not fully express our personal choice. 

The 4 represents the Four Evangelists – Sts. Matthew, Mark, Luke and John – who were the primary witnesses to Jesus’ works (according to the Catholic Church). For our purposes the 4 is therefore a card representing news and/or gossip. 

The 4 represents the need to be kept abreast of current affairs, a need to have the proper knowledge to best judge a situation. It indicated the need to look beyond ourselves, to step out of the echo chamber so that we may better read a situation without falling prey to our biases. It is the card that asks us to let down our blinders. 

Alternatively, it can indicate forces which play against us, which may be harmful or perhaps coming to our aid – but in a way that is not healthy. It reveals the way we are perceived by others and how that perception may hinder our chances of success.  

The 5 represents the Five Books of Moses (the Pentateuch) which reaches back to the roots of Christiany and even predates it. It is the ancestral layer where guidance and teachings may come forward directly from the ancestors themselves. 

The 5 may represent the need to communicate with the ancestors. It can also mean that you need to turn to one of your ancestors to inspire you and to embody one of their qualities. One of them has something to tell you and is waiting for you to listen. Remember that ancestors can come from blood, history or through their influence on our lives. 

The 5 may also represent the need to dive head-first into our abyss and to reach deep within the earth to see what lurks there, what needs to be fixed and to face it. The 5 can be the primal being, the Unreasonable which needs to be faced, accepted and tamed. 

The 6 represents Creation, in a Catholic context that is the six days it took God to create the world. Within this system these six days of creation can be understood to mean a sense of creativity or hard work. This is the card where you discover aspects of your creativity, which may be known or as of yet unknown. Also, the labour which one must engage in to see the “creation” through. 

The 6 represents the need to think outside the box, to look at a situation with new eyes, to let go of the possible and find the impossible. There are no shackles behind the number 6. It can also mean the need to create something tangible, or to start a new project, or to take that risk you keep putting off. Keep in mind that everything that holds the creation together requires hard work. Efforts must be put into the act of creation. It may be hard, or long, or both before you see the fruits of your labour, but it will be worth it. Keep your eyes on the prize.

The 7 represents the need to rest. Within the Catholic context, the 7th day was the day God rested after Creation. Therefore, the 7 can be read as a time for taking a break, recuperating after a difficult endeavour or the need to engage in self-care. 

The 7 represents the need to consider where, how and with whom you spend your energy. You are supposed to be a priority in your life. Are you? Take the time to step back, to contemplate what your life has been, where you want it to go and which, if any, changes you need to make to keep on track. 7 is the need to ponder a decision for a bit longer, it indicates that now is not the time to rush. 7 tells you that it’s ok to make some time just for you. It’s self-care, it’s reflection, it’s the warrior’s rest before the next battle. Or, you know, go to bed earlier.

The 8 represents the Deluge, or rather the eight survivors of the Genesis flood. These survivors were Noah, his wife, three sons and their three wives. It can be said that they represent the overcoming of certain dangers or an immense obstacle. In this same way, we may understand the 8 as something upon the horizon we must likewise overcome.  

If you draw the 8, you are facing an obstacle or will be shortly. All obstacles, when viewed up close, seem gigantic and insurmountable. It is easy to get discouraged and comfortable to ignore it, but in either case, our way forward is blocked. The 8 asks us to face our problems and to take action so that we reach the end of that road. Sometimes we have to go through the obstacle, sometimes we must go around it, at others we instigate the roadblock to move itself. 

The 8 can also represent a personal danger or a danger to those you love or else a project. The 8 is a warning for you to stay alert, so that nothing catches you off-guard. Keep a keen eye and advance with caution. As with obstacles, dangers will not disappear through blinding one’s self to them or by magic alone. 

There is no straightforward interpretation for the 9 within the Story of the Cards since in the text (and possibly the narration) there is a lacugna. However, it is our belief that this card represents the unknown. With no defined correspondances, the 9 can be interpreted in many ways based upon the readers interpretation relative to the other cards. 

The 9 represents the element of chaos in all situations. The 9 is all that can go wrong and all that could go well. It is the element of surprise, it is the forces of the Universe that are out of your control.

The 9 demands a certain flexibility, to go with the flow and accept change. The 9 can also signify a secret that you need to keep or one which is being kept from you. 

The 10 represents the Ten Commandments, thus a sense of law and responsibility or duty. This card is what needs to be done or rather… what must be. Within the context of the system, this is directed from a higher power. 

The 10 is the card which at first appears to be an obstacle, but should rather be viewed as an opportunity. The 10 will give you the metric within which you are to take action, it is this card which provides a context to guide your choices. It is up to you whether you will obey the law, to push the limits thereof or to ignore it. The 10 will let you make that choice in full knowledge of the consequences. It may also represent an opportunity to let yourself be guided by the rules already established while some of our values are in conflict. The 10 can also represent security. 

Images credit:

Header/entête: Auckland Museum, CC BY 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/4.0&gt;, via Wikimedia Commons

Cartes: Kinney Brothers Tobacco Company, CC0, via Wikimedia Commons

L’histoire des cartes (1 de 4)

English follows

La cartomancie chez les Canadiens français diffère de la cartomancie dans les vieux pays de plusieurs manières. Cet article parlera de l’histoire de la cartomancie au Canada français, de ses racines en France et offrira quelques options pour redynamiser cette pratique folklorique aujourd’hui. 

Nous sommes extrêmement reconnaissant à Marius Barbeau pour le travail immense d’enregistrement du folklore régional de plusieurs communautés et en particulier pour cette pièce. Si ce n’était de lui qui a griffonné “l’histoire des cartes”, une petite histoire que son père lui avait conté, nous ne connaîtrions pas les correspondances entre les valeurs des cartes et leur qualités divinatoires.

Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau Dossier: « Cahier B _ contes 194 à 204 » Boîte B265, f6

Avant de plonger dans une discussion en détail de ce document, il est important de connaître la brève histoire de la cartomancie de la France aux colonies Nord-Américaines. En Europe, nous voyons une indication de la présence de divination utilisant des cartes à partir du 15e siècle. On pense que les cartes tarocchi de la Lombardie, elles-même une évolution des cartes égyptiennes Mamelouk, sont les ancêtres du tarot (ainsi que des cartes à jouer modernes de l’Europe)1.  La cartomancie à quitter l’Italie pour se rendre en Espagne, puis se répandre en France, possiblement par des soldats Français. Il n’est pas impossible qu’il y ait eu des traditions antérieures en France, étant donné qu’elle partage une frontière et des activités commerciales avec l’Europe et l’Italie, mais le tarot est clairement popularisé par importation italienne. Au milieu du 18e siècle, Jean-Baptiste Alliette (Ettiella) publia un guide pour son système appelé Le petit Etteilla ou L’Art de tirer les cartes (éditions de 1753 et 1791). Cet ouvrage était largement fondé sur l’étude et l’interprétation du tarot de Marseille par Antoine de Court Gébelin, publié quelques cinquante ans auparavant2. À partir de ce point, la lecture des cartes fut encore plus mise de l’avant par Mademoiselle Marie-Anne Lenormand (1772-1843). Mademoiselle Lenormand, la Sybille de la Révolution et de l’Empire, était célèbre pour ses connexions avec des révolutionnaires tels que Marat, Robespierre et Saint-Just3. Après sa mort, des cartes ayant les motifs qu’elle utilisait furent produites en masses et vendues à grande échelle. Au 20e et 21e siècles, les systèmes de Court de Gébellin et Etteilla furent les plus influents sur le développement et la propagation du tarot. 

