Le bon vieux couteau de poche

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Les Canadiens français ont la tradition de transformer des objets mondains en outils magiques. La plupart de ces outils n’ont pas simplement un usage magique, mais continuent à avoir son utilité quotidienne, c’est le cas du bon vieux couteau. Un couteau de poche pouvait être utile pour sculpter, vaincre des feux-follets ou pour sceller un serment. 

Selon le folklore franco-terreneuvien, les feux-follets étaient des esprits qui pouvaient aider ou nuire. Ces petites balles de lumière pouvaient ramener quelqu’un sur le chemin ou encore les guider hors de ce chemin vers divers dangers. Ce n’est pas prudent de prendre des chances, alors lors d’une rencontre avec un feu-follet, pour s’assurer de ne pas être victime de leurs mauvais tours, il était possible d’utiliser son couteau pour les piéger. La meilleure façon de faire ceci était de prendre son couteau de poche, le planter dans un arbre et de replier la lame jusqu’à ce que le manche touche le tronc. Le Malice passera toute la nuit entre la lame et l’écorce. On dit qu’il arrivait que la lame soit tachée de sang au matin, et l’esprit, lui, était parti (1).  

Une bonne partie du mobilier d’une maison devait être sculptée dans le bois. Des manches de l’équipement de ferme aux instruments de musique, si ça devait être sculpté, le bon vieux couteau pouvait le faire. À Terre-Neuve vivait un homme aux multiples talents musicaux du nom d’Émile Benoit. Il a raconté que son amour de la musique lui est venu en jouant d’un violon planche qui lui fut sculpté quand il était enfant. Il a joué dans plusieurs festivals de musique folklorique à Terre-Neuve et au Labrador, puis en Acadie, au Québec, en Louisiane et en France (2). On pourrait dire qu’il était un peu comme Robert Johnson, bien qu’il n’ait jamais admis avoir fait un pacte avec le Yâbe. Ceci dit, on sait que le Yâbe aime bien les violons…

Dans le conte Ti-Jean et le petit vacher, on apprends à connaitre un jeune garçon qi a été élevé par sa mère seule dans la forêt. C’était une maisonnée très pauvre. Ti-Jean n’avait pas de père et il grandit en buvant le lait d’une biche. Un jour, le roi arriva à leur pauvre demeure et demanda si Ti-Jean avait été baptisé et si on lui avait donné un nom. Elle répond que non, alors le roi baptisa le garçon et l’appella Ti-Jean. Le roi dit ensuite que Ti-Jean devait lui être envoyé dans sept ans. Après sept ans, un petit vacher offrit à Ti-Jean de prendre sa place, un peu dans le style du Prince et le Pauvre, et c’est ce qu’ils firent. Le vacher sorti alors son couteau et au dessus de celui-ci, les deux garçons jurèrent qu’ils ne révélerait la vérité à personne. 

Évidemment le temps passe et plusieurs frasques s’ensuivent. Après plusieurs aventures, il arrive un moment où Ti-Jean doit révéler la vérité au roi. Une fois que le vacher est découvert, Ti-Jean explique qu’il a été obligé à jurer serment sur le couteau. Le roi veut savoir quelle conséquence le petit vacher devra subir. À la manière typique des contes, Ti-Jean demande à ce que le vacher soit écartelé (le conteur commente même que c’était extrême). (3)

Il y a plusieurs exemples de l’utilisation des couteaux dans les contes et dans le folklore canadien français. C’était un outil indispensable pour les travaux de tous les jours et cela aurait été bizarre qu’il ne se soit pas retrouvé dans le Sorcellerie. Des trois exemples précédents, on peut conclure que le couteau de poche devrait aussi être un outil indispensable se trouvant dans le trousseau de la Sorcières. Voici quelques exemples de son utilisation, mais ne vous limitez pas à cette liste. 

1- Vaincre divers Malices comme les feux-follets et les loup-garous. Nous savons pas d’autres contes et certaines anecdotes que des outils coupant en métal, comme les couteaux, les haches et les ciseaux peuvent être utilisés pour délivrer des loups-garous. Il suffisait de les couper sur le front et de faire couler quelques gouttes de sang. La plus petite piqûre d’un couteau pouvait être suffisante pour délivrer les loups-garous de leur malédiction.

