Le Petit-bonhomme gris

Dans l’escarpement des Sauteux, se prolongeant dans les environs de Gaspé, près de Sainte-Anne-des-Monts, vivait une curieuse créature, un nain, auquel on avait donné le nom de “Petit bonhomme gris”. On racontait que c’était le gardien d’un trésor. Plusieurs bateaux se seraient échoués le long des Sauteux, si bien qu’il y existe de nombreuses légendes à propos de trésors perdus et de tombes anonymes sur ses rives. Selon François Saint-Laurent de La Tourelle (Gaspé), le Petit-bonhomme gris apparaît dans un nuage de fumée et peut être autant petit que grand. Un des cousins de Saint-Laurent est mort noyé dans les Sauteux lors du naufrage de son bateau et y est enterré.  Il soutient que depuis ce temps, plusieurs sons surnaturels peuvent y être entendus. Alfred Saint-Laurent, aussi de La Tourelle, raconte que les Petit bonhomme gris se présentent parfois comme fait de feu et lançant des pierres aux passants. Si quelqu’un tentait de se rapprocher du feu pour en investiguer la nature, celui-ci disparaissait dans un nuage de fumée.

Marius Barbeau fait la comparaison entre le Petit-bonhomme gris et les nains de l’Europe du nord, aussi connus pour posséder des trésors secrets. Le nain Alberich vient à l’esprit avec le Rheingold qu’il garde caché. Nous croyons que plusieurs colons de l’Acadie venant de la Normandie ou de la Picardie auraient pu amener ces légendes de petits esprits gardiens de trésors avec eux. Il est aussi possible qu’il y avait déjà des créatures indigènes qui protégeaient ces endroits et, avec le temps, ont fini par être vues par la lentille européennes. Nous ne connaîtrons jamais avec certitude l’origine de ces Petits bonhomme gris, mais nous savons que leur présence dans les Sauteux a laissé une marque sur les Gaspésiens.ennes. 

Chasser les trésors cachés ou enfouis était une activité bien connue dans ce coin de pays, à cette époque et c’était aussi très commun dans les Appalaches. Selon les Anecdotes, François Saint-Laurent raconte qu’il y avait un trésor caché dans la Chunée. Dans la nuit du 1ier novembre au 2 novembre, le Soir des morts, on disait que l’on pouvait voir des lumières au loin, indiquant la présence d’un trésor. Il était nécessaire d’avoir une médrole, un genre de double bâton de sourcier avec deux manches dont les extrémités plaquées de cuivre se balançaient en direction du trésor. Lorsque la médrole pointait vers le sol c’est à cet endroit que le trésor est enfoui. 

C’était exactement ce genre de trésor que les Petit-bonhommes gris protégeait contre les chasseurs de trésor improvisés. Toutefois, si on est assez courageux, ou imprudent, pour utiliser une médrole le Soir des morts, il est possible que ce voyage mène un.e sorcier.ère face à face avec ces gardiens. Il serait donc prudent de se protéger contre la pluie de pierres qui est lancée dans notre direction, métaphoriquement ou non.

Bibliographie:

Barbeau, C.-Marius. “Anecdotes Populaires Du Canada. Première Série.” The journal of American Folklore 33, no. 129 (July 1, 1920)

Attribution de l’image d’en-tête :

Rudolf Koivu, Public domain, via Wikimedia Commons


The Petit-bonhomme gris

In the Sauteux escarpment, which stretch out to the Gaspé near today’s Saint-Anne-Des-Monts, there lives a curious creature, referred to as a nain (gnome) called Le “Petit-bonhomme gris” who is said to guard buried treasure. There are report of many ships which have sank along the Sauteux and as a result, there are folk legends which speak of lost treasures and unmarked graves throughout the Sauteux. According to François Saint-Laurent of La Tourelle (Gaspé) the Petit-bonhomme gris is a being which appears in a puff of smoke, and can be sometimes big and sometimes small. Saint-Laurent stated that he had a cousin who died in the Sauteux in a shipwreck and is buried in that place. He said that since that time, many supernatural things are heard there.  Alfred Saint-Laurent, also of La Tourelle, said that they could be seen as a being made of fire who would hurl stones (at passers-by). If someone went up to see this fire, when you got close to it, it disappeared in a puff of smoke. 

Marius Barbeau made the comparison between this Petit-bonhomme gris and the dwarves of Northern Europe, who are known to harbor secret treasures. The dwarf Alberich comes to mind with his hidden Rheingold – based on the Nibelungenlied featuring the hero Siegfried. It is our speculation that the many settlers of Acadia who came from Normandy and Picardy could have brought legends of these little treasure-guarding spirits with them. It is also quite possible that there were already indigenous beings who also protected these locations and over time came to be viewed through the European lens. We will never know the truth of the origin of these Petit-bonhomme gris, but what we do know is their presence in the Sauteux have left their mark on the people of Gaspé. 

Finding buried or hidden treasure was a well known activity in the region in that time, which was also quite common in the Appalachian mountains as well. According to the anecdotes, Francois Saint-Laurent related that there was a hidden treasure of Chunée. On the night of the 1st to the 2nd of November – Le Soir des morts (Night of the Dead) – it was said that one could see lights in the distance which pointed to hidden money (coins). It was necessary to have a médrole which were two dowsing-style rods, with two handles. The tips of which would be plated in copper and would sway in the direction of the treasure. When they bend downwards, they are at the sight of the buried treasure.

It was exactly this kind of treasure that the Petit-bonhommes gris would be protecting from would-be treasure hunters. Therefore, if one is brave enough – or foolish enough to use their médrole and head out on the Soir des morts – it is very possible that this voyage would bring the Sorcier.ère face-to-face with these guardians. It would then be prudent to shield oneself from the onslaught of stones hurled their way. 

Bibliography:

Barbeau, C.-Marius. “Anecdotes Populaires Du Canada. Première Série.” The journal of American Folklore 33, no. 129 (July 1, 1920)

Header image attribution:

Rudolf Koivu, Public domain, via Wikimedia Commons

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