En Nouvelle-France, les cartes à jouer ont largement circulé au moins à partir du 17e siècle. En 1684 l’intendant Jacques de Meulles introduit la “monnaie de carte”, des cartes à jouer ayant une valeur monétaire, à cause d’une pénurie de pièces. En 1717, cette pratique pris fin et en 1720, cette monnaie fut déclarée sans valeur4. Comme ces cartes étaient utilisées comme monnaie, elles devaient être répandues. Par contre, est-ce que le tarot était aussi répandu en Nouvelle-France? C’est peu probable. Peut-être dans les plus hautes sphères de la société provenant la cour de France, mais pas chez le peuple. Ce que nous savons c’est que les cartes à jouer ont pris des connotations magiques et furent incorporées dans des pratiques folkloriques liées à la divination. Cependant, ces pratiques ne sont consignées que par des ethnographes du 20e siècle et non auparavant. Dans Desruisseaux5, nous apprenons que pour découvrir l’identité de son futur époux, une jeune fille pouvait placer un ace de pique sous son oreiller ou les quatre as sur son ventre. Ainsi, elle s’assurait de rêver à celui qu’elle marierait. De Desruisseaux6, nous apprenons que si vous jouez aux cartes, avoir plus de pique que de toute les autres suites est malchanceux. De même, il est malchanceux de jeter un jeu de carte par terre. Dans Tremblay, on nous informe qu’au début du 20e siècle, la divination par les cartes était utilisé dans la Vallée du Richelieu pour aider à décider si une femme devrait marier un l’homme qui la courtisait ou non7. Cette pratique était sévèrement condamnée par le clergé qui égalait cette pratique à “parler au Diable”, faisant écho à Mgr. Turgeon en Beauce quelques décades auparavant8.  De toute évidence, les cartes étaient connues en Nouvelle-France comme ayant des pouvoirs divinatoires et étaient utilisées comme tel (et plus tard au Canada et dans d’autres colonies).

Ceci nous amène au dénommé Richard de “L’histoire des cartes” tel que racontée par Charles Barbeau à son fils Marius. Quel âge à cette histoire? Difficile à dire. Nous savons par d’autres enregistrements par Barbeau que des conteurs de quatre-vingt ans (ca. 1920s) racontaient encore des histoires apprises dans leur jeunesse de conteurs aussi dans les quatre-vingt ans. Il n’est donc pas inconcevable, et pour nous même probable, que cette Histoires des cartes date de la fin du 18e siècle au début du 19e. L’histoire elle-même semble être un récit-cadre, une technique courante dans le conte oral traditionnel, pour expliquer la signification des cartes. L’histoire prends place dans une église et recadre les cartes comme un outil de la grâce divine plutôt qu’un objet de damnation. Le protagoniste, Mr. Richard ridiculise le constable de l’église en prouvant au curé que ses cartes sont en fait des présages divins, au même niveau qu’un livre de prière. Cette histoire fournit soit des instructions pour interpréter les cartes en divination ou une couverture si quelqu’un était accusé d’utiliser les cartes d’une manière impie. À Courir le loup-garou, nous disons “pourquoi pas les deux”?

Restez à l’affut pour “La cartomancie chez les Canadiens français: L’histoire des cartes (partie 2)” ou nous examinerons en profondeur le contenu de l’Histoire des cartes. D’ici la fin de cette série, nous vous présenterons une manière de “Tirer les cartes à la manière de Richard” pour un usage moderne en Sorcellerie.

Nous souhaitons remercier le Musée canadien de l’histoire pour la gracieuse permission d’utiliser la numérisation qui illustre ce billet. Il s’agit d’un document qui se trouve dans leurs archives et nous ne pourrions leur être plus reconnaissant de leur aide et de leur acceuil pendant nos recherches.


Cartomancy among French Canadians diverges in a number of ways from cartomancy in the Old World. This article will discuss the history of cartomancy in French Canada, its roots in France and offer ways in which we can rejuvenate this older folk practice in our modern times. First and foremost, we are extremely thankful for all the diligent work Marius Barbeau undertook in the recording of his regional folklore and for this piece in particular. If it were not for him scribbling down a quick story his father once told him, called L’histoire des cartes (The Story of the Cards), we would not know what the correspondences were between the card denominations and their divinitory qualities. Here is a translation of that story (see original above in French):

“One day, there was a man so-named Richard. He walked in front of the church, he entered to hear the holy mass. He walked up to the churchwarden’s pew. He sat there as though it were his pew to sit in. Mr. Richard, instead of pulling out a book of prayer from his pocket, pulled out a deck of cards. The constable made a sign with his finger for Richard to get out of that pew. Mr. Richard did not comply. The constable went up to Mr. Richard and said to Richard: – “Instead of starting with a deck of cards, you ought to begin with a book of prayer. Richard said to the constable after mass: – “I will show you the meaning of my deck of cards”. 

After the mass, the constable and priest went to find Richard and reproach him for his actions. Mr. Richard then told the constable and the priest: – “Well, if you will let me explain my deck of cards, I will explain it to you”.

The priest said: – “Speak Richard, I give you permission.” Richard then drew the 2 and said that the 2 represented the two testaments. The 3 represents the three persons of the Holy Trinity. He then drew the 4 and the 4 represents the four evangelists. He drew the 5 and the 5 represents the five Books of Moses. He drew the 6 and the 6 represents for me a reminder that God took six days to create the sun and the earth and on the 7th he rested (*the meaning of 7).

He then drew the 8: – “8s represent for me the eight people saved from the Flood”. He drew the 9 (*a lacuna). He draws 10, he said, represents the ten commandments of God. He drew the Queen, the Queen represents that there is but one Queen in Heaven. He drew the King, the King represented to him that there is but one king to which he owed his service. He drew the Ace, which represented that there is but one true God to which he owed his service.  

The priest said to Richard: – “Richard, I was hastening to see you punished.” – “Mister priest, if you will give me permission to speak I will bring you some satisfaction”. – Speak Richard, I give you permission.” – Mister priest, it would seem to me that the constable before you represents to me a real scoundrel.

Note: Told to me (*Marius Barbeau) by my late father. I cannot remember it that well. The story of A Thousand and One Nights is also recounted by my father. My late father had no education, he couldn’t even sign his name. But, he had a great memory for remembering the stories he heard told to him.”

Before discussing the story in greater detail, it is important that we present a short history of cartomancy from France to the North American colonies. In Europe we see clear evidence of cartomancy from the 15th century onward and it is believed that the tarrochi cards of Lombardy, themselves developed from the Mamelouk cards of Egypt which are the ancestors to the tarot (as well as modern playing cards of Europe)1. From Italy, we then see evidence of cartomancy in Spain and then imported into France, possibly by French soldiers. That is not to say that in France there were no earlier cartomancy traditions, given that it shares a border and trade activity with Spain and Italy, but the system of tarot is clearly popularised later through Italian import. In the mid-18th century, Jean-Baptiste Alliette (Ettiella) published an interpretive guide to his system called Le petit Etteilla or L’Art de tirer les cartes (1753 and 1791 editions). This work was widely founded on the study and interpretations of the Marseille tarot conducted by Antoine de Court Gébelin some fifty years earlier2. From here, cartomancy was further popularized by Mademoiselle Marie-Anne Lenormand (1772-1843), who was claimed as the Sybille de la Révolution et de l’Empire and was famous for her dealings with French revolutionary era men such as Marat, Robspierre and Saint-Just3. After her death, playing cards featuring the designs she used in her practice which were mass produced and sold widely. In the 20-21st century, the systems of Court de Gébelin et Etteilla were the most influential on the development and spread of tarot.  

In New France, playing cards are known to have circulated since at least the 17th century. In 1684, the Intendant Jacques de Meulles introduced playing card money due to a shortage of coins. In 1717, this practice came to an end and by 1720 card money was declared of no value4. As these cards were used for money, they must have been widespread. But was the tarot system of cartomancy also widespread in New France? Doubtful. Perhaps in the highest strata of society from the French court, but not among the common people. What we do know is that playing cards took on magical connotations and were incorporated into folk practices tied to divination, however we only have 20th century ethnographic works which recount these customs. In one such work (Desruisseaux5), we are told that a young woman may place the ace of spades under her pillow, or the four aces on her stomach, as she sleeps to learn of her future husband. From DesRuisseaux6, we learn that if you are playing cards and have more spades than other suits, this is unlucky. Likewise, it is unlucky to throw a deck of cards on the ground. In Tremblay, we learn that, at the beginning of the 20th century, card divination was used in the Richelieu Valley to help in deciding if a woman should get married to the man who was courting her or not7. This practice was vehemently condemned by the clergy who equated the practice to “talking to the devil” echoing the words of Mgr. Turgeon in Beauce a few decades before8.   Clearly, the cards had known divinitory powers and were used as such by the people in New France (and later Canada and other former colonies). 

