L’histoire des cartes (3 de 4)

English follows

TW: Mention de rôles traditionnels féminins et masculins dans un contexte catholique.

Dans cette partie, nous vous partagerons les significations que nous avons assignées aux cartes figures. Nous allons discuter comment tirer les cartes à la manière de Richard dans le prochain billet.

Le Valet, tout comme le 9, n’a pas de signification dans l’Histoire des cartes. Cependant, il est possible de déduire que cette carte peut être reliée au protagoniste ou au héros, en le mettant en relation avec le Roi et la Reine. Ce lien sera exploré plus bas. Le Valet, tout comme le héros des contes, semble être la bonne carte pour révéler les traits du fameux Ti-Jean. En anglais, le Valet se nomme “the Jack”, un diminutif de John, qui est le nom traduit de Jean. Les deux nous semblent donc reliés. 

Le valet est la carte du soi. Elle représente notre influence personnelle sur nos circonstances. Elle peut parler de notre perception ou de l’effet que notre personnalité a sur les acteurs d’une situation. Le valet peut aussi représenter le besoin de se faire grand, de cesser d’être ce que les autres veulent que nous soyons. C’est la carte qui demande qu’on accepte qui nous sommes, défauts et qualités, sans essayer de changer notre essence. C’est la carte qui demande que l’on prenne la responsabilité de nos actions. C’est aussi la carte qui demande de poser ses limites personnelles et de les faire respecter. 

Les deux cartes suivantes, ainsi qu’une partie de la carte spéciale, sont basées sur les idées du temps de ce qu’était une femme et un homme. Ces concepts peuvent s’appliquer à toute personne, sans égard à leur genre, mais sont présentés ici dans leur contexte historique. 

La Reine représente, selon Richard, la Reine des cieux. Dans un cadre catholique, cette dernière serait Marie, la mère de Jésus. Cependant, comme cette Reine n’est pas spécifiquement nommée, on peut plutôt y voir ici une représentation d’une énergie maternelle ou le pouvoir du féminin sacré.  

La Reine est la carte de l’énergie divine féminine. Elle représente toute la sphère des émotions qui ont été historiquement attribuées aux femmes, mais qui se trouvent à l’intérieur de chacun sans égard à son genre. C’est la carte de la douceur, de l’attention aux autres, de l’amour maternel. C’est la carte du sacrifice de son corps, de son temps et de sa santé. Elle signifie le besoin de douceur, d’amour et de sécurité pour soi ou pour ceux qui comptent sur nous. Elle peut aussi représenter un don de soi trop grand, sans égard à nos limites. 

Le Roi représente le divin masculin. Richard nous parle d’un seul roi à qui il doit son existence, une référence claire à Jésus dans un contexte catholique. Cependant, on peut étendre cette métaphore au droit divin de régner des rois. 

Le Roi représente le domaine de la masculinité, qui dans un contexte historique serait vu comme la domination, les règles, la loi et l’ordre. À ceci pourrait être ajouté les traits paternels auxquels on peut s’attendre de l’image du père. Ce Roi, encore dans la tête de Richard, est responsable de subvenir aux besoins de sa famille et est un protecteur. Quand cette carte apparaît dans un tirage, elle devrait être interprétée comme le moyen de révéler et d’imposer au monde son pouvoir personnel. Si le Valet parle d’exploits héroïques et de se découvrir soi-même, le Roi est un seigneur établi qui a peut-être tué un dragon dans sa jeunesse, mais qui est maintenant assis confortablement sur le trône qu’il a mérité. Il est important de se rappeler que chaque monarque a ses heures de gloire, mais ne gardera pas son domaine éternellement. 

L’As représente, toujours selon Richard, qu’il n’y a “qu’un seul et vrai dieu à qui il doit sa présence”*. Ceci est clairement une notion catholique et/ou monothéiste, mais en explorant le contexte divin plus largement, nous pouvons interpréter l’As comme la carte de la divinité. Ceci n’est pas la même chose que le féminin ou le masculin divin, mais le Divin simple et inclusif. Il se tient en dehors du concept désuet de la binarité des genres.  

Les As sont les gardiens de la magie. Ils peuvent indiquer le besoin d’une aide supérieure au mondain ou une influence spirituelle dans une situation donnée. Les as peuvent aussi faire référence à la magie que nous portons tous en nous, nous rappelant que nous sommes capables de plus que ce que l’on pourrait s’attendre de nous. Nous sommes capables de repousser les limites du réel. Peut-être est-il temps d’utiliser ce pouvoir ou peut-être est-ce le temps de le mettre au repos. 

