Guérir selon la lune

English follows

La vie des Canadiens français a été souvent influencée par le besoin de prédire les choses, même encore aujourd’hui. Historiquement, prédire par la lune est une des manières les plus importantes de prédire la fortune de quelqu’un. Nous avons tous entendu dire qu’il faut planter selon certaines phases de la lune ou encore que ces phases peuvent aider à prédire la météo à venir. Ici, nous allons cependant vous parler de comment l’état d’un malade et ses chances de guérir peuvent être prédites par le jour du cycle de la lune où il tombe malade. Cette tradition fut intégrée par Pierre DesRuisseaux dans son ouvrage “Le livre des prognostication du Québec”(1) et elle provient d’une source anonyme qui a été publiée en premier dans “Album de la Minerve

Ce n’est pas un mystère pourquoi prendre en considération la date lunaire où quelqu’un est tombé malade était important; les docteurs étaient souvent loin des communautés canadiennes françaises et/ou coûtaient trop cher (avant l’arrivée du système de santé universel).

Dans le même livre de Desruisseaux, on retrouve un autre dicton en provenance des Cantons-de-l’Est: “La lune est la nourriture de la Terre” (2). Ainsi, la lune était une force puissante qui pouvait être considéré comme un “docteur naturel”

L’informateur de l’Albume de la Minerve relate comment votre maladie évoluerait dépendant du jour lunaire où vous tombez malade (le premier jour est la nouvelle lune):

“Celui qui tombe malade le premier jour de la lune, le dit jour sera mauvais.

Deux, bon.

Trois, le malade le sera seize jours.

Quatre, malade longtemps.

Cinq, mauvais augure s’il tarde à guérir.

Six, il faut craindre.

Sept, bon.

Huit, il n’y a point de danger.

Neuf, il y a à craindre la mort.

Dix, mauvais.

Onze, il guérira ou mourra bientôt.

Douze, il y a péril de mort jusqu’à quinze.

Treize, il souffrira de grandes douleurs.

Quatorze, courte maladie.

Quinze, s’il n’amende en quatre jours, il y a à craindre la mort.

Seize, il guérira.

Dix-sept, il y a péril de mort avant quatre jours. 

Dix-huit, longue maladie, mais sans danger.

Dix-neuf, dans quatre jours il guérira.

Vingt, il y a péril de mort jusqu’au quinze.

Vingt et un, bon.

Vingt-deux, peu à peu il guérira.

Vingt-trois, il y a du danger.

Vingt-quatre, il guérira le dix ou le douze.

Vingt-cinq, si dans quatre jours il ne meurt, il en réchappera.

Vingt-six, mauvais.

Vingt-sept, péril de mort.

Vingt-huit, mauvais.

Vingt-neuf, peu à peu aura la santé.

Trente, d’une maladie il tombera dans une autre. « (3)

SVP ne vous basez pas seulement sur ces prédictions pour déterminer de votre état de santé et aller chercher de l’aide médicale si vous êtes malades


French Canadians’ folk-life has been particularly concerned with foretelling of things to come, right up into the present day. Historically, “telling by the moon” has been one of the most important means of knowing the outcomes of one’s good fortune. We have all heard of planting by the moon, or predicting future weather patterns by the phase of the moon… but here we will share with you an old means of telling how bad one’s illness may be by the lunar day. This tradition was included by Pierre Desruisseaux in his ethnographic work “Le livre de prognostications du Québec” (The Book of Québec Prognostications: 1982) (1) which was carried forward from an anonymous informer which was first published in “Album de la Minerve”. 

It is no mystery why it was important to take into consideration the lunar date when one was sick as doctors were often far removed from French Canadian communities, or too costly (before public medicare). Desruisseaux recorded another saying from the Eastern Townships: “The moon nourishes the earth”. (2) Therefore, the moon was a powerful force which could be considered a “natural doctor”.  

The informer(s) of the Album de la Minerve relate(s) that the moon dictated how your illness would fare out depending on the lunar date one got sick (the first day is the new moon):

“One who falls sick on the first day of the moon, that day will be bad.

Second, good.

Third, the sickness will last sixteen days.

Fourth, sick for a long time.

Fifth, it’s a bad sign if they don’t heal soon enough.

Sixth, you should worry.

Seven, good.

Eight, there is no danger.

Ninth, fear for their death.

Tenth, bad.

Eleventh, either they will heal soon or they will die.

Twelfth, there is a worry of death for the first fifteen days. 

Thirteenth, they will suffer in much pain.

Fourteenth, a short sickness.

Fifteenth, if they don’t get better by the fourth day, there is a fear of death.

Sixteenth, they will heal.

Eighteenth, a long illness, but without danger.

Nineteenth, in four days they will heal.

Twentieth, for the first fifteen days, there is a fear of death.

Twenty-first, good.

Twenty-second, little by little they will heal.

Twenty-third, there is danger.

Twenty-fourth, they will heal on the tenth or the twelfth.

Twenty–fifth, if in four days they don’t die, they will recover.

Twenty-sixth, bad.

Twenty-seventh, risk of death.

Twenty-eighth, bad.

Twenty-ninth, little by little they will regain their health.

Thirtieth, from one illness they will fall into another.”(3)

Please do not rely on these prognosticatory means to assess your health, as always, seek professional medical attention if you are ill. 


1. Desruisseaux, Pierre. Le livre de prognostications du Québec: Dictons, croyances et conjuration du temps. Montreal. 1982, p. 119-120.

2. ibid.

3. “Jours de la lune”, Album de la Minerve, vol. 1, no 12, Montréal, 1er décembre 1872, p. 726

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