This leads us to Le dénommé Richard of the “Story of the Cards” recounted by Charles Barbeau to his son Marius. How old is this tale? It is hard to say. We do know from other collected works by Marius Barbeau that some of the folk tales collected were taken from conteurs in their 80s (ca. 1920s), who heard it as children from conteurs who were themselves of old age. Thus, it is not inconceivable – and to our mind, rather probable – that this Story of the Cards dates to the late 18th to early 19th century. The story itself seems to be a frame narrative, which was a common plot device used in oral traditional storytelling, to convey the significance of each card’s correspondances. The story, taking place in a church, tells a tale of vindicating playing cards as being tools of divine grace as opposed to tools of damnation. The protagonist Mr. Richard makes a fool of the church officials by proving that his playing cards are in fact divine portents, implied to be on par with that of a book of prayer. This story therefore provided either a set of instructions for interpreting playing cards in divination or a cover story if ever someone was accused of using the cards in a devilish manner. We at Courir le loup-garou say “why not both?”. 

Stay tuned for “French Canadian cartomancy: The Story of the Cards part 2”, where we will delve deeper into the “Story” and examine its contents. By the end of this series, we will present you an interpretation of “Tirer les cartes à la manière de Richard” (Reading the “cards in the manner of Richard”) for use in your modern Sorcellerie. 

We would like to thank the Canadian museum of history for the usage of the scan which can be found in the French version of this post. This document comes from their archives, where they were always helpful and welcoming. We couldn’t be more grateful.

1 Mazlo Robert, À la recherche du Tarot perdu. Les tablettes d’Hermès., Ramuel, 1998, 246 p. (ISBN 978-2-910401-86-3), pp. 16-18 et 48. 

2 Antoine Court de Gébelin, Monde primitif, t. VIII, 1781.

3 Cf. Louis Du Bois dans De Mademoiselle Lenormand et de ses deux biographies, Paris, 1843 [archive], qui cite Marat, décède quand Lenormand prétendait le conseiller, et Hoffmann, qui loin d’être un consultant critiqua et caricatura La Lenormand.

4 Charlotte Gray ‘The Museum Called Canada: 25 Rooms of Wonder’ Random House, 2004

5 DESRUISSEAUX, Pierre. (1976) Magie et sorcellerie populaires au Québec. Éditions Triptyque. Montréal. 205 p.

6 DESRUISSEAUX, Pierre. (1989) Dictionnaire des croyances et des superstitions. Éditions Triptyque. Montréal. 227p.

7 TREMBLAY, Martine. 2001. Le mariage dans la vallée du Haut-Richelieu au XXe siècle: ritualité et distinction sociale. Presses de l’université Laval. Ste-Foy. 270 p.8 ABBOTT, Francis A. The Body or the Soul? Religion and culture in a rural parish, Saint-Joseph-de-Beauce, 1736-1901. Thèse de doctorat en philosophie. Simon Fraser University, 2012, 307p.

Image de couverture / cover image : Crédit: COLLECTION NATIONALE DE MONNAIES, MUSÉE DE LA BANQUE DU CANADA, Reproduction fidèle de Monnaie de carte, Canada (Nouvelle-France), 1714, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Les arrêteurs de sang

English will follow

Une des formes de don la plus répandue était l’arrêteur de sang. Il est à noter que ce don n’est pas limité aux Canadiens français et se retrouve un peu partout en Amérique du Nord. Il n’en reste pas moins que l’arrêteur de sang était une personne essentielle dans nos communautés et, évidemment, la manière dont il était utilisé avait une saveur locale. 

La méthode la plus commune pour bénéficier du don d’un arrêteur de sang était de simplement lui demander. L’un pouvait se présenter chez un arrêteur de sang pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre. Dans Roy, on décrit le rituel de cette manière. Un enfant surgit chez M. Collin, un conteur, guérisseur et arrêteur de sang. Il lui demande “M’man d’mand’ si vous voulez ‘i arrêter l’sang”. M. Collin s’arrête un instant en silence et réponds “Va-t’en, c’est arrêté” (1). M. Collin rendait grâce à Dieu pour ses dons et se considérait comme un vecteur pour le pouvoir de Dieu.

Ayant un arrêteur de sang dans ma famille, je peux témoigner qu’aujourd’hui, on téléphone aussi au détenteur du don. La demande n’a pas besoin d’être faite en personne, même que dans les cas où il est impossible de faire une demande directe, penser à l’arrêteur de sang peut-être suffisant. Cette méthode est d’ailleurs notée dans la section “médecine” de Roy (1)

On recense des cas où les prêtres ont le don d’arrêter le sang, démontrant que ce don n’est pas en contradiction avec le catholicisme. On recense une anecdote où un prêtre fut appelé auprès d’un blessé grave qui perdait beaucoup de sang. Celui-ci fit un signe de croix sur la blessure, ce qui ralenti l’hémorragie suffisamment pour que le blessé puisse être déplacé et qu’on puisse appliquer un tourniquet sur le membre. (2)

Une autre méthode religio-adjacente pour arrêter le sang se trouve dans les archives du musée de la Gaspésie. On y retrouve une note manuscrite pour une prière pour arrêter le sang. Il y a même une prescription spéciale pour les femmes qui “ont des pertes”. Ces “pertes” ne peuvent être interprétées que comme les saignements qu’une femme enceinte peut avoir. Ceux-ci sont souvent précurseurs d’une fausse-couche. 

“Prière pour arrêter le sang” utilisée grâce à la générosité du Musée de la Gaspésie (5)

Transcription: 

Grand Dieu du ciel et de la terre vous qui êtes le maître de tout l’univers faites-moi la grâce d’arrêter le sang de Gilbert Caron qui saigne. Sang arrête-toi aussi vite comme celui qui a coulé dans les veines de notre Seigneur quand il a été crucifié sur la croix. Dire un Pater avec en l’honneur de lui qui saigne.

Femme qui a des pertes, dire la même prière en prenant le bas de sa chemise en la revirant à l’envers. 

(Pour une altère(?) prendre une objet quelconque et la revirer à l’envers(?))

Il n’est pas spécifié si cette prière est faite silencieusement ou non, mais le Pater doit être “dit” ce qui laisse à penser qu’au moins cette partie est prononcée à haute voix. Dans la deuxième section qui s’adresse aux femmes, on commence par “dire la même prière”, ce qui laisse à penser que le processus complet pourrait devoir être fait audiblement.(3) 

Il existait aussi des arrêteurs de sang qui n’avaient “aucune religion ni dans leurs vies ni dans leurs méthodes” (2) L’exemple donné est effectivement très différent des méthodes précédentes. 

Sur un chantier, une personne A saigne abondamment. L’arrêteur de sang s’approche et lui demande le nom de jeune fille de sa mère. Pendant que la personne A répond, l’arrêteur de sang lui saisit brusquement la main. L’idée derrière cette méthode est que ces deux éléments servent à “faire changer l’idée” de celui qui saigne, la distraction lui faisant “oublier” de saigner. (2)

Ce don était transmissible d’une personne à l’autre. Le seul exemple à l’extérieur de notre expérience personnelle parle d’une passation entre personne du sexe opposé et seulement après l’adolescence (4). Selon mon expérience personnelle, le don peut aussi être passé à une personne de la famille du même sexe. 

  1. ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p. 84 et p. 206.
  2. BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. p. 91.
  3. Musée de la Gaspésie. 
  4. ROUSSEAU, Madelaine et Jacques Rousseau. (1950) Charmes et merveilleux. Extrait des Archives du Folklore Vol. 4, 1949. Fides. p.78
  5. https://museedelagaspesie.ca

Bloodstoppers

One of the most common don (gifts) is the ability to stop blood (called an arrêteur de sang). It is important to note that this gift is not limited to French Canadians and is found throughout North America. That said, it can be said that the bloodstopper was an essential member of a community and as such how this gift was expressed took on a local flavour. 