Carte spéciale: l’As de pique 

L’As de pique était utilisé par de jeunes femmes pour découvrir l’identité de leur futur époux. Elle plaçait alors cette carte sous son oreiller lorsqu’elle allait se coucher pour rêver du jeune homme en question. Aussi, pour obtenir le même résultat, elle pouvait placer les quatre as sur son ventre avant d’aller au lit (Desruisseaux, 1976). Tout comme le 2 de pique, l’As de pique est considéré comme la carte du Diable (voir paragraphe sur le 2)

L’As peut aussi vous assister dans d’autres types de divinations pour lui donner un “oomph” supplémentaire. 

*cette phrase a été rapportée fidèlement du texte d’origine, mais elle comporte une faute. « Dieu » devrait prendre une majuscule.


TW: Mention of traditional female and male roles in a Catholic context.

In this part we will share with you the meanings which we have attributed to the face cards, in the next post we will discuss the how we can read the cards in the manner of Richard.

The Jack – as with the 9 – does not have a representation in the Story of the Cards due to an apparent lacugna. However, it is not impossible to intuit that this card may have been related to some aspect of the protagonist or hero. This is in relation to the Queen and King cards – which will become more apparent below. The Jack, similar to the valiant hero in the contes seems a good fit for a card revealing all the traits of the famed Ti-Jean. As Jack is a common diminutive of John (or Jean), it speaks to reason that they would be related in some way.

The Jack is the card of the self. It represents the personal influence we have on our own circumstances. It speaks to our perceptions or the effect our personality has on those who are driving a situation. The Jack can also represent the need to make one’s self “big”, to quit being who others want us to be. It is the card that demands that we accept ourselves, all our pros and cons without compromising our essence. It is the card that requires that we take responsibility for our actions. It is also the card that asks us to set our limitations and demand respect.

The following two cards, as well as part of the special card, are based on ideas of the time of what a woman and a man were. These concepts can be applied to any person, regardless of gender, but are presented here in their historical context.

The Queen represents, according to Richard, the singular “Queen of Heaven”, which in a Catholic framework would speak of Mary. However, as the Queen of Heaven is not specifically named, she may be applied to a greater sense of a maternal or divine feminine power.

The Queen is the card of divine feminin energy. She represents all the spheres of emotion which were historically attributed to women, but can also be found in anyone regardless of one’s gender identity. It is the card of gentility, care for others, of maternal love. It is also the card of bodily self-sacrifice, giving also of time and one’s well being. She signifies the need to be soft, to love and feel safe for ourselves or those who depend on us. She can also represent a gift of the self which is too demanding and beyond our limits. 

The King represents the divine masculine. Richard tells us that there is but one king to which he owes his existence, this is clearly a reference to Jesus within the Catholic context. Yet, we can extend that metaphor to the divine right of kings to rule. 

The King thus represents the realm of masculinity, which in a historical context would have exemplified dominance, rule, law, order. To this could be ascribed paternal traits which one would expect from a father figure. The King is thus – again, in the mind of Richard – a provider and a protector. When this card is drawn, it should be taken as a means of revealing one’s personal power imposed upon the world. If the Jack speaks to heroic exploits and discovering one’s self, the King is the established ruler who may have slain a dragon in his age – but now sits comfortably upon his well earned throne. It is important to remember however that each ruler has their day in the sun and not all will hold their domain eternally. 

The Ace represents, as per Richard, that there is “but one true God to which deserves his presence”. This is clearly a Catholic (and monotheistic) notion, yet if we extrapolate this to a broader divine context, we can interpret the Ace as the card of divinity. This is not the same as the divine feminine or masculine, but simply and all encompassing of The Divine. It stands outside the outdated concept of gender binarity.  

Aces are the guardians of magic. They can indicate the need to have supernatural assistance or some spiritual influence on a given situation. Aces can also be a reference to the personal magic we carry within us, reminding us that we are capable of more than may be expected of us. We are capable of pushing beyond our realistic limitations. Maybe it is time to use that power or maybe it is time to put it to rest.

Special Card: Ace of spades – The Ace of spades was used in divination by a young woman seeking to learn the identity of her future husband. She would place it under her pillow when she went to bed, this would induce a dream of his identity. Likewise, in another instance it was all four aces which were placed on the stomach before bed to induce the same result (Desruisseaux, 1976). As with the 2 of spades, the Ace of spades is also regarded as a Devil’s Card (see paragraph on 2). The Aces can assist with other types of divination too to add an extra oomph to your readings.

Bibliographie/Biography:

DESRUISSEAUX, Pierre (1976). Magie et sorcellerie populaire au Québec. Montréal, les Éditions Triptyques. p 41.

Inspiré de l’Histoire des cartes: Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau Dossier: « Cahier B _ contes 194 à 204 » Boîte B265, f6

Image credits/crédit image:

Cartes/Cards: Kinney Brothers Tobacco Company, CC0, via Wikimedia Commons

Carte spéciale/Special cards: https://www.nicepng.com/s/antique-playing-card/

Header: Takkk, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&gt;, via Wikimedia Commons

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :