La neige

La neige est une grande partie de l’identité canadienne et les Canadiens français n’y échappent pas, les hivers neigeux font partie de notre identité nordique. La neige régit la vie quotidienne de décembre à mars, tombant au gré des caprices de Dame Nature, c’est une compagne du canadien français depuis son arrivée en Amérique. Grande ennemie, elle a tué, et tue encore, bien des habitants de ce pays. Elle bloque des routes, complique les contacts avec les amis et rythme le temps et les travaux. 

La neige est également un personnage secondaire dans bien des histoires canadiennes françaises: la chasse-galerie à pour point de départ de chantiers ensevelis dans la neige, les loup-garous sont souvent vu l’hiver et bien sur, les sabots du cheval du Diable faisait fondre la neige devant la maison du père de Rose Latulipe. 

Cependant, le folklore lui étant propre est étrangement épars pour quelque chose qui rythmait la vie autant. On ne trouve que certains dictons concernant le moment où l’hiver s’installe comme, selon DesRuisseaux: “il y a trois bordées de neige avant qu’elle ne soit permanente” ou encore des prédictions sur la durée du temps des sucres: “tant que la neige est au pied des arbres, les sucres durent”.

Cependant, si on rêve de neige en été, il y aura une mortalité prochainement. 

Au niveau magique, si on a mal aux yeux, les laver avec l’eau provenant de la première neige tombée au mois de mai pourrait les guérir. 

Plutôt maigre comme récolte… Mais c’est logique en même temps. La neige est tellement intégrée dans la culture canadienne française, que ce serait comme folklorisé l’oxygène.

Comme plusieurs d’entre-nous somme confronté à des bordées de neiges de plus en plus fréquente, il pourrait être intéressant de s’inspirer de nos ancêtres pour passer à travers de ces mois plus difficiles. C’est un temps de repos, mais également le temps de préparer l’année à venir. Les nuits rallongent tranquillement, mais on peut profiter de la noirceur pour s’adonner, ou apprendre, des activités méditatives comme le tricot et le filage.

Mais surtout, surtout, c’est le temps de se raconter beaucoup d’histoires, alors, si un spectacle de conteurs est inatteignable, en regarder sur internet avec des proches est une bonne alternative. Ou encore se blottir dans des couvertures avec un bon livre. 

N’oubliez pas de profitez bien du pur silence suivant le passage d’une tempête. 

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Snow

Snow is a major part of Canadian identity, and French Canadians are no exception; snowy winters are an integral part of our northern character. From December to March, snow governs daily life, falling according to the whims of Mother Nature. It has been a companion to French Canadians since their arrival in America. A great enemy, it has killed, and still kills, many inhabitants of this land. It blocks roads, complicates contact with friends, and sets the rhythm of time and labour.

Snow is also a secondary character in many French Canadian stories: La chasse-galerie begins in logging camps buried under snow; loup-garous are most often seen in winter; and, of course, the Diable’s horse’s hooves melted the snow in front of Rose Latulipe’s father’s house.

And yet, the folklore specific to snow is strangely sparse for something that shaped life so profoundly. One finds only a few sayings about when winter truly settles in, such as, according to DesRuisseaux, “there are three snowfalls before it becomes permanent,” or predictions about the length of the sugaring season: “as long as there is snow at the foot of the trees, the sugaring lasts.”
However, if one dreams of snow in summer, a death will soon follow.
On a magical level, if one has sore eyes, washing them with water from the first snow to fall in May could heal them.

A rather meager compilation…but logical, all the same. Snow is so deeply embedded in French Canadian culture that to folklorize it would be like folklorizing oxygen.

As many of us are now faced with increasingly frequent snowstorms, it may be worthwhile to draw inspiration from our ancestors to get through these more difficult months. This is a time of rest, but also a time to prepare for the year ahead. The nights slowly grow longer, and we can take advantage of the darkness to engage in—or learn—meditative activities such as knitting and spinning.

But above all, above all, it is a time for telling many stories. So if a performance by conteurs is out of reach, watching one online with loved ones is a good alternative. Or curling up under blankets with a good book.

Take full advantage of the pure silence that follows the passing of a storm. 

Bibliographie 

BUTLER, G. (1995) Histoire et traditions orales des Franco-Acadiens de Terre-Neuve. Les éditions du Septentrion. Sillery.

DESRUISSEAUX, Pierre (1976). Magie et sorcellerie populaire au Québec. Montréal, les Éditions Triptyques. 

DESRUISSEAUX, Pierre. (1982) Le livre des prognostics au Québec – Dictons, croyances et conjurations du temps. Éditions Hurtubise HMH. Montréal. 

Crédit photo: Aaron Burden 

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