The most common means to gain assistance from a bloodstopper was to simply ask for their aid. One could go to a bloodstopper for their own needs or on behalf of the needs of another. In Roy, the ritual is described as such: A child showed up at the residence of Mr. Collin, who was a conteur (storyteller) and bloodstopper. The child asked: “Mother asked me if you can stop her bleeding” Mr. Collin stopped for a moment in silence and replied: “Go, the bleeding has stopped”. (1) Mr. Collin would credit God with his gifts and considered himself a channel for the power of God. 

Having a bloodstopper in my family, as I can attest to up to this day, we can also call them on the phone for their gifted assistance. The request does not need to be done in person, even when it is impossible to make the request directly, the bloodstopper can do their work just by thinking of them. This method is listed in Roy under “medicine” (1). 

We can find cases where priests were known to possess the bloodstopping gift, which tells us that this gift was not at odds with Catholicism. There is an anecdote  where a priest was called to the scene of a severely wounded person who was losing a large volume of blood. The priest did the sign of the cross on the wound and the hemorrhage abated enough for the injured party to be transported and a tourniquet applied to the wound. (2) 

Another religiously-adjascent method to stop bleeding is found in the archives in Gaspésie. Within the record there is a written prayer used to stop bleeding. There is even a special prescription for women who are experiencing “discharges”. This discharge can only be interpreted as bleeding, to make sense given the context. This is often a sign of a miscarriage. (2)

“Prière pour arrêter le sang” used thanks to the Musée de la Gaspésie’s generosity. (5)

Transcription: 

Great God of the Heavens and the Earth, you who are the master of the whole universe, grant me the grace to stop the blood of [insert name] (the source says Gilbert Caron) who’s bleeding without stop, as swiftly as the blood coursed through the veins of our Lord as he was crucified on the cross. Say a pater noster in honneur of the one who’s bleeding .

For a woman who has some bleeding while pregnant, say the same prayer while you take the bottom of the nightdress and turn it inside out.

(For another (?) take a random object and turn it backwards (?))

It is not specified if the prayer is to be performed out loud or in silence, but the Pater Noster must be “said” which leads one to believe it must be spoken. In the second section which is addressed to women, we begin by “saying the same prayer”, which indicates that for the process to be complete it needs to be audible. (3)

There were also bloodstoppers who had “no religion, neither in their lives or in their methods”. (2) The example given is very different from the previous methods.

On a worksite, person A is bleeding profusely. The bloodstopper comes up to them and asks their mother’s maiden name. While person A replies, the bloodstopper swiftly grabs their hand. The idea behind this method is that these two actions serve to help the injured “take their mind of the situation” and distract them so that they “forget” they are bleeding. (2)

This don was transmissible from one person to the other. The only example outside of our personal experience speaks of passing from one person to the other of the opposite gender, only after their teenage years (4). From my own experience, the gift may also be passed on to people in the same family of people of the same gender.

  1. ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134, p. 84 et p. 206.
  2. BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. p. 91.
  3. Musée de la Gaspésie. 
  4. ROUSSEAU, Madelaine et Jacques Rousseau. (1950) Charmes et merveilleux. Extrait des Archives du Folklore Vol. 4, 1949. Fides. p.78
  5. https://en.museedelagaspesie.ca

Le Cheval blanc

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On retrouve dans la culture canadienne française plusieurs êtres que nous avons appelés les Malices. Certains sont des êtres mystérieux et méconnus alors que d’autres font partie intégrante du folklore, passant du règne des contes jusqu’à celui des croyances. Dans cet article, nous vous présenterons le Cheval blanc, partagerons le folklore de ce malice et comment en tant que sorcier.ère nous pouvons incorporer sa présence dans notre pratique rituelle. 

Les chevaux en tant qu’êtres folkloriques sont omniprésents dans les cultures européennes. De l’Angleterre avec le Cheval blanc d’Uffington au chevaux blanc de Xerxes en passant par la monture de Rhiannon, il y a peu de cultures en Europe qui ne tienne pas en haute estime le Cheval blanc. Cet article n’est pas un exposé historique sur les origines du cheval blanc mythique en général, mais il est important de souligner que les Canadiens français ne sont pas seul dans leur croyance en cet animal. Il est cependant important de comprendre que le Cheval blanc dans notre sorcellerie est cohérent avec l’espace folklorique canadien français. Il serait donc erroné d’affirmer que le Cheval blanc que vous rencontrerez ici est “le même que celui de X mythologie européenne”. Ce malice est fermement encadré par les limites de notre culture de ce côté de l’Atlantique. 

Dans le corpus des contes, nous trouvons de multiples instances où le héros Ti-Jean reçoit l’aide d’un cheval blanc. Souvent le Cheval blanc est un prince piègé dans le corps du cheval ou encore, c’est un cheval auquel on donne des qualités anthropomorphiques. Il peut être accompagné de chevaux d’autres couleurs comme rouge, noir, doré… Dans tous les cas, le Cheval blanc est le cheval qui assure la protection du héro, les autre n’étant là que pour l’appuyer dans sa tâche ou prendre la relève si le Cheval blanc doit se sacrifier. Dans ces contes, le Cheval blanc peut être le plus rapide, capable d’entrainer Ti-Jean loin d’un ennemi en poursuite. Il peut aussi être l’hérault de chance à venir. Le Cheval blanc est celui qui aidera le voyageur épuisé à triompher des périls et des épreuves. 

Le corps du Cheval blanc a des propriétés magiques. Dans Ti-Jean et le cheval blanc (1), le Cheval blanc est un prince emprisonné dans la peau du cheval par une méchante sorcière. C’est le héros qui le libérera de sa malédiction. Ce conte recoupe la légende selon laquelle une personne peut être transformée en cheval blanc si elle ne fait pas ses sacrements, à la manière d’un loup-garou. 

Dans Je m’suis fait faire un bâtiment, une vieille chanson maritime, le narrateur explique comment il a sacrifié son cheval et utilisé toutes les parties de son corps pour se construire un puissant vaisseau (2). La tête devient l’ancre, les intestins sont transformés en cordage, le gouvernail est fait de la queue… Nous pouvons voir que le Cheval blanc, et les chevaux en général, sont vus comme des créatures puissantes, ou malices, qui transcendent l’imagination pour s’incarner dans le monde animé des habitants

Le Cheval blanc est aussi un gardien de l’ordre établit. Ainsi, un cheval blanc, qui s’allonge autant que nécessaire, fait monter sur son des musiciens qui ont fait la fête et joué du samedi au dimanche, journée interdite. Au lieu de trotter, le cheval s’élance dans les airs et se met à rapetisser en passant au-dessus du fleuve, précipitant les musiciens dans l’eau. (4) 

Le Cheval blanc peut aussi prendre un rôle de protection. Au Mont-St-Hilaire, l’image d’un cheval blanc apparait sur le flanc de la montagne à chaque hiver. Les cultivateurs savent qu’il ne faut pas semer avant que le Cheval blanc ne soit complètement dégelé afin d’éviter de voir ses plants détruits par un gel tardif (5). Le nombre de commerce et d’établissement nommés d’après le Cheval blanc dans la région du Mont-St-Hialire démontre son importance. 

Malgré sa présence généralement bénéfique, le cheval blanc est aussi une forme que peuvent prendre les loups-garous, renforçant l’aspect magique du Cheval blanc, mais lui laissant aussi un libre arbitre (1)(6).  

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Note d’expérience:

Le Cheval blanc est un des rares esprits qui traverse des contes aux expériences vécues et vice-versa. Erik et moi avons observé que les esprits provenant des contes étaient beaucoup plus intéressés au sort des humains que les créatures des anecdotes (que nous avons appelés Malices). Le Cheval blanc est particulièrement protecteur des humains qui lui demande de l’aide. Lors d’un rituel où une protection magique était cruciale, j’ai invoqué le Cheval blanc. Il a ouvert son dos pour me laisser entrer et j’ai porté sa peau et son énergie comme bouclier. Son aide était naturelle et bienveillante, mais sa présence commandait le respect. J’ai effectué mon voyage en toute sécurité et je suis revenue saine et sauve. 