2- Sculpter des items magiques. Avec un couteau magique, on peut fabriquer plusieurs autres outils fait de bois, comme par exemple, le gourdin

3- Sceller un pacte ou jurer un serment. Le couteau peut être utilisé comme moyen de s’assurer que l’autre partie remplira sa partie du serment. Jurer au-dessus  d’un couteau n’était pas à prendre à la légère. L’implication est que la lame acérée vous obligera à tenir parole. 


French Canadians have had a tradition of making magical tools out of whatever they had on hand. Most often these tools were not just for supernatural purposes, but also doubled as everyday life objects. This is the case with the trusty knife. No better tool one could have at their disposal than a pocket knife which could be used for whittling, vanquishing a feux-follet, or even for taking oaths upon. 

According to Franco-Newfoundlander folklore, the feux-follet was a spirit which could help or hinder. These little balls of light could lead a lost person back on their path or likewise, they could lead someone into danger. It was not prudent to leave anything up to chance. If one stumbled upon a feux-follet, not wanting to leave anything up to chance, so as to ensure no one falls for their tricks, a knife could be used to trap them. The best way to do this was to take a pocket knife, stick it in a tree and then bend the blade over. The Malice would then get trapped between the blade and the tree all night. It has been reported that in the morning, the knife was found to be covered in blood and the spirit gone (1). 

Many household furnishings had to be whittled out of wood. From farm equipment handles, to musical instruments, if it needed to be carved, the trusty knife could do it. There lived a Franco-Newfoundlander who was very versatile with his folk-music talents. Émile Benoit has recounted that his love of music came from playing a plank-fiddle which was carved for him as a child. He went on to play many folk-music festivals thereafter in Newfoundland and Labrador, Acadie, Québec, Louisiana and France (2). You could say he was a bit of a Robert Johnson, though he made no claims to having made a deal with le Yâbe (the Devil). That said, we know that the Devil loves a good fiddle…

In the conte Ti-Jean et le petit vacher (Ti-Jean and the Little Cowherd), we learn of a young boy who was raised by his poor single mother in the forest. He had no father and was raised on the milk of a doe (female deer). One day as the king came upon the mother and her son, he asked if he had yet been baptised and given a name. She replied that he had not. So, the king baptised the boy and called him Ti-Jean and said: “In seven years, send him to me.” After seven years, there came a little cowherd who offered to take Ti-Jean’s place in a “Prince and the Pauper”-type swap. This they did. The cowherd then took out his knife and had Ti-Jean swear upon the blade that he would never reveal the truth of the swap.

Time went on and of course Ti-Jean hijinks ensued. After a few adventures, there came a time when Ti-Jean needed to reveal the truth to the king. Once the cowherd was found out, and Ti-Jean stating that he was compelled to swear an oath upon the knife, the king asked what ordeal he wanted for the cowherd. In true contes fashion, Ti-Jean had the little cowherd condemned to be drawn and quartered (which the counter even comments was extreme) (3).

There are many, many… many examples of knives being used throughout the folklore and contes of French Canadians. It was such an indispensable tool for the every-day that it would have been bizarre had it not found its way into Sorcellerie. What we can take away from just these three examples is that the folding pocket knife should be a practical part of the Sorcier.ère’s magical trousseau as it can be used for, but not limited to:

  1. Vanquishing various Malices, such as the feux-follets and the loup-garou. We know from other contes and anecdotes that sharp metal objects, such as knives, axes and scissors have been used to “deliver” those who have become loup-garous by drawing blood from their forehead. One prick of the pocket knife could be enough to free them from their curse.
  2. Whittling magical items. With one’s magical knife, you can go on to fashion all kinds of further magical tools (made of wood), such as le gourdin.  
  3. Searing oaths. The knife can be used as an item to hold the oath of another. To swear upon the knife’s blade is to make a serious oath as the implication is that the steely edge will hold you accountable to your word. 

Bibliographie

(1) Butler, Gary R. Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Québec 1995. p. 156

(2) Ibid. p. 215-216

(3) Barbeau, C.-Marius. “Contes Populaires Canadiens. Seconde Série.” The journal of American Folklore 30, no. 115 (Jan-Mar., 1917): 47. 

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