  1. BARBEAU, Marius. Contes populaire. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 29, No. 111 (Jan. – Mar., 1916), pp. 1-136+153-154
  2. ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie. 2nd ed. Ottawa, Qc: Le Ministere., 1962.
  3. DESRUISSEAUX, Pierre. Croyances et pratiques populaires. Montréal, Qc. Éditions du Jour. 1973.
  4. DUPONT, Jean-Claude. Légendes des villages. Sainte-Foy, Qc. 1987
  5. https://www.waymarking.com/waymarks/WMKKPZ_La_lgende_de_Eau_blanche_Mont_St_Hilaire_Qc  – accédé 2021-06-06
  6. DUPONT, Jean-Claude. Légendes du Saint-Laurent. Sainte-Foy, Qc. 1984

Within French Canadian culture there are found numerous beings which we have come to know as malices. Some are more nebulous and non-descript, while some are a staple of folklore, permeating through the realm of the contes and into the sphere of belief. In this post we would like to introduce the Cheval Blanc, share some pertinent folklore about this malice and how we as Sorcier.es  may incorporate them into our ritual practice.  

White horses as folkloric beings are nearly ubiquitous among European cultures. From England, with the Uffington White Horse to the white horses of Xerxes as well as the pale horse ridden by Rhiannon, there is scarcely a culture in Europe which does not hold mythical white horses in esteem. While this post is not a historical exposé on the “origins” of the mythic white horse in general, it is important to highlight that French Canadians are not unique in their belief of such a being. That said, it is important that how we come to understand the Cheval Blanc in our sorcellerie is consistent within the French Canadian folkloric milieu. Thus, it would be erroneous to say that the Cheval Blanc “is the same as X in European mythology”. This malice is firmly set within our culture on this side of the Atlantic. 

Within the corpus of the contes we find multiple instances where the hero Ti-Jean is aided by the Cheval Blanc. Oftentimes the Cheval Blanc is a prince trapped in the horse’s body or a horse that is given anthropomorphic qualities(1). He may also be paired with horses of other colours, such as red, black, gold, etc. In all cases the Cheval Blanc is understood to be the primary protective horse and the others are secondary helpers. In these tales, the Cheval Blanc may be the swiftest, able to speed Ti-Jean from a pursuing enemy. He may also be a harbinger of luck in general. In the end, le Cheval Blanc is a being who helps the weary voyageur through their trials and tribulations.

The Cheval Blanc is also noted as having a magical body. In Ti-Jean et le cheval blanc (1) the Cheval Blanc is a prince who was imprisoned in the hide of a white horse by an evil witch. It is the hero who is finally able to free him from that form. This folktale intersects with the legends of the French Canadians who tell that a person can be turned into a Cheval Blanc – much in the same way as a Loup-garou – if they do not follow their religious sacraments. In an old folk maritime song called Je m’suis fait faire un bâtiment (I had a ship made for me), there is mention of the lead character sacrificing his horse and using the various body parts of the horse to build a mighty ship (2). The head becomes the ancre and the intestines become the rope, likewise the tail turns into the rudder, etc. In this way we can see that the Cheval Blanc and horses in general are viewed as powerful beings – or malices – which can transcend the folk imagination and into the spirited world of the habitants.

We find mentions of the Cheval Blanc peppered throughout French Canadian folklore. The cheval Blanc is found in a number of divination methods or in augury. One means of divining consists of a young woman counting up to 100 horses, the first man to enter her home after the count is to be her future husband. Dreaming of a white horse tells of an upcoming wedding. However, dreaming of white horses may also foretell a death (3). If on the same day, and in that order, one sees a license plate with two identical numbers followed by a white horse, one must make a wish and it will come true (3).

The Cheval Blanc is also a keeper of established order. Thus, if a white horse which is stretched out and a musician who was celebrating and playing music on a Saturday or Sunday – which is not permitted –  is taken up upon it, the horse will not trot but rather will buck and jump over a river and cause the musician to fall into the water. 

The Cheval Blanc can also take on the role of protection. At Mont-St-Hillaire, there is an image of a white horse which appears on the side of the mountain each winter. The farmers know that one should not plant before the Cheval Blanc is not fully melted away so that the plants do not suffre from a late frost (5). The number of business named after the Cheval Blanc in the region of Mont-St-Hillaire speak to how important this being was.

Despite its generally benevolent presence, the Cheval blanc may also take on a form reminiscent of the loup-garou, which reinforces its magical qualities and likewise leaving it up to its own free will.

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Experiential Note:

The Cheval Blanc is one of the rare spirits which traverses the contes into everyday life and then back again. Erik and I have observed that the spirits which emanate from the contes were far more interested in the plight of humans rather than the beings from the anecdotes (which we know as the Malices). The Cheval Blanc is primarily a protector of humans who seek out his help. In a ritual working, where magical protection is crucial, I have invoked the Cheval Blanc. He opened up his back and allowed me to enter his hide, his energy coming through as a shield. His help was natural and benevolent, but his presence commanded respect. I was able to conduct my voyage safely and returned safe and sound.

  1. BARBEAU, Marius. Contes populaire. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 29, No. 111 (Jan. – Mar., 1916), pp. 1-136+153-154
  2. ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie. 2nd ed. Ottawa, Qc: Le Ministere., 1962.
  3. DESRUISSEAUX, Pierre. Croyances et pratiques populaires. Montréal, Qc. Éditions du Jour. 1973.
  4. DUPONT, Jean-Claude. Légendes des villages. Sainte-Foy, Qc. 1987
  5. https://www.waymarking.com/waymarks/WMKKPZ_La_lgende_de_Eau_blanche_Mont_St_Hilaire_Qc  – accédé 2021-06-06
  6. DUPONT, Jean-Claude. Légendes du Saint-Laurent. Sainte-Foy, Qc. 1984

Autels

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Je voudrais pouvoir commencer cet article en disant que j’ai un autel chez moi parce que dans toutes les maisons se trouvaient un autel où on retrouvait des médailles, des images ou des statues des saints les plus chers au cœur de ses habitants. Que c’est à cet endroit où on allumait des lampions, que les gens pétitionnaient les saints pour des faveurs, qu’on punissait les saints quand ces faveurs n’étaient pas obtenues en les tournant vers le mur. Je voudrais, parce que tout ça est vrai, mais en réalité, j’ai un autel parce que j’en voulais un. Parce qu’une pratique personnelle se bâtit sur les expériences passées et que l’autel est une constante depuis que je me considère une sorcière. Un autel m’a toujours aidé à garder ma pratique active et à focuser mes intentions, c’était une progression naturelle d’en avoir un qui reflétait la place que prend maintenant la magie traditionnelle du Canada français dans ma vie. 

J’ai bâti cet autel petit à petit. J’ai commencé par une représentation de Carcajou, qui prenait beaucoup de place à ce moment-là. Puis j’ai ajouté un crâne pour représenter la lignée ancestrale. Entre ces deux figures trône une petite tasse à café. Le dimanche, je partage toujours mon café avec mes ancêtres. C’est un moment particulier entre eux et moi où je prends le temps de les remercier, où je leur partage mes joies et mes peines. Il m’arrive aussi de leur demander conseil ou de leur faire une demande directe. Ma fille m’accompagne dans mes remerciements quand elle en sent le besoin. Pendant ma neuvaine aux ancêtres, la tasse de café est remplacée par la chandelle que j’allume chaque soir.  Au fur et à mesure que ma pratique évolue, j’ajoute des items. On retrouve maintenant une petite statue de Saint-Anne achetée au sanctuaire de Beaupré et en dessous de tout, un morceau de fléché que ma cousine m’a donné et où on retrouve le fameux motif de l’Assomption, spécifique au Canada français. Chaque composante est réfléchie et en arrière de chacune se trouve un culte vivant et des expériences puissantes. 

Cet autel trône sur le bord de la fenêtre de ma cuisine. La cuisine était le lieu de rassemblement le plus commun chez les Canadiens français. Encore aujourd’hui, on se retrouve souvent dans la cuisine quand on a des invités. C’était pour moi l’endroit où devait se retrouver mon espace sacré, même si c’est loin d’être l’endroit le plus pratique. Toute la famille s’active autour de cet autel, chacun y ajoutant son énergie et sa chaleur. 

En plus d’être un endroit de communion avec mes ancêtres, c’est aussi un endroit de prière et de bénédiction. C’est un des endroits où je dépose mes offrandes et aussi là où je laisse les composantes d’un sortilège avant de l’assembler ou de le déposer où il doit faire son travail. 


Altars

I would like to begin this article by saying that I have an altar at home because in all homes there were found altar spaces where medallions, icons and statues of the saints held most dear to the habitants could be found. It was at this place where votive candles would be lit, where people would petition saints to gain their favour as well as where saints could be punished – by turning them facing the wall – if such favours were not obtained. I would like to say it is because of all these things, because they are all true, but in reality, I have an altar because I wanted one. Because a private practice is built on past experiences and an altar has been a constant in my life since becoming a witch. An altar has always helped me keep my practice active and allows me to focus my intentions, this was a natural progression which has come to be reflected in my life as I have taken up the traditional magic of French Canadians in my life. 

I assembled my altar little by little. I began with a representation of the wolverine, who was taking up a lot of space at that time. Then I added a skull to represent the ancestral line. Between those two figures I have featured a coffee cup. On Sundays, I always share some of my coffee with my ancestors. It is an important moment I share with them as I take the time to give thanks, where I can share my joys and sorrows. At times I may ask them advice or make some direct request of them. My daughter accompanies me in this thanksgiving when she feels the need to. 

During my  neuvaine to the ancestors, my coffee cup is changed out with the votive candle I light each night. As my practice continues to evolve, I add more items as I go. You can now find on my altar a little statue of Saint-Anne which was purchased at the sanctuary of Beaupré and beneath everything there is a piece of fléché  (finger woven sash) which my cousin gave me that is in the famed Assomption motif, specific to French Canada. Each component of the altar has been considered and behind that is a wealth of living cultic practice and powerful experiences.

This altar is seated on the ledge of my kitchen window. The kitchen was the place where French Canadians gathered most often. Still to this day, we find ourselves in the kitchen when we have guests. It was, for me, the area where my sacred space should be found, even if it isn’t the most practical area to begin with. The whole family is enlivened around this altar, each adding their own energy and warmth.

As well as being a place for communion with the ancestors, it is also a place for prayers and benedictions. It is one of those spaces where I give my offerings and also keep the components of my spell workings, before assembling them, or where they are left to do their work. 

Guérison

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Comme dans toutes sociétés, le peuple n’ayant pas accès à la médecine “moderne” avait tout de même  plusieurs méthodes pour se soigner. Chez les Canadiens français, ces méthodes se déclinaient ainsi:

*herboristerie et méthodes similaires

*magie sympathique

*dons

*sorcellerie

No description available.

Dans les ouvrages ayant une section traitant de la médecine traditionnelle, on retrouve un très grand nombre de recettes pour traiter les maux courants et plus graves. On utilise le plus souvent des herbes présentent dans l’environnement immédiat de la communauté sous forme de tisanes et de cataplasmes. Quelques fois, on recommande l’ingestion ou l’application de produits créés par l’homme, comme le pétrole ou l’eau de Javel. De toute évidence, dans une pratique moderne, il est essentiel de bien se renseigner et d’utiliser son jugement critique avant de reproduire quelque traitement que ce soit. De nos jours, on sait qu’il est dangereux de se badigeonner de pétrole pour guérir une brûlure, mais il faut se souvenir que bon nombres de plantes sont aussi déconseillées parce que dangereuses ou dépendant de notre état de santé. Cependant, il est possible de transformer ces méthodes en rituel. Par exemple, on recommandait d’utiliser une dilution d’eau de Javel afin de guérir les infections après l’accouchement1 (ne faites pas ça!!). Il serait donc approprié dans un rituel pour bannir la dépression post-partum ou accepter un accouchement difficile d’utiliser de l’eau avec quelques gouttes d’eau de Javel pour baigner une représentation de la personne avec un utérus ou de l’utérus lui-même. 

Il existait des gens qui étaient considérés comme des guérisseurs et vers qui la communauté se tournait pour obtenir de l’aide pour une maladie ou une blessure plus grave, mais les premiers soins étaient administrés à la maison. Il existait autant de techniques pour fermer une plaie ou guérir un mal de gorge qu’il existait de familles. 

On exploitait aussi les similitudes entre le corps et la nature en plus du transfert par contact pour se débarrasser de différents maux. Par exemple, on grattait un cerisier de haut en bas pour guérir la constipation. On plantait un petit bout de bois dans une dent qui faisait mal et on allait l’enterrer, le mal disparaissant quand le morceau de bois se décomposait. On pouvait aussi attacher un fil à un arbre en disant “rhumatisme, je t’attache” afin de faire disparaître un rhumatisme. Bien que ces méthodes soient plus rares que l’herboristerie dans les sources que nous avons consultées, elles faisaient intégralement partie de la pharmacopée du Canadien français. Il est pertinent de l’utiliser pour supplémenter un traitement de médecine moderne dans une pratique personnelle. 

Certaines personnes étaient détenteurs de dons et ces dons étaient mis au service de la communauté. Le don le plus connu est probablement l’arrêteur de sang. On l’avertissait quand une personne saignait depuis trop longtemps ou par une blessure importante. L’arrêteur de sang utilisait sa propre méthode ou celle qui lui avait été enseignée par la personne qui lui avait passé le don pour arrêter le sang. Par exemple, il pouvait simplement penser à la personne blessée, réciter une prière ou une incantation de son cru. 

Il existait aussi des d’autres formes de dons tel que charmeur de mal de dent, le guérisseur de mal de dos ou le passeur de verrues2. On disait aussi que le 7e fils, et parfois la 7e fille, avait le don de guérison.

Certaines personnes semblaient avoir des pouvoirs qu’il pouvaient utiliser autant pour le bien que pour le mal. Ce qui les distinguent des gens ayant des dons, c’est la versatilité de leurs pouvoirs. Ils n’avaient pas dominion sur un seul mal, mais pouvaient en guérir plusieurs et affecter d’autres sphères de la vie de tous les jours. On parle notamment d’un certains Pierrot Dulac qui avait la mauvaise réputation d’être un sorcier, mais qui arrivaient à guérir les gens et les animaux. On menaçait même le curé d’avoir affaire à Dulac s’il ne voulait pas venir “lever le sort” qui rendaient des animaux malades. Mon personnage favoris avec ce genre de pouvoir était la Vieille Gardipy. Le récit trouvé dans Anecdotes de Barbeau est la seule mention de cette femme. C’est à se demander combien de personnages extraordinaires ont glissés dans l’oubli, car personne n’était présent pour conserver leur histoire. On pouvait compter sur elle pour guérir tous les maux grâce à son eau. Cependant, elle était le seule pouvant s’en servir et il arrivait de mauvaises choses à ceux qui osait lui dérober un peu de son eau3

1 ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134. 389 p.

2 BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. 263 p.

3 BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920)


Healing

As in all societies, a people which did not have ready access to “modern” medicine had nonetheless many means to heal one’s self. For French Canadians, these means were:

*herbalism and other similar methods

*sympathetic magic

*gifts

*sorcellerie

No description available.

In the works which had sections containing traditional medicine, we find a great number of recipes to treat common ailments and also more serious ones. Most often what was used were herbs which are found in the immediate environment of the community and used in the form of teas and poultices. At times, ingesting or applying human-made products such as gasoline or bleach. Clearly, in a modern practice, it is essential that one gets well informed on the subject and uses critical thinking before re-creating any treatment.  

In our day and age, we know that it is dangerous to bandage one’s self with gasoline to heal a burn, but we have to remember that a goodly number of plants are also not recommended because they are dangerous or may be depending on our state of health. 

That said, it is possible to convert these treatments into rituals. For example, it was recommended to use a dilution of bleach to heal an infection brought on by childbirth (1) (do not do this!). It would therefore be appropriate in a ritual to banish post-partum depression or to get through a difficult labour, to use a few drops of bleach to bathe an effigy of the person with the uterus of their own uterus. 

There lived certain people who were considered to be healers and towards whom people would turn to for help to treat an ailment or a more serious injury, but first aid was often given in the home. There are as many treatments to close a wound or heal a sore throat than there were families. 

Similarities between the human body and and nature as well as contact transfer to get rid of various ailments. As an example, one would scrape a cherry tree from top to bottom to get rid of constipation. You would take a small piece of wood and stick it in a sore tooth and then go bury that piece of wood, the toothache would disappear as the wood would decompose. One could also tie a thread to a tree and say “Rhumatism, I bind you” to make the rheumatism disappear.  

Certain people were also said to have special gifts and these healing gifts were put to service in the community. The most well known gift was probably bloodstopping. These people were called upon when someone was bleeding for a bit too long or if they had a grave wound. The Bloodstopper had their own means to do their work, or some means passed down to them so as to stop the blood flow. For example, they may just have to think of the injured person, recite a prayer or some incantation of their own device. 

There were also other kinds of gifts such as those  of the toothache charmer, backache charmers and those who could pass on warts (3). It was also said that the 7th son and at times the 7th daughter had the gift to heal.
Certain people seem to have had powers which they could use for good or for ill. What separated them from the gifted, was the versatility of their powers. They did not have power over only one ailment, but could heal many of these ills or affect other spheres of daily life. Here we speak most notably of Pierre Dulac who had a bad reputation of being a sorcier, but who was known to heal people and animals as well. My favorite character with this kind of power was La Vieille Gardipy. The story found in the Anecdotes of Barbeau is the only mention of this woman. One has to wonder how many similar exceptional people have slid into the forgotten, as no one was there to keep their story alive. It is said one could count on her to heal any ailment thanks to her water. However she is said to be the only one who could use it and bad things happened to those who tried to steal away some of this water of hers (3).

1 ROY, Carmen (1962). Littérature orale en Gaspésie. Ottawa, Musée national du Canada, bulletin no. 134. 389 p.

2 BUTLER, Gary R. (1995). Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery. 263 p.

3 BARBEAU, Marius. Anecdotes Populaires du Canada. Première Série. The Journal of American Folklore, Vol. 33, No. 129 (Jul. – Sep., 1920)

Les temps forts

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L’année des Canadiens français était marquée par des temps “forts”, qui étaient le moment où on entreprenait certaines activités tel que les semences, les récoltes ou autres obligations. C’était aussi un moment pour certains actes de sorcellerie, car on considérait que ces moments prêtaient leur force au travail magique.   

Ce qui rendait un temps “fort” reposait typiquement sur le saint qui était vénéré cette journée là, selon le calendrier des saints de l’Église catholique. On parle ici du calendrier avant les réformes de Vatican II, donc le calendrier romain général d’avant 1954. Plusieurs de ces journées étaient importantes au Moyen-âge et le folklore les entourant, basé sur le travail des hémérologistes, a perduré dans la culture du Canada français. La lune était aussi excessivement importante et, comme pour d’autres cultures autour du monde, les phases de cet astre dictaient quand certaines activités devaient avoir lieu. 

No description available.
Récolte du foins de marais

Bien qu’il y ait plusieurs exemples au travers des travaux ethnographiques et des anecdotes ayant trait aux Canadiens français, la majorité des informations suivantes proviennent des pages 85 à 97 du livre Croyances et Pratiques Populaires au Canada Français de Pierre desRuisseaux. Voici quelques exemples d’actions qui devaient être entreprisent ou évitées certains jours particuliers:

Dimanche: Cette journée est dite forte en ce qui a trait aux ongles, à la forge, à la couture et à la coupe du bois. Si on coupe les ongles d’un enfant cette journée-là, ils repousseront comme les griffes du diable. Il est malchanceux de frapper une enclume avec un marteau ou de coudre les dimanches. Si quelqu’un bûchait du bois cette journée-là, leur âme sera emprisonnée sur la lune pour l’éternité.

Lundi: Cette journée est “forte” en ce qui à trait aux ongles, à la correspondance, aux dents et des relations interpersonnelles. Concernant les ongles, s’ils sont occupés cette journée, on peut s’attendre à un mal de dent qui dure une semaine et aussi à recevoir une lettre inattendue. Si vous recevez un invité ou rencontrez une personne par hasard un lundi, le reste de la semaine en sera affectée. 

Mardi: Le mardi était un temps fort pour les mariages. Si on se mariait un mardi, vous ne serez pas riche, mais vous serez maître chez vous. 

Mercredi: Le mercredi est un temps fort en ce qui  trait à la paix, la joie et l’affection, mais est malchanceux pour quiconque est né en cette journée. Cette journée est la meilleure pour ressentir la paix et le bonheur ainsi que pour apprécier la compagnie d’amis ou partenaires. Cependant, si vous êtes nés un mercredi, vous allez avoir une vie malheureuse. I don’t make the rules.

Jeudi: Jeudi est un jour de naissance chanceux. Les gens nés le jeudi auront une vie heureuse. 

Vendredi: Cette journée est un jour fort pour les affaires, la météo et emprunter ou rendre quelque chose. Les personnes nées cette journée auront du succès en affaires. Si le mauvais temps commence le vendredi, il perdurera. Si vous prêter quelque chose un vendredi, on ne vous le rendra pas.

Samedi: On dit que le samedi est un temps fort pour ce qui a trait aux vêtements, aux ongles, au rasage et aux voyages. Il est aussi malchanceux d’être né un samedi. Il est malchanceux de porter de nouveaux vêtements un samedi. Si vous vous coupez les ongles un samedi, vous allez voyager bientôt. Un enfant né samedi, aura de la difficulté à gagner votre vie. 

Voici quelques exemples de jours forts au travers de l’année et ce qui devrait être entrepris ou non ces jours là. 

6 janvier – Jour des Rois: le 6 janvier, on doit manger la galette des rois, un gâteau dans lequel est caché un pois. Celui qui trouvera le pois dans sa portion sera considéré comme de la royauté pour la journée. 

2 février – Chandeleur: cette journée est une bonne journée pour travailler la farine afin de s’assurer une bonne récolte de blé l’année suivante. (Ile-du-Prince-Édouard)

Mardi gras: Journée de crêpes. Il est coutume de manger des crêpes avant les privations du carême. 

Dimanche des rameaux: Placer des rameaux bénis dans votre maison sans les déplacer de toute l’année protégera votre logis.

Vendredi saint: il est fortement recommandé “de ne pas labourer la terre, planter des clous, regarder dans un miroir ou aller voir les filles”. 

Pâques: avant le lever du soleil, puiser de l’eau d’un ruisseau ou d’une coulée. Cette eau guérira les maladies des yeux et des oreilles si appliquée localement.

Mai: La première pluie ou neige de mai aura des vertues curatives.

3 juin – Fête-dieu: On fait des processions au travers des champs pour s’assurer de bonnes récoltes. La pluie de cette journée ruinera la récolte de fraise. 

24 juin – Saint-Jean: avant le lever du soleil, récolter des herbes (armoise, bardane, plantain…) qui seront au faîte de leur puissance et le resteront toute l’année. 

2 juillet – La Visitation: Journée de crêpes. Il est commun de manger des crêpes en commémoration de la visitation de Marie à Elisabeth. 

24 août – Saint-Barthelémy: le beurre baratté cette journée fera un puissant onguent aux propriétés miraculeuses. 

1ier novembre – Toussaint: journée pour visiter les tombes de la famille

2 novembre – Jour des morts: on tenait des encans pour payer des messes pour les âmes au purgatoires afin de les aider à atteindre le paradis

4 décembre: si la météo est clémente cette journée là, il fera beau jusqu’à Noël. 

24 décembre: À minuit, on dit qu’on peut entendre les animaux parler dans la grange. 

Les 12 jours de Noël: on note la température à chacun des douze jours suivant Noël et celle-ci prédira la température du mois qui lui est associé l’année qui suit. 

Pour les différentes phases de la lune, nous avons ces anecdotes.  

Lune croissant: Cette phase est un temps fort pour les naissances. Si un enfant ou un animal est né en lune croissante, ils auront une bonne santé.

Pleine lune: Cette phase est un temps fort par rapport à la plantation des fruits aériens. Une plante qui porte ses fruits au dessus de la terre doit être plantée durant la pleine lune. 

Lune décroissante: Cette phase est un temps fort pour la plantation des plantes à tubercules et fruits souterrains. C’est aussi le bon temps pour couper les mauvaises herbes, car elles repousseront plus lentement. 

Pour les pratiquant.es de la Sorcellerie comme nous, il est important de se souvenir que nous n’observons pas le jour de fête catholique, à moins que l’un d’entre vous soit un chrétien, mais que nous utilisons plutôt la force de ces journées pour les ajouter à nos travaux magiques.  Nous nous tournons vers le folklore et les thèmes associés avec les journées de la semaine, les fêtes et les phases de la lune pour planifier le meilleurs moment pour commencer un travail magique. Pour la sorcière moderne, ces associations servent de guide. Chaque pratiquant.e aura sa propre façon d’interpréter ces associations et comment les utiliser à leur plein potentiel. C’est de cette manière que la puissance personnelle est cultivée dans le système de magie canadienne fançaise. 

Un.e pratiquant.e peut, par exemple, avoir besoin de faire un sortilège pour améliorer leur chevelure. Iel pourrait choisir de ne couper ses cheveux que pendant la lune ascendante, pour promouvoir une pousse rapide et aussi d’ajouter un peu d’eau de Pâques avant de démêler ses cheveux. Peut-être que quelques traitements avec du beurre de Barthélemy ce je-ne-sais-quoi magique? Tous ces éléments peuvent être intégrés dans un rituel puissant qui incarne l’essence de la Sorcellerie


Introduction to « les temps forts »

The French Canadian observational year was marked by days and certain times which were considered to be “fort” [IPA: fɔʁ], that is to say “strong” days which would be the time of the year one would undertake certain activities, such as planting, harvesting or other domestic/agricultural duties. This was also a time for magical workings as these days were thought to imbue a certain power to the workings being performed. 

What made a day of the year (or of the week) fort typically relied on the saint which was venerated on that day, thus the calendar of saints of the Catholic Church. For French Canadians, this would have been prior to the calendar reforms of the Second Vatican Council, thus the General Roman Calendar of 1954 or earlier. Many of these days were important in the middle ages and the folklore surrounding them, based on the efforts hemerologists, carried them through into the fabric of French Canadian culture. The moon was also exceedingly important to the people, like most other cultures around the world, and so the phases of the night-time celestial body also dictated when certain actions were to take place.  

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Gathering marsh hay

Although there are many examples throughout the many ethnographic works and anecdotes relating to French Canadians, for the bulk of the information provided below we will be using a section of Croyances et Pratiques Populaires au Canada Français by Pierre desRuisseaux pp. 85-97. Here are a few examples of actions which should be taken or avoided on particular weekdays:

Sunday: This day is said to be fort concerning the realm of finger nails, blacksmithing, sewing and woodcutting. If a child’s nails are cut on this day they will grow devils’ claws. It is also unlucky to use a hammer on this day or ring an anvil . It is unlucky to sew on Sundays and if one cuts wood on this day, their soul will be imprisoned for eternity in the moon.

Monday: This day is said to be fort concerning the realm of finger nails, correspondence, teeth and companionship. Concerning fingernails, if they are cut on this day, expect a week long toothache. Likewise, you may expect to receive mail under the same circumstance. If you receive a guest or have a chance meeting, on this day such would be significant.  

Tuesday: This day is said to be fort concerning the realm of marriage. If you get married on a Tuesday, you will not be rich, but at home you will be the master of your domain .

Wednesday: This day is said to be fort concerning the realm of peace, happiness and affection, unlucky as a birth day. This day is the best for experiencing peace and happiness as well as sharing in mutual affection with friends and partners. but if you are born on this day, you will overall have an unhappy life. I don’t make the rules.

Thursday: This day is lucky as a birth day.  If one is born on this day, they will have a happy life.

Friday: This day is said to be fort concerning the realm of business, weather and borrowing/lending. If one is born on this day, they will have great success in business. If bad weather begins on a friday, it will last for some time.If you lend something on a Friday, it will not be returned to you.

Saturday:This day is said to be fort concerning the realm of clothing, finger nails, shaving and travel. This day is unlucky as a birth day. If you wear new clothes on this day it is lucky. If you cut your nails or shave on a Saturday, you will soon travel. A child born on a Saturday will  have a hard time making a living throughout life.

Here are some examples of days of the year which are said to be forts and what should be undertaken or avoided:

January 6th: Jour des Rois – on this day one should eat a “gâteau des rois”, which is a cake containing a pea inside, if one gets a slice with the pea inside, they will be royalty on that day. 

February 2nd: Chandeleur – on this day it is good to work the flour so that there will be a good wheat harvest in the coming year (Prince Edward Island).

Mardi Gras: Mardi gras – this day is considered a journée crêpes (pancake day), on this day it is customary to eat pancakes prior to the deprivation Lent. 

Palm Sunday: Dimanche des Rameaux – on this day placing a blessed palm frond in your home and not moving it under any pretext will protect one’s home. 

Good Friday: Vendredi saint – on this day it was strongly advised not to plant, hammer nails, look in a mirror or go see one’s girlfriend as this would be unlucky. 

Easter: Pâques – on this day, before sunrise, if one goes out to a stream and collects running water, this water will be good against diseases of the eye and ear. The water would be applied topically as a curative. 

May: On the first rain or snow of May, this water is to be collected as it is a curative.  

June 3rd: Fête-Dieu – on this day processions throughout the fields will bring a good harvest, but rain on this day will damage strawberry plants. 

June 24th: Saint-Jean – on this day, before sunrise, if one collects herbs (such as mugwort, burdock, plantain, etc.) these will remain powerful all year and can be used in a variety of treatments. 

July 2nd: Visitation – this day is considered a journée crêpes (pancake day), on this day it is customary to eat pancakes in commemoration of the visitation of Mary to Elisabeth. 

August 24th: Saint-Barthélemy – on this day it is believed that if butter is made it will be a powerful unguent with miraculous properties. 

November 1st: Toussaint – this day is a time to visit the graves of relatives.

November 2nd: Jour des morts – on this day are to be held auctions for the souls in purgatory, money raised in their honour will help them attain heaven.  

December 4th: If the weather is fair on this day, it will be fair leading up to Noël. 

December 24th: At midnight, it is said that the animals in the barn gain the power to speak. 

Twelve Days of Christmas: Les douze jours de Noël – during the twelve days, the weather of each is said to foretell the weather of the months to come.   

On the phases of the moon, we have these anecdotes:

Strengthening moon (between first quarter and the full): This moon is said to be fort regarding the realm of birth. If a child or an animal is born as the moon begins to strengthen, then they will be of good health. 

Full: This moon is said to be fort regarding the realm of planting (fruiting plants). Any plant which is intended to produce fruits above ground, must be planted on the full moon.

Waning: This moon is said to be fort regarding the realm of planting (what grows tubers). Any plant which is intended to produce tubers underground, must be planted on the waning of the moon. This is also a good time to cut weeds, as if weeds are cut on the waning moon, they will not grow so fast. 

For practitioners of Sorcellerie such as us, it is important to remember that it is not the Christian holiday or the holiness of that particular day – as described by the Church – that we observe (unless one is Christian), but rather the “strength” of that day and the power it imbues our workings. We look to the folk beliefs and the themes which are associated with that weekday, holiday or moon so that we can best plan for the strongest workings. For the modern Sorcier.e we look to the associations as our guides. Each practitioner will have their own ways of interpreting these associations and how best to use them in magical work. This is how personal power is cultivated over time in the French Canadian magical stream. 
A practitioner may – as an example – need to do a working that will help improve the quality of their hair. They may choose to only cut their hair on the strengthening moon, to promote fast growth and then comb in some eau de Pâques to add vitality. Perhaps a few treatments with some Beurre de Saint-Barthélemy will give one’s locks that needed magical je ne sais quoi? And all of these things can be worked into a powerful ritual which embodies the essence of la Sorcellerie.

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